Alexis Vadeboncoeur: «J'ai reçu des coups des deux côtés»

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Quatre policiers de Trois-Rivières sont accusés d'avoir passé à tabac Alexis Vadeboncoeur le 2 février 2013.

Sylvain Mayer

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Mes mains sont à la disposition des policiers. Ils s'attardent à me frapper et me faire mal avant de me menotter.»

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Marc-André St-Amant et Kaven Deslauriers sont deux des quatre policiers trifluviens accusés d'avoir tabassé Alexis Vadeboncoeur.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Le procès des quatre policiers accusés d'avoir tabassé Alexis Vadeboncoeur a commencé lundi. Sur la photo, on aperçoit Dominic Pronovost et Barbara Provencher.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

«Témoin principal de l'arrestation musclée dont il affirme avoir été victime le 2 février 2013 à Trois-Rivières, Alexis Vadeboncoeur a ouvert le bal, lundi, en racontant sa version des faits en ce premier jour du procès des quatre policiers soupconnés de l'avoir passé à tabac il y a plus de trois ans dans le stationnement du Cégep de Trois-Rivières.

Marc-André Saint-Amant, Dominic Pronovost et Kaven Deslauriers sont accusés de voies de fait armées, voies de fait causant des lésions corporelles, usage négligent d'une arme à feu, fabrication de faux rapports, contrefaçon de ces documents et entrave à la justice avec la fabrication de ces faux rapports.

Barbara Provencher fait face à des accusations de voies de fait causant des lésions corporelles, fabrication de faux documents, contrefaçon de documents et entrave à la justice en fabriquant des faux rapports.

Cette photo d'Alexis Vadeboncoeur démontrant ses blessures a... - image 2.0

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Cette photo d'Alexis Vadeboncoeur démontrant ses blessures a été déposée lundi au procès des quatre policiers trifluviens.

Vadeboncoeur, aujourd'hui âgé de 23 ans, est actuellement détenu notamment pour une histoire de vol qualifié qui sera la toile de fond de cette arrestation en cette soirée de février 2013. Interrogé par la procureure de la Couronne, Me Aryanne Guérin, Alexis Vadeboncoeur a donné plusieurs détails concernant le vol à la pharmacie Jean Coutu du boulevard des Récollets et sa fuite qui a conduit à son arrestation.

Le témoin de la Couronne a reconnu qu'il vivait une période difficile lorsqu'il a eu l'idée d'aller à cette pharmacie dans le but de voler des narcotiques. Il a admis que sa consommation de drogues l'a amené à poser un tel geste, mais il était sobre au moment du crime. Il avait pris un jouet en forme de pistolet pour commettre son vol de narcotiques et d'argent avant de prendre la fuite à pied.

Selon son témoignage, livré avec aplomb, Alexis Vadeboncoeur a indiqué qu'il a vite réalisé une chose: l'arrivée rapide de la police ferait en sorte qu'il n'allait pas réussir à se sauver bien longtemps.

«Les policiers se rapprochaient rapidement. J'étais à bout de souffle et j'ai décidé de me rendre. Je me mets en petit bonhomme, je tiens mon fusil (le pistolet-jouet) avec ma main droite et je le lance à ma gauche. Je me couche au sol et je m'attends à être menotté rapidement, mais je sens un violent coup sur le côté droit de la tête. Après, je reçois plusieurs coups des deux côtés», dit-il, en estimant le nombre de coups à une dizaine.

Vadeboncoeur a ajouté que son pantalon a été déchiré durant l'intervention, la police étant à la recherche de l'argent volé. Il affirme avoir été serré violemment aux testicules et avoir reçu un coup de pied dans les parties génitales.

Amené au quartier général, Alexis Vadeboncoeur affirme avoir été victime d'une grande détresse psychologique. Il s'est toutefois abstenu de porter plainte sur le coup, craignant des représailles.

Il recevra quelques soins une fois rendu au Centre de détention de Trois-Rivières, car il a mal un peu partout et présente différentes contusions, ecchymoses et enflures. Selon son témoignage, il a été vu par un médecin à l'hôpital de Trois-Rivières plus de deux semaines après le 2 février 2013 après avoir fait une dizaine de demandes. 

Me Roxane Hamelin, procureure de Barbara Provencher, a été la première des quatre avocats de la défense à contre-interroger Alexis Vadeboncoeur. 

Cette étape a duré quatre heures et l'avocate a passé de nombreuses minutes à parler de toutes les démarches entreprises par Vadeboncoeur à la prison pour obtenir des soins médicaux, lui faisant préciser quelles parties de son corps étaient souffrantes, quels médicaments il avait reçus. Me Hamelin a examiné le contenu des demandes écrites par Vadeboncoeur, dont une dans laquelle il affirme souffrir de stress dû à une charge importante.

Me Hamelin voulait savoir s'il faisait référence aux accusations de vol qualifié qui pesaient contre lui. Vadeboncoeur a répondu qu'il faisait plutôt le lien avec le passage à tabac de la police. 

L'avocate de Provencher a sorti une autre demande de soins médicaux d'Alexis Vadeboncoeur indiquant ses problèmes de stress dus à son vol qualifié, sans jamais parler de l'arrestation. 

Vadeboncoeur a répliqué en disant qu'il n'était pas pertinent de mentionner à ce moment qu'il avait été battu par la police. Il craignait qu'une telle révélation rallonge les délais pour être soigné.

Plus tard dans le contre-interrogatoire, Me Hamelin s'est attardée à indiquer à la cour le passé de consommateur de drogues de Vadeboncoeur. Il a admis avoir pris du Dilaudid, un puissant narcotique. Il a aussi fumé de la marijuana et de l'héroïne en plus d'avoir consommé des métamphétamines. Incarcéré depuis avril 2014 pour purger une peine de 54 mois afin de régler tous ses dossiers avec la justice, Alexis Vadeboncoeur a fui un centre de thérapie en janvier 2014, alors que cela faisait partie de ses conditions de remise en liberté. 

Durant cette cavale, il s'est rendu à la même pharmacie en mars 2014 pour tenter de commettre un autre vol de narcotiques. Il avait recommencé à consommer depuis un certain temps, contrevenant à une ordonnance de la cour.

Me Hamelin a demandé à Vadeboncoeur pourquoi il ne s'était pas livré à la police pour mettre fin à sa cavale au lieu d'aller voler des stupéfiants, portant une cagoule et sautant par-dessus le comptoir du laboratoire. Selon Vadeboncoeur, il a agi ainsi parce qu'il cherchait à se faire prendre par la police, d'une certaine façon.

Le procès se poursuit mardi.

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