Fellation en compagnie de sa fille de 10 ans: peine de prison attendue pour une mère

Une mère de Shawinigan risque de trois à quatre ans de prison pour avoir fait... (Archives Le Nouvelliste)

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(Shawinigan) Une mère de Shawinigan risque de trois à quatre ans de prison pour avoir fait une fellation à son ex-conjoint avec sa fille de dix ans. La dame, qu'on ne peut identifier pour protéger la jeune victime, connaîtra sa sentence lundi.

La dame avait plaidé coupable, en juin dernier, à un chef d'accusation de contacts sexuels sur un enfant de moins de 16 ans. Le 1er juin 2015, elle avait permis à sa fille de contacter son ex-conjoint, un homme âgé d'une cinquantaine d'année, afin qu'il vienne les retrouver à leur domicile.

L'accusée et sa fille lui avaient alors fait une fellation. Plus tard, c'est elle qui avait décidé de se dénoncer aux autorités pour le délit qu'elle avait commis. Du même coup, elle avait aussi dénoncé son ex-conjoint.

Devant le juge Guy Lambert, mercredi, la couronne et la défense ont fait connaître leurs arguments quant à la sentence qui devrait être imposée à la dame. Alors que la défense réclame trois ans de prison moins la détention provisoire, la Couronne espère obtenir quatre ans et ainsi que l'accusée soit envoyée dans un pénitencier plutôt qu'une prison provinciale. Notons d'ailleurs que la jurisprudence en pareille matière est à peu près inexistante et que ce genre de crime est plutôt rare, a relevé la Couronne.

La procureure, Me Catherine Vincent, a fait valoir que dans le rapport présentenciel ainsi que l'évaluation psychosexuelle faite de l'accusée, on comprend que la femme a eu un passé tumultueux. Victime d'agression sexuelle à l'âge de quatre ans, elle aurait aussi fait de la prostitution lorsqu'elle était âgée de 12 à 15 ans, et ce, avec le consentement de sa propre mère.

Toutefois, Me Vincent a rappelé le caractère odieux du crime, et que l'accusée avait pris les devants dans cette histoire en contactant son ex-conjoint pour venir les rejoindre. L'enfant étant désormais sous la protection des Centres jeunesse, Me Vincent indique qu'on ne peut encore évaluer la véritable portée de ces gestes sur son développement, mais qu'il est clair qu'il y aura des séquelles. Elle estime en outre que le risque de récidive est toujours présent.

Me Vincent est d'avis que de condamner l'accusée à une peine de pénitencier lui permettra d'avoir accès à des programmes spécifiques pour délinquance sexuelle chez les femmes, des services qui ne sont pas dispensés dans les établissements provinciaux.

De son côté, l'avocat de la dame, Me Jean-Sébastien Gladu, est plutôt d'avis qu'elle aurait besoin d'être encadrée par la société plutôt que par un programme de délinquance sexuelle. Il a rappelé le passé trouble de la dame, ses problèmes de drogue, de santé mentale et des épisodes de violence conjugale. 

Il estime aussi que le fait que la dame ait initié la dénonciation doit être pris en considération comme facteur atténuant, tout comme l'absence d'antécédents judiciaires. Par ailleurs, compte tenu des conditions de détention provisoire que Me Gladu qualifie de «difficiles», il a réclamé que le temps purgé en détention provisoire soit compté en double.

L'accusée, pour sa part, est apparue dans le box en démontrant parfois certains signes d'impatience, et en se tournant régulièrement vers l'assistance pour sourire et saluer à des proches venus assister à l'audience.

Elle n'a toutefois pas pu retenir ses larmes lorsque son avocat a demandé au juge Guy Lambert qu'il lève la condition lui interdisant d'entrer en contact avec sa victime, elle qui souhaite maintenant voir sa fille. Le juge Lambert a toutefois répliqué que cette décision relevait du Tribunal de la jeunesse.

Le juge a pris la cause en délibéré. L'accusée reviendra devant la cour lundi pour le prononcé de la sentence. Par ailleurs, l'ex-conjoint de la dame, aussi co-accusé dans cette affaire, doit revenir en cour le 21 novembre prochain, pour orientation.

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