Onde de choc chez Emballages Bettez

L'enseigne de l'entreprise Emballages Bettez a été retirée.... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

L'enseigne de l'entreprise Emballages Bettez a été retirée.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) L'entreprise familiale Emballages Bettez se retrouve en pleine tempête depuis lundi, moment où son principal dirigeant, Jonathan Bettez, a été arrêté sur son lieu de travail et accusé de possession et distribution de pornographie juvénile.

Les camions lettrés ne sont plus en circulation... (François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Les camions lettrés ne sont plus en circulation et ont été remplacés par des camions de location.

François Gervais, Le Nouvelliste

Jonathan Bettez doit faire face à six chefs... (François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.1

Agrandir

Jonathan Bettez doit faire face à six chefs d'accusation en lien avec de la pornographie juvénile.

François Gervais, Le Nouvelliste

Depuis mardi, la haute direction de l'entreprise a congédié Jonathan Bettez, que l'on identifie désormais comme le principal suspect dans l'enquête sur le meurtre de Cédrika Provencher, et tente tant bien que mal de rassurer ses clients, dont certains ont déjà quitté le navire.

Mercredi matin, très tôt, les affiches de l'entreprise ont été retirées des murs, et Emballages Bettez a eu recours aux services d'une firme de relations publiques afin de l'aider à traverser la crise.

Le spécialiste en relations publiques Éric Barbeau de la firme Proxiba, dont les services ont été retenus par Emballages Bettez, assure que malgré qu'on ait retiré l'affichage de la bâtisse, l'entreprise ne changera pas de nom et continuera de s'appeler Emballages Bettez, sa raison sociale depuis sa fondation en 1980.

M. Barbeau affirme que la décision prise par la direction de l'entreprise est que Jonathan Bettez ne sera plus jamais à l'emploi de la compagnie, dont il était le principal dirigeant jusqu'alors. La direction de l'entreprise a été remise dans les mains du nouveau directeur général François Jodoin, qui en assurera l'entière gestion désormais.

«Par ailleurs, l'entreprise travaille sur une restructuration permanente qui pourrait être faite afin d'assurer la survie des opérations», fait savoir M. Barbeau.

«Dans le contexte hautement émotif qui règne depuis lundi soir, nous nous sommes totalement concentrés sur nos clients, nos partenaires et les manufacturiers. Nous comprenons leurs appréhensions, mais nous devons leur faire comprendre que les accusations qui pèsent contre un individu n'ont aucun rapport avec les activités commerciales de la compagnie. Comme entreprise, Emballages Bettez est là pour rester, malgré la tourmente médiatique», a déclaré François Jodoin, directeur-général, dans un communiqué émis mercredi après-midi.

On peut également y lire que l'affichage de l'entreprise a été retiré dans une «tentative de distinguer dans l'espace public les agissements qui sont reprochés à un individu par la justice, des activités commerciales d'une compagnie mauricienne en opération depuis plus de trois décennies et au dossier sans taches».

D'ailleurs, depuis mardi, les livraisons de l'entreprises se font avec des camions sans lettrage, afin de ne pas indisposer ou mettre dans l'embarras les clients d'Emballages Bettez. Cette solution serait toutefois temporaire.

De son côté, Éric Barbeau rappelle qu'au-delà des agissements d'un seul individu, une quinzaine d'employés, et donc de familles, dépendent des emplois chez Emballages Bettez, qui a déjà été en nomination pour le Gala Radisson de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières en 2011 dans la catégorie Entreprise de services à l'entreprise.

Jonathan Bettez avait lui-même été très impliqué dans le milieu des affaires à Trois-Rivières depuis 2008, notamment au sein des conseils d'administration de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, ainsi que de la Jeune chambre de commerce de la Mauricie.

Kruger quitte le navire

Si des accusations ont été portées contre un seul individu, on observe aujourd'hui que c'est toute l'entreprise qui écope de la tempête qui a commencé à souffler lundi matin. Des clients ont déjà manifesté le désir de ne plus faire affaire avec Emballages Bettez, pendant que d'autres cherchent désormais à être rassurés quant à la suite des choses.

Kruger, l'un des principaux fournisseurs d'Emballages Bettez, a pour sa part cessé d'envoyer ses produits à l'entreprise depuis mardi. Emballages Bettez, qui fournit notamment des produits d'entretien et d'hygiène à des compagnies, s'approvisionnait chez Kruger pour des articles comme du papier hygiénique et du papier à main pour les salles de bain de divers commerces ou compagnies.

«Nous avons pris la décision de cesser d'envoyer nos produits là-bas. Je vais m'en tenir à ça et ne pas commenter davantage», a indiqué le porte-parole de l'entreprise, Jean Majeau, expliquant que le contexte était très délicat.

De son côté, la Ville de Trois-Rivières indique à l'inverse qu'elle ne cessera pas son lien d'affaires avec l'entreprise, avec qui elle a des contrats de temps à autre.

«Tant et aussi longtemps que l'entreprise ne se retrouvera pas sur une liste d'entreprises que nous devons exclure de nos appels d'offres, nous allons continuer de faire affaire avec eux lorsque l'occasion se présentera. On ne se privera pas d'obtenir le meilleur tarif pour nos citoyens si c'est cette compagnie qui le propose. Il faut se souvenir qu'il y a aussi des gens qui travaillent pour l'entreprise depuis 25 ou 30 ans, des gens honnêtes qui n'ont rien à se reprocher et qui subissent les dommages collatéraux des agissements d'une seule personne», croit le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant.

L'enquête se poursuit

Au lendemain du dépôt des accusations contre Jonathan Bettez, les policiers ont poursuivi leur enquête. La caméra de TVA Nouvelles a d'ailleurs capté des images de trois policiers de la Sûreté du Québec qui se sont présentés au domicile de la famille Bettez en début de soirée mercredi. C'est la mère de l'accusé qui a ouvert la porte après un long moment. La rencontre a duré une quinzaine de minutes avant que les enquêteurs ne quittent l'endroit. 

Avec la collaboration de Nicolas Ducharme

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer