Affaire Vadeboncoeur: à la recherche de contradictions

Trois des quatre accusés dans l'affaire Vadeboncoeur.... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Trois des quatre accusés dans l'affaire Vadeboncoeur.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les avocats représentant les quatre policiers trifluviens accusés d'avoir tabassé Alexis Vadeboncoeur ont gardé la même approche de travail, jeudi, soit de relever la moindre contradiction dans les propos du témoin de la Couronne.

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Cette photo du vol qualifié perpétré par Alexis Vadeboncoeur le 2 février 2013 a été déposée jeudi au procès des quatre policiers.

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Le procès de Barbara Provencher, Marc-André St-Amant, Kaven Deslauriers et Dominic Pronovost se poursuit vendredi.

Archives, Sylvain Mayer

Me Pierre Dupras a été le dernier avocat à contre-interroger Vadeboncoeur. Le procureur de Dominic Pronovost, accusé avec Marc-André St-Amant, Kaven Deslauriers et Barbara Provencher, a déposé de nouvelles photos à la cour prises par le système de surveillance de la pharmacie Jean Coutu du boulevard des Récollets, lieu du vol qualifié du 2 février 2013. Sur les photos, Alexis Vadeboncoeur a été invité à marquer les endroits où il pouvait repérer les bosses subies à la suite du présumé passage à tabac.

Me Dupras est revenu sur l'arrestation du 2 février 2013 et les différents éléments qui ont été discutés depuis lundi au palais de justice de Trois-Rivières (la fouille policière, les coups portés, la façon dont il a été menotté, etc.). Mais il s'est aussi attardé à savoir si Alexis Vadeboncoeur se considérait comme un être violent.

Vadeboncoeur a répondu par la négative. Il admet avoir pu commettre un acte violent, mais il considère ne pas avoir de problématique de violence.

C'est alors que l'avocat de Pronovost a sorti une déclaration faite en cour par Alexis Vadeboncoeur le 18 février 2013: à la question du procureur de la Couronne, qui voulait savoir si Alexis Vadeboncoeur avait un problème de violence, ce dernier a dit oui, sans pour autant représenter un danger pour la société.

Me Dupras a ensuite demandé à Vadeboncoeur s'il représentait une menace pour la police, le 2 février 2013. 

«Pas du tout», a répliqué Vadeboncoeur, en admettant que pour des policiers, le fait de savoir qu'ils s'apprêtent à intervenir auprès d'une personne armée peut représenter une menace. Cette menace s'est anéantie dès qu'il a lancé son arme à air comprimé, affirme-t-il.

Me Dupras a utilisé la même recette, rappelant à Vadeboncoeur qu'il avait déclaré en 2014 à des représentants de la justice qu'il représentait une menace. Ce dernier a admis avoir fait cette déclaration.

En début de journée, Me Stephen Angers, représentant Kaven Deslauriers, a ramené Alexis Vadeboncoeur au lien qu'il tisse entre l'arrestation du 2 février 2013 et sa crise d'épilepsie quelques jours plus tard à la prison.

Selon ce qu'a raconté Vadeboncoeur, il a été amené dans une cellule d'isolement de la prison de Trois-Rivières après avoir subi ce qu'il décrit comme ayant été une crise d'épilepsie. Me Angers a toutefois indiqué qu'à sa consoeur, Me Roxane Hamelin, Vadeboncoeur a dit il y a quelques jours qu'il avait passé une nuit à l'hôpital après cette crise.

«Quelle est la bonne version?», a demandé Me Angers.

Vadeboncoeur a précisé qu'il confond les périodes durant lesquelles il aurait subi deux autres crises (en novembre 2013 et en mars 2014). Mais il maintient que le présumé passage à tabac subi aux mains des policiers a possiblement eu des conséquences sur cette crise survenue quelques jours plus tard.

Me Angers a souligné qu'il n'existe aucun rapport émanant de la prison faisant référence à une crise d'épilepsie en février 2013, ni de rapport indiquant un transport de Vadeboncoeur vers l'hôpital.

«Vous maintenez votre version comme quoi cette histoire n'est pas une pure invention?», a dit Me Angers.

«Je tiens mordicus à garder ma version des faits, car c'est la vérité», a dit le jeune homme de 23 ans.

Me Angers est revenu sur l'accusation d'entrave aux policiers à laquelle Vadeboncoeur a plaidé coupable en 2014 même s'il ne reconnaît pas avoir commis ce crime. Il lui a demandé pourquoi ne s'est-il pas rétracté depuis ce temps. Vadeboncoeur a dit avoir tenté une telle action, mais il a décidé de régler tous ses dossiers et de plaider coupable. Me Angers lui a suggéré de faire une plainte au Barreau s'il jugeait avoir été mal conseillé par son avocat. Vadeboncoeur n'a jamais voulu agir ainsi.

Rapports médicaux et vidéo

La journée s'est terminée une heure plus tôt que prévu, jeudi, étant donné que la Couronne a reçu et divulgué des dossiers médicaux d'Alexis Vadeboncoeur. Ces dossiers avaient été demandés mardi par la défense après avoir entendu Alexis Vadeboncoeur dire qu'il avait eu une crise d'épilepsie en prison en février 2013.

Le juge Steve Magnan a ajourné le procès à 15 h 30 afin de permettre aux parties de consulter les nouveaux documents pour se préparer à la journée de vendredi. Alexis Vadeboncoeur pourrait être rappelé à la barre des témoins.

À noter qu'Alexis Vadeboncoeur a donné son aval au dévoilement de ces dossiers, mais qu'il a refusé de faire de même pour d'autres rapports médicaux.

D'autre part, il faut s'attendre à ce que la bande vidéo montrant l'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur soit présentée vendredi.

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