Du GHB dissimulé dans des bouteilles d'eau!

Le GHB a été retrouvé dans ces bouteilles...

Agrandir

Le GHB a été retrouvé dans ces bouteilles d'eau de marque Eska dont les bouchons étaient pourtant bel et bien scellés.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La saisie record de GHB, réalisée le 10 août dernier par la police de Trois-Rivières, a permis de mettre à jour un procédé de vente unique au Québec.

Les 9,6 litres de GHB (connu comme la drogue du viol) se trouvaient dans des bouteilles d'eau Eska dont le bouchon avait été scellé. Les policiers ne se sont d'ailleurs doutés de rien au départ en apercevant deux caisses de bouteilles d'eau dans leur emballage de plastique lors de la perquisition au domicile des deux suspects, Valérie Robichaud et Joffrey Durand Simard,

Or, ils ont tôt fait de découvrir le pot aux roses. En effet, 18 bouteilles d'eau de 500 ml contenaient du GHB. Le tout proviendrait de Montréal.

C'est du moins ce qu'a révélé, jeudi, l'enquêteur Stéphane Boivin dans le cadre de l'enquête sur caution de Joffrey Durand-Simard. Selon lui, il s'agissait là d'une saisie record. Quant au fait que les bouteilles étaient scellées, c'était du jamais vu. Les autres corps policiers du Québec ont d'ailleurs été contactés à ce sujet pour les prévenir du stratagème.

Joffrey Durand-Simard, 21 ans, partageait le domicile de Valérie Robichaud sur la rue Saint-Georges depuis quelques mois. En vertu des informations dont les policiers disposaient, ils étaient tous les deux soupçonnés de vendre des stupéfiants, ce qui a donné lieu à la perquisition. Dans la chambre de Joffrey Durand-Simard, ils ont d'ailleurs retrouvé environ 11 grammes de cocaïne et 950 $ dans ses poches.

Ailleurs dans le logement dont les aires communes, ils ont aussi saisi le GHB, de la kétamine, de la méthamphétamine en poudre et en comprimés, de l'ecstasy, de la marijuana et plusieurs pilules habituellement vendues sous prescription.

Plusieurs accusations ont donc été portées contre les deux locataires en lien avec le trafic de stupéfiants et la possession pour fins de trafic.

Si Valérie Robichaud, qui a des antécédents de même nature, a déjà renoncé à la tenue de son enquête sur caution, ce n'est pas le cas de Joffrey qui tente de recouvrer sa liberté.

Pour ce faire, le suspect, qui est défendu par Me Gabriel Auger, s'est dit prêt à aller suivre une thérapie pour la première fois de sa vie. Aux policiers, il s'était pourtant décrit comme un consommateur occasionnel lors de son arrestation. Jeudi, il a plutôt affirmé qu'il consommait à lui seul pas moins de 75 ml de GHB par jour depuis presque un an sans compter la kétamine, la cocaïne, le cannabis et l'alcool. Notons que selon l'enquêteur Boivin, un consommateur récréatif moyen en consomme environ 1 à 5 ml.

La Couronne, représentée par Me Julie Forget, s'objecte fermement à cette remise en liberté. Elle a rappelé que le prévenu a une cause pendante pour possession de cocaïne et devait respecter des conditions dont celles de ne pas consommer ni posséder de stupéfiants.

Elle doute aussi de sa réelle motivation. En ce sens, elle a précisé qu'il n'avait jamais manifesté auparavant le désir de suivre une thérapie en dépit des ravages causés par la drogue dans son entourage.

En 2014, un ami proche avec qui il consommait du GHB est décédé d'une overdose. C'est Joffrey qui l'avait conduit à l'hôpital. Puis, en 2015, il a été victime d'une agression. Finalement, en avril dernier, la soeur de Valérie Robichaud serait également décédée d'une overdose.

Me Auger a pris soin de mentionner que son client s'était retrouvé coincé dans le cercle vicieux de la drogue mais qu'il fallait maintenant lui offrir cette opportunité de pouvoir cesser sa consommation.

La juge Dominique Slater rendra sa décision ce vendredi.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer