Vadeboncoeur n'avait pas manifesté le désir de porter plainte

Alexis Vadeboncoeur... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

Agrandir

Alexis Vadeboncoeur

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Tout en affirmant qu'il n'y avait rien d'anormal dans l'allure d'Alexis Vadeboncoeur durant son interrogatoire, l'enquêteur Éric Quessy a dit que le suspect du vol à main armée commis le 2 février 2013 à Trois-Rivières n'a jamais manifesté le désir de porter plainte contre les policiers ayant procédé à son arrestation, eux qui auraient envisagé de faire feu sur lui durant l'intervention.

L'enquêteur Éric Quessy a interrogé Alexis Vadeboncoeur le... (Photo: Francois Gervais) - image 1.0

Agrandir

L'enquêteur Éric Quessy a interrogé Alexis Vadeboncoeur le soir du 2 février 2013.

Photo: Francois Gervais

Maxime Gagnon est sergent à la Sécurité publique... (Photo: Francois Gervais) - image 1.1

Agrandir

Maxime Gagnon est sergent à la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Photo: Francois Gervais

Le jour 8 du procès de Kaven Deslauriers, Marc-André St-Amant, Barbara Provencher et Dominic Pronovost a eu lieu mercredi au palais de justice de Trois-Rivières. L'enquêteur Quessy a été invité par la Couronne à raconter ce qu'il a constaté lors de l'interrogatoire qu'il a menée le soir même avec Vadeboncoeur.

M. Quessy a noté que Vadeboncoeur présentait des éraflures au visage, causées par le frottement de son visage au sol durant l'arrestation. Il dit s'être assuré que le suspect était en état de subir un interrogatoire, ce qui était le cas.

Vadeboncoeur a déclaré que ça avait brassé durant l'arrestation, sans plus, selon l'enquêteur Quessy. D'après ce dernier, Vadeboncoeur semblait nettement plus préoccupé par le fait d'être emprisonné, de perdre son droit de traverser la frontière pour aller visiter des amis aux États-Unis et d'être sous une interdiction de posséder des armes à feu, lui qui est un chasseur.

«Il a fait des aveux tout de suite», a déclaré Éric Quessy.

«Est-il question de porter plainte contre les agents ce soir-là?», lui a demandé Me Aryanne Guérin, la procureure de la Couronne.

«Aucunement», a-t-il répondu.

L'enquêteur avait auparavant discuté avec les policiers Pronovost et Provencher à propos de l'arrestation. Éric Quessy a alors appris que des coups avaient été portés par les policiers afin de maîtriser Alexis Vadeboncoeur au moment de le menotter, car le suspect résistait à son arrestation. 

Selon Éric Quessy, Barbara Provencher a raconté que les policiers avaient envisagé de faire feu sur Vadeboncoeur: d'après ce que lui a dit l'agente Provencher, les policiers ont demandé à Vadeboncoeur de jeter son arme, ce qu'il n'aurait pas fait immédiatement. Les policiers auraient utilisé la force pour maîtriser Vadeboncoeur, car ils craignaient que ce dernier ait une deuxième arme en sa possession.

«Bonne shot»

La journée a commencé par le témoignage du policier Maxime Gagnon. Ce sergent de la Sécurité publique de Trois-Rivières est arrivé sur les lieux de l'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur, alors que ce dernier était sur ses pieds et qu'il était escorté vers une autopatrouille par l'agent Dominic Pronovost. Selon le sergent Gagnon, cette manoeuvre d'escorte s'est déroulée normalement.

Selon le témoin, l'événement du 2 février 2013 était à un tel niveau de dangerosité qu'il existait bel et bien un risque de coups de feu.

«J'avais une certaine nervosité pour mes gars et mes filles. J'espérais que ça finisse bien», a exposé Maxime Gagnon, qui a qualifié de «bonne shot» le travail des policiers ayant permis d'élucider le vol à main armée de la pharmacie Jean Coutu.

Le sergent Gagnon a discuté avec Dominic Pronovost plus tard dans la soirée. Ce dernier lui a fait mention qu'Alexis Vadeboncoeur avait résisté à son arrestation. L'usage de la force a été abordé par les deux policiers. Le sergent a suggéré à Pronovost de consulter le tableau de l'emploi de la force, un document de travail des policiers, afin de l'aider dans la rédaction de son rapport. 

D'après le témoignage de M. Gagnon, rien n'était anormal dans le comportement des policiers lors de leur retour au quartier général. 

Dominic Pronovost a également précisé à Maxime Gagnon qu'une vidéo ayant capté l'arrestation dans le stationnement du Cégep de Trois-Rivières existait. C'est le sergent Gagnon qui a commandé d'aller chercher ladite vidéo, étant donné qu'il voulait que cette pièce soit portée au dossier. 

Il affirme ne pas avoir regardé cette vidéo le soir du 2 février 2013, mais l'avoir vue pour la première fois quelques jours plus tard lorsqu'elle a été diffusée par les médias.

Bruno Poulin, de l'École nationale de police du Québec, sera à la barre des témoins jeudi au procès des quatre policiers. M. Poulin est un expert-conseil en emploi de la force.

Partager

À lire aussi

  • <em>À propos de la «bonne shot»</em>

    Éditorial

    À propos de la «bonne shot»

    L'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur par les quatre policiers qui se retrouvent aujourd'hui en cour pour voies de fait sur cet individu a été... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer