Poursuite de 2 millions $ contre la Sûreté du Québec

Thao Neth est accusé d'avoir déchargé intentionnellement son... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Thao Neth est accusé d'avoir déchargé intentionnellement son arme à feu sans se soucier de la vie ou de la sécurité d'autrui, d'avoir eu en sa possession un fusil de calibre .12 et une carabine de calibre .22 dans un dessein dangereux et enfin, d'avoir utilisé son fusil de façon négligente.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Thao Neth, cet homme qui a reçu un projectile tiré par le Groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec en 2013, réclame plus de 2 millions $ à la procureure générale du Québec.

Dans une poursuite civile déposée le 31 août 2016, Thao Neth, 60 ans, adresse plusieurs reproches aux policiers qui ont participé à une mission sur ses terres de Saint-Mathieu-du-Parc.

D'une part, il rappelle qu'ils se sont pointés sur son terrain sans mandat, qu'ils auraient fait preuve d'un grand manque de communication et qu'ils auraient agi avec témérité.

Selon sa demande, le policier qui lui a tiré dessus a eu plusieurs occasions de l'avertir de sa présence en lui criant «police» avant de tirer mais il ne l'a jamais fait. Il aurait également utilisé une force excessive lors de l'arrestation en lui cassant quatre côtes, et ce, en dépit d'une absence de résistance de sa part. 

Cette opération policière avait en effet donné lieu à une fusillade. M. Neth prétend avoir tiré un coup de fusil avec son calibre .12 en invoquant le fait qu'il était à la chasse et croyait avoir vu un orignal et des perdrix mais l'agent caché au sol s'était levé et avait tiré dix balles avec son arme HK 416, l'atteignant à l'épaule gauche. 

M. Neth avait par la suite été transporté par hélicoptère au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières pour ses blessures. 

Il réclame ainsi un total de 2 043 982,39 pour les nombreux dommages subis, les préjudices esthétiques, les blessures physiques et les séquelles.

Une enquête a été faite sur le travail des policiers mais aucune accusation n'a été portée contre eux. Par contre, Thao Neth doit maintenant répondre de ses gestes. Il est accusé d'avoir déchargé intentionnellement son arme à feu sans se soucier de la vie ou de la sécurité d'autrui, d'avoir eu en sa possession un fusil de calibre .12 et une carabine de calibre .22 dans un dessein dangereux et enfin, d'avoir utilisé son fusil de façon négligente.

Son procès a commencé ce lundi au palais de justice de Shawinigan. À la demande du procureur de la Couronne Me Éric Thériault, quatre policiers du Groupe tactique d'intervention sont venus témoigner.

Le sergent à la retraite, Benoit Laberge, pilotait cette mission. Il a précisé que le rôle du GTI consistait à sécuriser les lieux à la suite de plaintes portées par des citoyens concernant la présence d'hommes armés dans le secteur et peut-être même d'une plantation de cannabis. Les enquêteurs de la SQ avaient fourni un point GPS. 

Le 13 septembre 2013, le sergent Laberge, cinq agents et un maître-chien étaient donc arrivés sur la terre à bois de M. Neth, vêtus de leurs habits de camouflage. Ils bénéficiaient du support d'un hélicoptère. 

Pendant qu'ils avançaient le long du sentier en direction du point GPS, ils auraient été surpris par une voiture qui arrivait, soit celle conduite par Thao Neth. Croyant avoir été repérés, ils s'étaient tous cachés dans les bois, espérant qu'il allait poursuivre son chemin. Il s'était plutôt arrêté à leur hauteur, avait sorti une arme et l'avait chargée. 

Couché sur le sol, l'agent Patrick Tremblay a raconté qu'il retenait son souffle pendant qu'il voyait M. Neth chercher quelque chose. «J'étais camouflé mais pas barricadé. C'est sûr qu'il ne voulait pas m'inviter à dîner. Il n'avait pas l'air de bonne humeur ou d'un gars qui chassait. Ses gestes étaient saccadés. Je me suis dit que s'il était le gardien, il faisait bien sa job», a-t-il indiqué. 

Puis, M. Neth aurait tiré, selon lui, un premier coup dans le bois pour ensuite recharger son arme. Quand il l'a vu revenir en sa direction, s'arrêter devant lui et se préparer à tirer, il soutient s'être levé pour défendre sa vie.

«J'ai tiré jusqu'à ce que la menace soit neutralisée», a-t-il raconté. Il soutient avoir fait un tir instinctif et non avoir visé. Il estime avoir tiré les 4-5 premiers coups à un certain rythme en appuyant à chaque fois sur la gâchette de son arme mais avoir ensuite accéléré son rythme lorsque M. Neth a répliqué en sa direction. 

Les agents François Robert et Jonathan Faucher sont venus raconter sensiblement la même chose. L'agent François Robert a même utilisé la même expression que son collègue Tremblay en disant que M. Neth ne s'en allait pas aux fraises pour démontrer que son comportement était inquiétant. 

Précisons que deux jours auparavant, une plantation de cannabis avait été démantelée dans le secteur mais pas sur les terres de M. Neth. Du moins, aucune accusation en lien avec les stupéfiants n'a jamais été portée contre lui.

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