L'étau se resserre autour d'une caissière

Une vue du 4550 boulevard des Forges, là... (Sylvain Mayer)

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Une vue du 4550 boulevard des Forges, là où Francis Laurence Gauthier et ses deux complices auraient passé à l'acte dans la soirée du 12 juillet

Sylvain Mayer

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Albert Brunelle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La commis en poste lors du cambriolage d'un dépanneur du boulevard des Forges, le 12 juillet dernier, a déclaré avoir donné les codes des coffres-forts de l'établissement. Elle aurait confié l'information à son revendeur de drogue qui, lui, aurait agi comme intermédiaire avec les cambrioleurs. Ces informations ont été révélées dans le cadre de l'enquête sur remise en liberté de Francis Laurence Gauthier et ses deux complices vendredi au palais de justice de Trois-Rivières.

Selon la version de la commis, le trafiquant lui aurait demandé les codes lors d'une conversation sur les «mauvais coups» possibles à faire sur son lieu de travail. L'enquêteur dans le dossier, Jean-Sébastien Gobeil, soutient que la caissière aurait affirmé qu'elle et le revendeur se trouvaient tous les deux à l'appartement de ce dernier et que l'information aurait été confiée alors que le duo était sous l'effet de l'alcool. Le revendeur aurait alors noté les combinaisons sur un bout de papier et l'aurait caché chez lui.

La déclaration de la jeune femme contredit les propos qu'elle avait tenus juste après les événements. Elle avait alors déclaré que les codes avaient été fournis pendant le cambriolage alors que Francis Laurence Gauthier l'aurait séquestrée. Or, le 22 juillet, suite à quelques interrogations de l'enquêteur sur des incongruités dans son témoignage, elle a totalement changer de discours en affirmant que les codes avaient déjà été divulgués.

À ce stade-ci, aucune accusation n'a encore été portée envers elle et son complice mais M. Gobeil a laissé entendre que cette possibilité était présentement sous étude.

Ensuite intervient le premier des trois complices dans l'histoire, Jimmy Leclerc. Entretenant certains liens avec celui qui détenait les combinaisons, Leclerc aurait eu connaissance de leur existence quelques mois auparavant, lors d'une visite chez le revendeur. Francis Laurence Gauthier et Pierre Bergeron seraient ensuite entrés en contact avec Jimmy Leclerc par l'intermédiaire d'une tierce personne afin de préparer un plan présenté comme «un coup facile». On le disait «facile» parce que, de la façon dont le plan aurait été présenté, la commis devait être de mèche avec les cambrioleurs. Ils étaient donc au courant qu'une employée du dépanneur aurait fourni les combinaisons.

Francis Gauthier s'occuperait de la caissière, Jimmy Leclerc des coffres-forts et Pierre Bergeron serait le chauffeur désigné. Une fois leur rôle déterminé, Jimmy Leclerc aurait téléphoné au détenteur des codes pour lui signifier la venue du groupe à Trois-rivières. Quelques jours plus tard, le crime était commis.

Cependant, selon la déclaration de la commis, elle n'était pas du tout au fait de la perpétration du crime. Outre la divulgation des codes, réalisée des mois auparavant, elle n'aurait jamais eu connaissance des intentions de son revendeur de les donner au groupe de criminels. Elle affirme aussi n'avoir jamais vu ces individus avant le 12 juillet.

Le contre-interrogatoire d'une avocate de la défense, Karine Bussière, a aussi mis à mal la thèse de l'enquêteur selon laquelle la caissière aurait été prise en encolure dans un coin du dépanneur. C'est que la caissière aurait affirmé s'être fait agripper par M. Gauthier dans un endroit hors de portée des caméras.

Toutefois, alors qu'elle soutient s'être fait empoigner par le cou ainsi que s'être fait pointer une arme entre les côtes, elle ne reste avec son agresseur présumé qu'environ trois secondes dans l'angle mort, un délai bien court pour les gestes qu'elle décrit.

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