Détention ordonnée pour Nizar Ghalmi

Le palais de justice de Trois-Rivières... (François Gervais)

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Le palais de justice de Trois-Rivières

François Gervais

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Malgré ses nombreuses supplications, Nizar Ghalmi, ce Montréalais d'origine marocaine qui a harcelé une ancienne collègue de travail, n'a pas eu droit à une seconde chance.

Son incapacité à respecter les conditions du tribunal lui ont valu, mercredi, une ordonnance de détention pour toute la durée des procédures judiciaires intentées contre lui. 

Rappelons d'emblée que Nizar Ghalmi avait été trouvé coupable au printemps dernier de harcèlement criminel envers une Montréalaise dont il était tombé amoureux à l'été 2014. Il l'avait notamment pourchassée sur une distance de 100 km sur l'autoroute 40, en septembre 2014, afin de lui offrir des fleurs. La dame, qui était enceinte, s'était arrêtée à Maskinongé pour appeler les secours.

Puis, le 5 mai dernier, le juge Jacques Lacoursière lui avait ordonné de se soumettre à une évaluation psychiatrique devant servir à déterminer sa dangerosité en vue de la sentence. Il avait cependant accepté de le libérer mais avec plusieurs conditions dont celle de ne pas entrer en contact avec la victime et ses proches. Il lui était aussi interdit de changer d'adresse. 

Or, le soir même de sa libération, le suspect s'était rendu chez les parents de la jeune femme à Trois-Rivières. Un mandat d'arrestation avait alors été émis mais lorsque les policiers s'étaient présentés à sa résidence de Montréal, Nizar Ghalmi n'y habitait plus. Encore tout dernièrement, il se serait pointé au lieu de travail de la victime.

Il aurait également envoyé paître l'agente de probation qui l'avait contacté et il a omis de se présenter à l'institut Philippe-Pinel.

Finalement, il avait été arrêté le 19 septembre dernier. L'individu s'était présenté tout bonnement au palais de justice de Trois-Rivières et avait pris place dans la salle où se déroule le procès des quatre policiers dans l'affaire Alexis Vadeboncoeur. 

Une évaluation avait ensuite révélé qu'il était apte à subir un procès mais qu'il nécessitait des soins en raison d'un état mental altéré. 

Afin d'obtenir sa libération, son avocate Me Karine Bussière a fait témoigner, mercredi, deux amis de Nizar Ghalmi qui l'ont décrit comme un homme normal, gentil et intelligent. L'un d'eux était même prêt à l'héberger à Montréal. 

L'autre, qui disait avoir une certaine influence sur lui, a par ailleurs fait sursauter la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, lorsqu'il a avoué que Nizar Ghalmi était encore en amour avec la victime il y a quatre mois et voulait lui offrir un bijou.

Ghalmi a lui aussi témoigné. Toujours aussi volubile, il a tenté de se justifier en disant par exemple que ses conditions n'étaient pas claires. Il prétend qu'il n'est pas un criminel et qu'il ne mérite pas d'être en prison. En fait, il ne comprend pas ce qu'il a fait de mal, hormis le fait d'avoir mis en danger la vie de la victime en la pourchassant sur une autoroute. 

La Couronne a ensuite fait témoigner un proche ami de la victime. Il a parlé de la peur importante que celle-ci vit depuis qu'il s'est pointé chez ses parents, ce qui l'a forcée à modifier ses habitudes de vie. Selon lui, elle ne sort jamais seule car elle craint pour sa sécurité et celle de son bébé à venir. Elle a même peur de venir à Trois-Rivières. L'ami de la victime se rappelle avoir dû repousser Nizar Ghalmi à quelques reprises au palais de justice de Trois-Rivières parce qu'il tentait de l'approcher. 

En bout de ligne, le juge a conclu qu'il ne pouvait le libérer une seconde fois. Il a donc ordonné sa détention en émettant toutefois la recommandation qu'il soit gardé à l'hôpital, ce qui devrait faciliter la confection du rapport prépénal et d'un rapport d'évaluation sur sa responsabilité criminelle. Sa cause a été reportée au 21 octobre.

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