Marc Bellemare estime que l'affaire Bettez est du «marketing policier»

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(Trois-Rivières) «Jusqu'à lundi, la pression était sur les policiers. Aujourd'hui, elle est sur Jonathan Bettez.»

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Jonathan Bettez

La Presse

C'est en ces termes que l'avocat bien connu Marc Bellemare a résumé le scénario qui s'est produit à Trois-Rivières depuis lundi avec l'arrestation et la comparution de Jonathan Bettez, un scénario qu'il s'est empressé de qualifier de «marketing policier».

Marc Bellemare, qui participe présentement à la réalisation d'un documentaire sur l'enquête dans l'histoire du meurtre de Cédrika Provencher, estime que les policiers de la Sûreté du Québec n'ont pas pris toutes les précautions nécessaires pour respecter la présomption d'innocence de Bettez qui, doit-on le rappeler, a été arrêté pour possession et distribution de pornographie juvénile.

«Tout le fla-fla entourant les perquisitions, les dizaines d'enquêteurs qui débarquent pour un dossier qui généralement ne requiert les services que de deux ou trois enquêteurs. Le fait qu'on l'ait fait parader au palais de justice, l'exposant à une mise en scène qui a fait exploser les réseaux sociaux, personnellement je trouve que c'est une drôle de justice», croit l'avocat.

Marc Bellemare demeure convaincu que les policiers, dans l'enquête portant sur le meurtre de Cédrika Provencher, n'ont pas grand-chose. De ce fait, il comprend les avocats de Jonathan Bettez de lui avoir recommandé de ne pas passer le test du polygraphe.

«Ce n'est pas une preuve reconnue par les tribunaux. Ce n'est pas fiable, pas probant. Présentement, avec la pression qu'il subit, il n'est pas en mesure de passer un polygraphe. S'il fallait qu'il échoue, ça ne serait pas recevable en preuve. S'il réussissait, les soupçons ne tomberaient pas pour une grande partie de la population qui a déjà son idée de faite», résume Marc Bellemare.

Ce dernier estime très dangereux de voir cette montée de haine et d'affirmations non vérifiées partout sur les médias sociaux.

«En justice, le doute mène à l'acquittement. Dans la population, le doute mène à la condamnation. Les gens n'ont aucune idée, mais se font une idée. Mais le Québec veut une police efficace, et le Québec veut un coupable», observe-t-il.

Autre piste?

Dans le cadre de la réalisation du documentaire de Stéphane Parent auquel il participe, Marc Bellemare reconnaît bien sûr avoir entendu maintes fois le nom de Jonathan Bettez au cours des recherches, mais rappelle qu'il y a d'autres pistes dans l'enquête sur le meurtre de Cédrika Provencher.

«Nous avons des informations qui nous parlent d'un véhicule gris, d'autres d'un véhicule vert. La SQ a privilégié la thèse de l'Acura rouge, mais d'autres témoignages nous portent à croire que ce n'est pas une certitude. Là, on assume que c'est une information béton», constate-t-il, rappelant que chaque année, plus de 3000 personnes sont arrêtées au Canada en lien avec de la pornographie juvénile. «Toutes ces personnes ou presque pourraient avoir le profil actuellement recherché. Des suspects, il peut encore y en avoir des dizaines», relate-t-il.

Par contre, au sujet des accusations présentement portées contre Jonathan Bettez, Marc Bellemare assure qu'il considère la pornographie juvénile comme un véritable fléau, lui qui avait milité lors de son passage en politique pour faire augmenter les peines maximales à 14 ans pour ce délit.

«S'il devait être reconnu coupable pour ces accusations de pornographie juvénile, je lui souhaite la pire des peines», clame-t-il.

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