Le cas d'Aaron Driver soulève plusieurs questions

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La Presse Canadienne
OTTAWA

Le fait qu'Aaron Driver ait pu planifier une attaque terroriste malgré un engagement à ne pas troubler l'ordre public démontre, selon plusieurs experts en sécurité et en radicalisation, l'inefficacité de cette ordonnance face à des individus à l'idéologie extrémiste.

L'engagement à ne pas troubler l'ordre public a été présenté comme un outil pour contrôler les sympathisants djihadistes n'ayant pas encore commis d'infraction criminelle.

Les conditions imposées à Aaron Driver lui interdisaient d'utiliser un ordinateur ou un téléphone cellulaire à partir de sa résidence de Strathroy, dans le sud-ouest de l'Ontario, de même que de posséder des explosifs.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) reconnaît que le jeune homme n'était pas surveillé constamment par les autorités et que seuls les renseignements transmis par la police fédérale américaine (FBI) l'ont aiguillée sur ses plans.

L'historien en services de renseignements, Wesley Wark, estime que le cas d'Aaron Driver représente l'échec de cette ordonnance.

L'engagement à ne pas troubler l'ordre public n'a eu aucun effet dissuasif sur Aaron Driver, estime M. Wark, soulignant que le jeune homme a même pu en enfreindre certaines conditions.

«Cette affaire rappelle que les engagements à ne pas troubler l'ordre public sont faillibles et qu'un examen attentif sera toujours nécessaire avant de décider de les imposer au lieu de chercher à obtenir une condamnation au criminel», soutient le professeur à l'Université d'Ottawa.

Lorne Dawson, professeur de sociologie à l'Université de Waterloo, affirme pour sa part qu'avoir recours à une telle ordonnance est «quelque peu banal».

«C'est très difficile de déterminer si l'intervention accomplira un résultat positif ou négatif», expose le codirecteur du réseau canadien de recherche sur le terrorisme, la sécurité et la société (TSAS).

M. Dawson se dit favorable à ce que les juges puissent imposer un programme de réadaptation à un suspect. Le TSAS oeuvre de concert avec le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, afin de mettre sur pied un bureau canadien de lutte contre la radicalisation afin de financer et coordonner un tel programme.

Lorne Dawson indique que des pays comme le Royaume-Uni et le Danemark ont une longueur d'avance sur le plan de la prévention. «Nous avons plusieurs années de retard là-dessus», a reconnu le ministre Goodale jeudi, ajoutant qu'Ottawa avait du pain sur la planche en matière de sensibilisation.

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