«Ça s'efface-tu?»:  l'agent de sécurité surpris par cette demande

Sur cette vidéo, on voit l'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur....

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Sur cette vidéo, on voit l'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Ce soir-là, j'ai trouvé ça spécial qu'un policier me demande: ''Ça s'efface-tu?'' Une chance que j'ai dit non.»

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L'agent de sécurité du Cégep de Trois-Rivières, Claude Gauthier, a conclu son témoignage au procès des quatre policiers trifluviens lundi.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Claude Gauthier a poursuivi son témoignage lundi au procès de Barbara Provencher, Dominic Pronovost, Marc-André St-Amant et Kaven Deslauriers, les quatre policiers trifluviens accusés d'avoir tabassé Alexis Vadeboncoeur en février 2013.

L'agent de sécurité du Cégep de Trois-Rivières a spécifié qu'il lui était impossible d'acquiescer à la demande faite par un policier trifluvien. Tous ces événements font en sorte qu'il éprouve une perte de confiance envers la force constabulaire.

M. Gauthier avoue avoir ressenti un certain stress durant l'intervention des policiers. Il a dit que c'était la première fois qu'il assistait à une arrestation avec du «brassage» à la fin, mais en même temps, il n'a rien vu de particulier dans tout ça. 

Me Pierre Dupras, représentant Pronovost, s'est affairé à faire ressortir certaines contradictions entre le témoignage actuel de Claude Gauthier et ses déclarations à l'enquête préliminaire. À cette enquête, il a dit avoir observé la scène à partir du premier endroit où il s'était réfugié après avoir verouillé la porte numéro 5.

Au procès, il a déclaré avoir fait ces observations à partir d'une deuxième cachette. M. Gauthier a dit au juge Steve Magnan qu'il avait la tête embrouillée lors de l'enquête préliminaire.

Me Dupras a aussi abordé la question de la dangerosité que représentait un tel événement.

«Quand vous avez vu l'arme de M. Vadeboncoeur, la panique s'est emparée de vous?», a suggéré Me Dupras. «Oui», a répondu M. Gauthier.

Questionné par Me Normand Bibeau, l'avocat de St-Amant, Claude Gauthier a comparé certains secteurs du pavillon des sciences à des labyrinthes. Si un individu réussit à entrer dans le pavillon, il peut y trouver une très bonne cachette, selon M. Gauthier. Ce dernier a aussi envisagé la possibilité que Vadeboncoeur se suicide ou prenne des otages, car des étudiants se trouvaient dans le pavillon des sciences au moment de son arrestation.

Geneviève Zizka est une des agentes ayant répondu à l'appel lancé par les policiers concernant cette chasse à l'homme dans le secteur du Cégep de Trois-Rivières. Cette policière appelée à la barre des témoins par Me Aryanne Guérin, avocate de la Couronne, était avec sa collègue Véronique Gagnon pour récolter la déclaration de Claude Gauthier à la suite de l'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur. Elle était dans le bureau de M. Gauthier lorsque deux policiers, Dominic Pronovost et Kaven Deslauriers, se sont présentés sur les lieux.

Selon elle, un des deux agents a demandé si on pouvait récupérer la vidéo. Un agent a mentionné également que la police n'en aurait probablement pas besoin. Il a aussi été question de la mémoire du système de surveillance du cégep.

À son retour au quartier général de la police, le soir du 2 février 2013, Mme Zizka a raconté que Marc-André St-Amant et Barbara Provencher ignoraient l'existence de la bande vidéo. Lorsqu'elle l'a apprise, l'accusée a manifesté le désir de l'obtenir, car elle voulait que des accusations d'entrave au travail des policiers soient déposées contre Alexis Vadeboncoeur.

Geneviève Zizka a déclaré lundi avoir visionné la vidéo au quartier général en compagnie des quatre accusés afin de s'assurer que la police avait la bonne pièce à conviction. Mme Zizka a dit avoir entendu Barbara Provencher spécifier que la vidéo serait un élément de preuve pertinent.

Selon elle, personne n'a fait de commentaire en regardant les images. Elle n'a perçu aucun comportement chez les accusés laissant croire qu'ils complotaient lors de leur retour au poste de police.

Me Bibeau a demandé à l'agente Zizka si la réception d'un appel de renfort portant sur un vol qualifié commis dans une pharmacie suggérait que l'auteur soit un drogué. Elle a répondu par l'affirmative. Elle a ajouté que ce type d'intervention policière est à haut risque et qu'elle était nerveuse.

«On a hâte qu'il lâche son gun» se souvient-elle d'avoir eu comme pensée lorsqu'elle était en route vers le cégep.

L'inspecteur Gilles Masson a fait un bref passage comme témoin. En 2013, il était capitaine responsable de la surveillance du territoire et avait été informé de l'existence de cette vidéo. Il a entre autres réussi à identifier les quatre accusés et deux autres policiers sur le document.

Le procès se poursuit mardi avec la poursuite du témoignage de Véronique Gagnon. La policière a raconté lundi en fin d'après-midi qu'elle avait partiellement regardé la vidéo. Selon elle, on n'y voit pas très bien qui fait quoi. Rien de ce qu'elle a vu ne semble avoir attiré son attention.

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