Condamné à payer 25 000 $ pour des insultes sur Facebook

Martin Gaudefroy devra verser 25 000 $ en dommages... (Photo: Francois Gervais)

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Martin Gaudefroy devra verser 25 000 $ en dommages moraux et punitifs à Alain Poitras.

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(Trois-Rivières) Les propos tenus sur les médias sociaux ne sont pas sans conséquence et peuvent parfois coûter cher à l'auteur.

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Alain Poitras, directeur général de la Maison Carignan, a eu gain de cause contre Martin Gaudefroy, qu'il accusait d'atteinte à sa réputation en raison de propos diffamatoires tenus sur Facebook.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Pour avoir tenu des propos diffamatoires sur Facebook à l'endroit du directeur général de la Maison Carignan Alain Poitras, Martin Gaudefroy devra verser une somme de 25 000 $ en dommages moraux et exemplaires. C'est du moins le jugement qu'a rendu mercredi le juge Alain Trudel de la Cour du Québec.

Selon la jurisprudence disponible en pareille matière, il s'agit d'un des plus gros montants ordonnés par un juge au Québec pour des propos diffamatoires tenus sur les réseaux sociaux.

Dans un jugement étoffé et s'appuyant sur une importante étude de la jurisprudence en matière de diffamation, le juge estime que les propos tenus par Martin Gaudefroy sur son compte Facebook ainsi que sur une page créée en soutien à l'ancien dirigeant de la Maison Carignan, Yvon Carignan, étaient diffamatoires, et qu'ils ont causé un grand préjudice au demandeur.

Rappelons que Gaudefroy, un psychoéducateur et détenteur de diplômes en criminologie et en gestion des affaires, avait entrepris une thérapie à la Maison Carignan en juin 2013 pour régler un problème de dépendance à l'alcool.

L'année suivante, alors que la Maison Carignan est plongée dans un tourbillon médiatique avec le congédiement d'Yvon Carignan et l'embauche d'Alain Poitras pour le remplacer, Martin Gaudefroy se lance dans une campagne de dénigrement soutenue contre Poitras, note le juge dans son jugement. 

Il aurait alors traité le directeur de la Maison Carignan de «petit rat», de «coureur de jupons», de «con», de «sale», de «vidange d'huile», de «salope», en plus de laisser courir certaines rumeurs, notamment celle d'une relation adultère, d'une fraude financière aux dépens de la Maison Carignan en plus d'une implication dans une agression sexuelle commise sur deux filles.

Devant le magistrat, il a d'ailleurs répété le terme «rat» pour qualifier Alain Poitras, ce qui fait dire au juge que le défendeur manifeste un manque de civisme, un déficit de compassion pour autrui et peu de considération pour le système de justice.

En février 2015, Gaudefroy a plaidé coupable à une accusation de harcèlement criminel et a purgé une peine de six mois et demi avec une probation de trois ans. Or, en janvier 2016, il partage, toujours par le biais de son compte Facebook, un article portant sur Alain Poitras, en commentant notamment «chow bye bientôt mon beau mannequin de vidange».

Pour le juge, il ne fait aucun doute que les propos étaient diffamatoires, préjudiciables et ont même été qualifiés de calomnieux, virulents, irrespectueux et motivés par l'envie et la jalousie. Le juge note par ailleurs que le défendeur n'a fourni aucune preuve suffisante au tribunal pouvant justifier ses allégations concernant la qualité du travail d'Alain Poitras et des services offerts à la Maison Carignan. Le défendeur ayant aussi plaidé le principe de liberté d'expression et l'intérêt public, le juge estime que ce moyen de défense est sans fondement et ne tient pas la route.

Le juge a condamné Martin Gaudefroy a verser 15 000 $ en dommages compensatoires, ainsi que 10 000 $ en dommages punitifs, soit le maximum qui était réclamé pour le punitif. Pour l'avocat d'Alain Poitras, ce jugement est très satisfaisant.

«Nous sommes très satisfaits, et je crois que le juge a voulu envoyer un message clair comme quoi on ne peut tolérer ce genre d'agissements, d'intimidation par le biais des réseaux sociaux», note Me Maxime Veillette.

De son côté, Alain Poitras s'est surtout dit soulagé d'avoir eu gain de cause, peu importe le montant d'argent qui aurait été demandé par le tribunal. «Je suis surtout content d'avoir gagné mon dossier. Ce n'est pas facile de vivre ainsi de l'intimidation, même adulte. Ça nous a causé beaucoup d'insécurité à ma conjointe et à moi, et je suis heureux que la cour reconnaisse qu'on ne peut tolérer ces agissements», a-t-il mentionné au Nouvelliste.

L'avocat de Martin Gaudefroy, Me Jacques Patry, n'a pas retourné notre appel.

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