Fellation avec sa fille de 10 ans: 36 mois de prison

Une mère de Shawinigan a écopé, lundi, d'une peine de trois ans de prison pour... (Archives Le Nouvelliste)

Agrandir

Archives Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une mère de Shawinigan a écopé, lundi, d'une peine de trois ans de prison pour avoir eu des contacts sexuels avec sa propre fille de dix ans.

Les faits étaient survenus le 1er juin 2015. La femme de 28 ans, qu'on ne peut nommer en vertu d'une ordonnance de non-publication visant à protéger la victime, avait en effet permis à l'enfant de faire une fellation à son ex-conjoint.

Sans être le père biologique, il s'agissait de l'homme qui s'était occupé de la fillette pendant la majeure partie de sa vie et qui en avait la garde depuis la rupture du couple.

Selon les déclarations faites aux policiers, l'enfant avait demandé à cet homme et à sa mère de pouvoir avoir une relation sexuelle avec celui-ci, en l'occurrence une fellation. Le 1er juin, la mère avait accepté.

Elle avait donc contacté l'individu afin qu'il vienne les rejoindre. Lorsqu'il était entré dans son logement, elles étaient toutes les deux nues dans son lit. Elles avaient alors passé à l'acte avec la fellation.

Plus tard, c'est la mère qui avait décidé de dénoncer le délit aux autorités policières parce qu'elle se sentait mal à l'aise et craignait que l'homme continue à abuser de sa fille. Du même coup, son ex-conjoint avait été arrêté.

Lundi après-midi, le juge Guy Lambert n'a pas caché son malaise devant cette histoire, avouant avoir éprouvé le même malaise à écrire la sentence. Il a par la suite fait un rappel des faits dans le but de démontrer la gravité objective du crime. Dans le box des accusés, la mère a pleuré en entendant le récit des événements. 

«Il ne faut pas oublier que l'enfant a dix ans, que l'accusée est sa mère et que l'ex-conjoint est une personne de confiance et en autorité. On raconte les événements comme s'il s'agissait de gestes normaux. Ce sont des gestes odieux que l'on ne peut tolérer», a mentionné le juge.

Dans cette cause, la procureure de la Couronne, Me Catherine Vincent, réclamait une peine de quatre ans de pénitencier. Notons que la peine minimale pour des contacts sexuels est d'un an. La défense, assurée par Me Jean-Sébastien Gladu, suggérait pour sa part une peine de trois ans de prison.

Le juge Lambert a tenu compte de plusieurs facteurs notamment le fait que la femme de 28 ans n'a aucun antécédent judiciaire, qu'elle a dénoncé le crime et qu'elle a plaidé coupable. Il a aussi pris en considération son enfance et son adolescence très difficiles. Elle a notamment été abusée sexuellement par son beau-père dès l'âge de quatre ans.

Elle a aussi été exposée à de la pornographie juvénile et a été témoin des activités sexuelles de sa mère et de son beau-père. De 12 à 15 ans, elle aurait été en quelque sorte vendue à des hommes par sa mère, une femme qui souffrait de troubles mentaux.

Plus tard, elle a vécu de la violence physique et psychologique avec des anciens conjoints. À cela, il faut ajouter des problèmes de santé mentale, une capacité d'introspection limitée, un jugement défaillant, une grande immaturité affective et une éducation sexuelle déviante.

Il s'agit également d'une femme faiblement scolarisée, sans expérience de travail, prestataire de l'aide sociale. Le rapport prépénal note d'ailleurs que le risque d'une récidive de même nature ne peut être écarté totalement. Même son de cloche dans le rapport d'évaluation psychosexuelle.

Pour toutes ces raisons, le juge a conclu qu'une peine de trois ans devait lui être imposée. Or, en tenant compte de la détention provisoire calculée à temps et demi, il lui reste donc 21 mois à purger. Elle devra également se soumettre à une probation de deux ans avec suivi pendant un an.

À sa sortie du tribunal, Me Vincent s'est malgré tout dite satisfaite de la sentence.

Notons que l'enfant est désormais sous la protection des Centres jeunesse.

Quant au coaccusé, il doit revenir en cour le 21 novembre prochain.

 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer