Des funérailles pour Cédrika

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Les funérailles de Cédrika Provencher seront célébrées sous peu.

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(Trois-Rivières) Après plus de neuf ans, la famille et les proches de Cédrika Provencher pourront enfin lui faire leurs derniers adieux. Les funérailles de la fillette, enlevée à Trois-Rivières le 31 juillet 2007 puis assassinée, seront célébrées sous peu.

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Les fouilles de la Sûreté du Québec dans l'est de Trois-Rivières auront permis de localiser des ossements de Cédrika Provencher en décembre 2015, mettant un terme à l'incertitude chez ses proches. 

Francois Gervais, Le Nouvelliste

C'est par le biais de l'organisme Réseau Enfant Retour que la famille s'est adressée au public, mardi, afin de dévoiler cette information. La famille, qui a évidemment tenu à remercier le Québec en entier pour son soutien et sa solidarité, a mentionné vouloir vivre ces moments dans la plus stricte intimité.

«Voici que le temps est venu pour Karine Fortier et Martin Provencher de lui faire leurs adieux. Les membres de la famille se réuniront prochainement pour célébrer la courte vie de Cédrika, et ont exprimé le souhait de vivre ce moment sacré dans la plus grande intimité, entourés de leurs proches.

Karine, Martin, Mélissa, Louis-Félix et Marco tiennent à remercier sincèrement l'ensemble du public, pour tout le soutien et les marques d'affection reçus au cours de ces dernières années.

Le seul fait de savoir que tout le Québec avait adopté Cédrika comme leur propre fille a été une grande source de réconfort, tant pour eux que pour l'ensemble de la famille», peut-on lire dans le communiqué émis mardi.

Aucun détail entourant la célébration des funérailles ne sera dévoilé. La directrice générale de Réseau Enfant Retour, Pina Arcamone, a insisté sur l'importance de respecter cette décision.

«Il est vrai que les recherches, dans l'urgence de la situation, ont nécessité une mobilisation des médias et de la population, et le public et les médias ont été au rendez-vous. Mais il faut aussi comprendre qu'il s'agit d'un père et d'une mère qui vont reconduire leur enfant à son dernier repos. Il s'agit d'un moment privé», fait-elle valoir.

Selon elle, la célébration de funérailles dans le cas d'un enlèvement, puis d'un meurtre comme celui de Cédrika Provencher, est une étape cruciale pour les proches.

«C'est une étape importante du deuil. Pendant des années, ils ont vécu accrochés à une petite lueur d'espoir de la revoir vivante. Lorsqu'on trouve une telle réponse, il n'y a plus d'espoir. Maintenant, il faut pouvoir lui offrir des funérailles, l'enterrer avec dignité et respect, non laissée dans un boisé quelque part.

Les parents doivent pouvoir avoir un lieu de recueillement où ils pourront aller pour lui parler, lui porter des fleurs, passer du temps avec elle. Un lieu où ils sauront désormais que plus personne ne pourra lui faire de mal», ajoute Pina Arcamone.

Cette dernière convient que Cédrika Provencher a touché le coeur de tous les Québécois, et rappelle aussi que ses proches ont besoin de célébrer sa trop courte, mais belle vie.

«Elle n'est pas uniquement une enfant disparue. Cédrika avait toute une vie et a semé du bonheur autour d'elle. Elle était une grande soeur, une petite soeur, une nièce, une cousine, une amie, une élève, une jeune impliquée dans les scouts. Le partage de ces souvenirs pour la famille est aussi une façon de savoir qu'elle ne sera jamais oubliée, qu'elle vivra à travers ces souvenirs», conclut Mme Arcamone.

Un deuxième deuil

Selon Bruno Serre, dont la fille Brigitte, 17 ans, avait été assassinée en janvier 2006 lors d'un vol à main armée dans une station Shell de Montréal, il s'agit d'un deuxième deuil à vivre pour la famille. «Lorsque l'enfant disparaît, on vit un premier deuil, d'une certaine façon. Cette fois-ci, c'est comme un second deuil pour eux. Je les comprends de vouloir vivre ça dans l'intimité car il s'agit aussi de faire face à la réalité qu'elle ne reviendra pas», constate-t-il.

Lorsque sa fille a été froidement assassinée par deux jeunes hommes, Bruno Serre avait lui aussi connu la couverture médiatique importante de l'événement. Il se souvient du tourbillon dans lequel il s'était retrouvé, en plus de devoir vivre la peine d'avoir perdu son enfant, mais aussi les procédures judiciaires entourant la mise en accusation des deux assassins.

«Tout le long, on a de la rage. De se retrouver sous les projecteurs comme ça, ça peut être risqué. Il vaut mieux savoir se mettre à l'écart, prendre du recul et s'entourer de nos proches, parce que les émotions qui se bousculent en nous sont tellement intenses», soutient celui qui est aujourd'hui au sein du conseil d'administration de l'Association des familles des personnes assassinées ou disparues. «Nous avions rencontré les parents de Cédrika lors de sa disparition. Ils savent que nous sommes là, mais nous ne voulons pas non plus nous imposer. S'ils ont besoin, nous serons toujours là pour eux», a-t-il précisé.

Rappelons que des restes de Cédrika Provencher ont été retrouvés dans un boisé, situé aux limites de Trois-Rivières et de Saint-Maurice, près de l'autoroute 40, en décembre 2015.

Bien que Réseau Enfant Retour n'ait pas donné de précisions à ce sujet, on suppose que ces restes ont récemment été remis à la famille, lui permettant maintenant de tenir les funérailles.

Du côté de la Sûreté du Québec, mardi, on indiquait que l'enquête était toujours en cours, mais on ne pouvait donner aucun autre détail.

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