Agressions sexuelles sur des mineures: 70 mois de prison pour Girard

Le palais de justice de Trois-Rivières... (François Gervais)

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Le palais de justice de Trois-Rivières

François Gervais

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jean-Jacques Girard écope une peine d'emprisonnement de cinq ans et 10 mois pour une kyrielle d'accusations d'agression sexuelle. Mais en tenant compte du temps passé en prison depuis son arrestation, la période nette qui reste à être purgée est de deux ans moins un jour, un verdict accueilli avec frustration par plusieurs victimes et membres de leurs familles présents au palais de justice de Trois-Rivières, vendredi.

Girard, 60 ans, était incarcéré depuis son arrestation en février 2014. Il était rendu à subir son enquête préliminaire lorsqu'il a décidé de plaider coupable à un nombre réduit d'accusations. Il a tout de même enregistré un plaidoyer de culpabilité à une douzaine d'accusations, majoritairement des crimes à caractère sexuel posés sur des personnes principalement d'âge mineur dans les années 1980, 1990 et 2000 à Québec et à Trois-Rivières. 

Sept personnes ont été victimes de crimes à caractère sexuel. Certaines avaient 5 ans lorsque les gestes ont été posés, d'autres étaient âgées de 8 ans, 11 ans, 15 ans et 18 ans.

Des actes de cunnilingus et de fellation ont été effectués. Girard s'arrangeait pour se faire caresser le pénis alors qu'il était en érection afin de se faire masturber par de jeunes mains.

Certaines agressions ont été des relations sexuelles complètes. Girard fournissait de l'alcool et de la drogue à certaines victimes avant d'assouvir ses bas instincts. 

Girard utilisait la menace pour faire fonctionner son manège. Il a d'ailleurs plaidé coupable à deux accusations de menace de causer la mort ou des lésions corporelles.

«Je m'excuse. J'ai des remords. Je demande pardon», a dit Girard à l'attention des victimes qui étaient présentes dans la salle, en affirmant avoir été victime d'agression sexuelle dans sa jeunesse.

La position adoptée par Girard a été suivie par la présentation d'une suggestion de sentence commune provenant de son avocat, Me Pierre Spain, et de la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier. Les avocats ont recommandé l'imposition d'une peine globale de 70 mois. 

Pour expliquer sa position, la procureure de la Couronne a dit au président du tribunal qu'elle a dû tenir compte des forces et des faiblesses de la preuve. Si Girard avait été déclaré coupable sur tous les chefs initialement déposés, la peine aurait pu être plus lourde. Mais à la suite d'un procès, il aurait pu aussi être acquitté sur certains chefs et avoir une peine moins dure.

Pour sa part, la défense a indiqué que les plaidoyers de culpabilité de Girard avant l'enquête préliminaire permettaient d'éviter la tenue de cette enquête et celle d'un procès, des étapes qui sont souvent pénibles pour les victimes. Me Spain a de plus souligné que son client a un sérieux problème de consommation d'alcool et de drogue depuis sa jeunesse et que la majorité des crimes ont été commis alors qu'il était fortement intoxiqué.

Le tribunal a accepté d'entériner la suggestion, la qualifiant de substantielle. Le juge Lacoursière a indiqué que le fait de témoigner pour des victimes peut être traumatisant. Mais il a insisté sur le caractère ignoble des gestes.

«Ce sont des infractions extrêmement sérieuses, des crimes qui répugnent à notre société. Ce sont des faits révoltants, terrifiants», a déclaré le juge Lacoursière, en ajoutant que les victimes avaient subi un véritable calvaire, comme le témoignent leurs déclarations.

La décision du tribunal a vertement déplu à certaines victimes de Girard. La tension était palpable dans la salle de cour, incitant les constables spéciaux à se faire plus nombreux (ils étaient quatre) afin de gérer la situation.

La peine nette est de deux ans moins un jour, car le temps purgé en prison de façon prévention (31 mois) est compté à taux et demi, donc 46 mois. La décision permet à Girard de purger sa peine dans un centre de détention provincial. Celui de Percé offre une thérapie pour les auteurs de crimes sexuels et c'est à cet endroit qu'il ira passer les prochains mois.

La peine d'emprisonnement de Girard est assujettie d'une période de probation de trois ans. Il lui est interdit d'entrer en contact avec les victimes et leurs familles. Durant une période de quatre ans, il ne pourra être dans des parcs ou des terrains de jeux, des lieux susceptibles d'être fréquentés par des personnes de moins de 16 ans. Il lui est interdit de se trouver à moins de deux kilomètres du domicile des victimes.

Celui qui présente des antécédents judiciaires depuis 1991, notamment en matière de crimes sexuels, devra se soumettre à un prélèvement d'ADN et sera inscrit à vie au registre des délinquants sexuels.

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