Alexis Vadeboncoeur avoue avoir menti

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Alexis Vadeboncoeur

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La deuxième journée du procès des quatre policiers trifluviens suspectés d'avoir battu Alexis Vadeboncoeur en février 2013 a été plus ardue pour la présumée victime dans cette affaire.

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Lors du vol qualifié, Alexis Vadeboncoeur a réussi à mettre la main sur environ 2000 $ et plusieurs contenants de narcotiques.

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Voici la cagoule, le cache-cou et les gants portés par Alexis Vadeboncoeur lors du vol qualifié du 2 février 2013.

François Gervais, Le Nouvellite

Vadeboncoeur, témoin de la Couronne, a passé certains moments à se contredire durant son contre-interrogatoire mené mardi au palais de justice de Trois-Rivières par Me Roxane Hamelin et Me Normand Bibeau, qui représentent respectivement Barbara Provencher et Marc-André St-Amant. Kaven Deslauriers et Dominic Pronovost sont les autres accusés dans cette affaire de brutalité policière présumée.

Me Bibeau a fait grand état des antécédents judiciaires de Vadeboncoeur. Il a d'ailleurs demandé au témoin s'il avait déjà fait de la prison au Mexique. Vadeboncoeur a nié. Me Bibeau a lu un passage des notes d'une enquête préliminaire du 30 juin 2014 indiquant que Vadeboncoeur a déclaré avoir fait de la prison dans ce pays pour une bagarre.

Alexis Vadeboncoeur a avoué avoir fait de la prison, disant avoir mal compris la question de Me Bibeau. Toutefois, Vadeboncoeur a affirmé ne jamais avoir été accusé de quoi que ce soit dans ce dossier.

Me Bibeau a aussi insisté sur les bris d'engagement au dossier de Vadeboncoeur. Il est revenu sur le crime du 2 février 2013 en rappelant que Vadeboncoeur portait une cagoule, qu'il avait braqué une arme (pistolet-jouet) en direction du personnel de la pharmacie et qu'il avait alors ateint un degré de dépendance considérable aux narcotiques, ce que n'a pas nié le témoin. 

Me Hamelin a pour sa part ramené le témoin au 3 avril 2014. À ce moment, Alexis Vadeboncoeur a plaidé coupable à une série d'accusations, dont de vol qualifié, de port de déguisement dans un dessein criminel et aussi d'entrave à l'égard des agents Marc-André St-Amant et Barbara Provencher. Vadeboncoeur a reconnu avoir plaidé coupable à cette dernière accusation, bien qu'il soutient ne pas être coupable d'avoir commis un tel geste. Me Hamelin a paru surprise d'une telle réponse, d'autant plus qu'il n'a pas été forcé d'enregistrer un tel plaidoyer, lui a-t-elle rappelé.

Vadeboncoeur a répondu qu'il avait agi ainsi pour libérer sa conscience et éviter de subir un procès pour ainsi sauver des frais à l'État. Le tout faisait partie d'une entente globale afin de régler tous ses dossiers en même temps.

L'avocate de Provencher a alors demandé à Vadeboncoeur s'il avait menti au tribunal. Le juge Steve Magnan lui a reposé la question. Après un certain moment de silence, Vadeboncoeur a eu cette réponse.

«Oui, j'ai menti», a dit le jeune homme de 23 ans.

Lors de son passage en cour, lundi, Alexis Vadeboncoeur a mentionné au juge Magnan que durant l'arrestation du 2 février 2013, Barbara Provencher l'avait agrippé par les testicules alors qu'elle se trouvait derrière lui. Me Hamelin a demandé à Alexis Vadeboncoeur comment il pouvait affirmer que ce geste avait été posé par sa cliente, alors qu'il ne pouvait voir ce qui se passait exactement derrière lui. Le témoin a affirmé avoir vu Barbara Provencher dans son champ de vision alors qu'elle se déplaçait derrière lui.

Il a senti que c'était une femme qui lui déchirait son pantalon, à la recherche de l'argent et des médicaments volés à la pharmacie, lorsqu'elle lui a agrippé et «étiré» les testicules.

Selon Vadeboncoeur, ce geste était tout à fait volontaire. D'après lui, les points de pression exercés sur ses testicules semblaient montrer des traces de doigts et d'ongles longs féminins, même s'il présume que la policière devait porter des gants. 

Questionné sur son comportement lors de son arrestation du 2  évrier 2013, Alexis Vadeboncoeur a répété qu'il a en tout temps représenté un suspect facile à arrêter. Selon lui, sa position face contre terre et ses bras en croix en faisaient un suspect rêvé pour les policiers.

«La seule chose qu'ils auraient dû faire est de mettre un genou dans le dos et me menotter.»

Ce pistolet a été utilisé par Alexis Vadeboncoeur... (François Gervais, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Ce pistolet a été utilisé par Alexis Vadeboncoeur lors du vol du 2 février 2013.

François Gervais, Le Nouvelliste

Un document réclamé

En lever de rideau, mardi, les avocats de la défense ont réclamé un document à la Couronne. Ce document est en lien avec une déclaration faite lundi par Alexis Vadeboncoeur. Il a dit avoir subi une crise d'épilepsie à la suite de l'arrestation musclée du 2 février 2013.

Ce document est manquant dans la preuve fournie par la Couronne. Ce dossier sera discuté mercredi, lors de la reprise du procès des quatre policiers.

Me Normand Bibeau se réserve le loisir de réclamer de la cour un arrêt des procédures en raison de délais déraisonnables dans la fourniture de la preuve. Me Bibeau a rappelé au juge Magnan que plus de trois ans se sont écoulés entre les événements présumés et le procès. Ce délai pourrait porter une atteinte au droit d'une défense pleine et entière.

Selon le juge Magnan, il est trop tôt pour prononcer une telle ordonnance. Il ne ferme pas la porte à une telle possibilité advenant le dépôt d'une demande en ce sens de la part des défendeurs.

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