Pompier Yannick Lupien: une enquête «teintée de conflits d'intérêts»

Yannick Lupien, pompier à la Ville de Trois-Rivières,... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Yannick Lupien, pompier à la Ville de Trois-Rivières, réclame une nouvelle évaluation de son dossier de plainte pour harcèlement psychologique.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Le pompier trifluvien et ex-olympien Yannick Lupien, qui a récemment déposé une plainte pour harcèlement psychologique contre la direction du service des incendies ainsi que le service des ressources humaines de la Ville de Trois-Rivières, ne décolère pas.

Alors que l'analyse de son dossier est présentement en cours et que les conclusions ne sont pas encore connues, il vient d'adresser une demande à la haute direction de la Ville ainsi qu'au maire afin d'assigner un nouvel enquêteur indépendant à son dossier, car il estime que le processus en cours est «teinté de conflits d'intérêts».

Selon ce que M. Lupien a appris et qui nous a été confirmé par une source, l'enquêteur mandaté au dossier, Claude Gendron, travaillerait activement à offrir des services professionnels à la Ville et aurait traité de plusieurs dossiers de ressources humaines dans les derniers mois, et ces mandats auraient en grande partie été donnés par un des cadres des ressources humaines, Éric Bertiaux.

Or, M. Bertiaux est spécifiquement visé par la plainte déposée par Yannick Lupien. Claude Gendron a aussi déjà été directeur des ressources humaines à la Ville de Trois-Rivières, avant la fusion municipale, un détail qu'il aurait oublié de mentionner à Yannick Lupien.

«J'ai fait confiance à la Ville pour trouver quelqu'un d'impartial, mais il y a clairement apparence d'un conflit d'intérêts ici, car M. Gendron reçoit de nombreux contrats de la part de celui qui est visé par ma plainte. De plus, il a déjà été cadre à la Ville, ce qui est loin d'être la définition d'une ressource externe, selon moi. Ma confiance est brisée et je réclame un nouvel enquêteur et une nouvelle analyse de mon dossier», mentionne Yannick Lupien.

Dans sa plainte de harcèlement psychologique déposée il y a quelques semaines, et qui vise le directeur des incendies Dany Cloutier ainsi que le service des ressources humaines, Yannick Lupien faisait référence à Éric Bertiaux, actuellement chef de division aux ressources humaines, lui reprochant d'avoir voulu le piéger en modifiant le verbatim d'une entrevue qu'il avait accordée au 106,9 Mauricie et pour laquelle il était rencontré en comité disciplinaire.

Cette même entrevue avait failli coûter au pompier deux jours de suspension, une sanction pour laquelle le maire de Trois-Rivières était intervenu, la jugeant exagérée.

Pour le moment, le dossier de M. Lupien est à l'étape de l'analyse. Il devrait savoir vendredi s'il y a matière à faire enquête. Or, il n'a pas voulu attendre le résultat avant de réclamer une nouvelle analyse, devant ce possible conflit d'intérêts qu'il déplore.

«Je souhaite une nouvelle analyse, mais également que la Ville revoit ses façons de faire parce qu'on est en 2016 et que cette façon est complètement dépassée. Ce n'est pas transparent», croit-il.

Réaction

De son côté, la Ville de Trois-Rivières se défend qu'un conflit d'intérêt puisse venir teinter l'analyse du dossier de Yannick Lupien. La Ville reconnaît que Claude Gendron obtient des contrats avec le service des ressources humaines, mais qu'il n'est pas le seul.

«Il est faux de dire que l'on confie tous les dossiers à cette personne, nous faisons aussi appel à d'autres firmes externes. Dans ce cas-ci, il est effectivement au dossier, mais ce mandat-là n'a pas été donné par Éric Bertiaux, car il se trouvait en vacances lorsque la plainte a été portée à l'attention de la Ville», affirme Yvan Toutant, porte-parole de la Ville.

Ce dernier qualifie la sortie de Yannick Lupien de «surprenante», étant donné que les résultats de l'analyse ne sont toujours pas connus.

«Nous n'avons pas de rapport encore. Alors pour nous, le processus suit son cours. Nous avons confié le mandat à une firme extérieure, et nous allons vivre avec le résultat. Peut-être faudrait-il que M. Lupien fasse la même chose», signale Yvan Toutant.

Pour le reste, M. Toutant n'a pas voulu s'avancer davantage sur les allégations de conflits d'intérêts ou encore sur celles entourant les contrats octroyés par Éric Bertiaux à Claude Gendron.

«Nous n'avons pas l'habitude de commenter les dossiers de ressources humaines sur la place publique et nous ne souhaitons pas entacher la réputation de personne alors nous ne ferons pas d'autres commentaires», a-t-il dit.

Notre demande d'entrevue avec Éric Bertiaux, pour obtenir sa version des faits dans cette histoire, nous a été refusée pour la même raison.

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