Gilles Charland dit avoir tout fait pour aider Martin Gélinas

L'ancien vice-recteur Gilles Charland (à gauche) en compagnie... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

L'ancien vice-recteur Gilles Charland (à gauche) en compagnie du vice-recteur aux ressources humaines, Olivier Malo.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ancien vice-recteur aux ressources humaines de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Gilles Charland, a indiqué au Tribunal administratif du travail qu'il a tout fait en son pouvoir pour convaincre Martin Gélinas de tourner la page après son congédiement à titre de vice-recteur.

M. Charland a témoigné à l'effet qu'il avait eu des contacts avec le médecin de M. Gélinas, de même qu'avec son psychologue et deux des plus proches amis de ce dernier pour tenter de l'aider. L'Université lui avait aussi offert un emploi dans un organisme, le temps qu'il se refasse une santé.

On se rappellera que M. Gélinas avait porté des accusations de harcèlement psychologique à l'endroit de M. Charland, accusations qu'il a finalement retirées lundi en expliquant qu'il souhaitait écourter ce procès déjà trop long et s'en tenir à la partie congédiement de son dossier.

En marge des audiences, M. Charland a déclaré au Nouvelliste qu'il était «satisfait que les plaintes aient été retirées. C'est la preuve qu'il n'y a jamais eu de harcèlement à l'endroit de M. Gélinas, ni de ma part, ni de la part d'autres officiers de l'UQTR», estime-t-il.

«C'est beaucoup d'éclat, beaucoup de boue lancée», dit-il. «J'ai tenté d'apporter toute l'aide nécessaire à M. Gélinas.»

Gilles Charland ne croit pas, comme l'affirme M. Gélinas, que ce retrait visait à écourter les procédures.

«Je pense que c'est plus stratégique qu'autre chose. C'est plus facile, maintenant que le dommage est fait. Ça a nui à ma réputation. Il y a eu quelques pertes de contrats liées à cela. Pour moi, c'était important que la communauté de l'UQTR comprenne bien que ni dans mon poste, ni dans mes autres fonctions, je n'ai harcelé qui que ce soit. Dans le reste de mes emplois actuels et futurs, je ne suis pas une personne qui harcèle les gens», tenait-il à souligner, mercredi.

On se rappellera qu'après avoir signé une entente confidentielle avec l'UQTR, le 1er février 2013, M. Gélinas avait envoyé plus de 80 textos et courriels inappropriés à des collègues de travail. Ce dernier a plaidé qu'il était en dépression profonde à ce moment-là. Cet épisode avait mené à son arrestation puis à son hospitalisation.

M. Charland a expliqué que l'UQTR avait malgré tout, à sa demande, accepté de suspendre l'enquête interne administrative qui devait avoir lieu à la suite de ces événements jusqu'à ce que la cause criminelle soit entendue. Cette cause avait donné lieu à un premier jugement, le 9 juillet 2014, jugement qui fut porté en appel par la suite.

L'enquête interne de l'UQTR a donc repris après ce premier jugement, indique M. Charland et M. Gélinas n'a pas demandé de faire prolonger la suspension jusqu'au résultat de l'appel.

M. Charland a raconté au TAT que M. Gélinas n'a jamais collaboré à l'enquête interne alors qu'il aurait dû le faire, selon l'entente qu'il avait signée en 2013. M. Gélinas a plaidé, mercredi qu'il avait agi de cette façon sur la recommandation de ses procureurs puisqu'il devait de toute façon y avoir des audiences devant la Commission des relations du travail à cet effet.

M. Charland est revenu aussi sur le fait qu'en envoyant des dizaines de textos au contenu non approprié à ses collègues, Martin Gélinas violait à nouveau l'entente du 1er février 2013. Parmi ces textos, plusieurs étaient adressés à l'ancienne directrice des communications de l'UQTR, Guylaine Beaudoin, qui a finalement contacté M. Charland pour lui dire qu'elle avait peur puisque «l'agressivité montait».

L'UQTR a décidé de suspendre un paiement important de compensations financières qui figuraient dans la fameuse entente de 2013. Selon M. Charland, c'est parce que M. Gélinas ne fournissait pas les billets médicaux qui étaient demandés.

M. Gélinas a aussi tenté à deux reprises de postuler sur son ancien poste de vice-recteur, contrairement à la fameuse entente de 2013. M. Charland a indiqué au tribunal que M. Gélinas avait porté plainte au conseil d'administration voyant qu'il ne pouvait postuler.

Deux mois à peine après sa suspension administrative, M. Gélinas avait aussi porté plainte à l'UPAC et au Vérificateur général du Québec contre l'UQTR.

«Je le surnommais Lucky Luke Martin parce qu'il portait des plaintes plus vite que son ombre», raconte M. Charland et cela, dit-il, ne respectait pas ses engagements en lien avec la politique de harcèlement de l'Université.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer