Vol dans une station-service: Francis Gauthier comparaît

Francis Gauthier... (Courtoisie)

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Francis Gauthier

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Albert Brunelle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Francis Gauthier, célèbre pour avoir partagé une vidéo dans laquelle on le voit asperger un sans-abri de boisson gazeuse, a comparu avec ses complices jeudi au palais de justice de Trois-Rivières. Il fait face à plusieurs chefs d'accusation en lien avec le vol qualifié d'un dépanneur du boulevard des Forges, le 12 juillet dernier. La donne du procès pourrait toutefois changer puisque la commis, jusqu'à présent considérée comme victime dans cette histoire, pourrait bien avoir pris part au complot.

On en connaît un peu plus sur la façon dont ont procédé les trois complices lors du cambriolage du IGA mini, situé au 4550 boulevard des Forges. Filmé par les caméras de surveillance, Francis Gauthier a été aperçu quelques heures avant le vol afin d'examiner les lieux en vue de commettre le crime.

À 22 h 53, il se serait introduit le premier à l'intérieur du commerce, quelques minutes seulement avant sa fermeture. Prétextant avoir une question, il aurait attiré la caissière dans un coin de l'établissement. Selon la déposition de la victime, l'homme l'aurait ensuite attrapé par le cou et lui aurait pointé une arme à feu entre les côtes pour l'emmener dans l'arrière-boutique.

Pendant ce temps, les caméras de surveillance ont capté des images de ce qui semble être Jimmy Leclerc se dirigeant tout droit vers les coffres-forts, près de la caisse enregistreuse. Selon les dires de l'enquêteur qui commentait les images, l'homme détenait les codes. On a d'ailleurs pu l'apercevoir tenant dans les mains ce qui semblait être les combinaisons alors qu'il déverrouillait un des trois coffres. Ce sera le seul qu'il aura réussi à vider.

Les deux complices n'en sont pas moins partis avec de l'argent liquide et des cigarettes, pour une valeur totale de 1200 $.

La défense a alors soulevé l'hypothèse selon laquelle la caissière aurait été de mèche avec les cambrioleurs. Selon les avocats des accusés et une nouvelle pièce au dossier, ce serait elle qui aurait fourni les codes. Ainsi, ils prétendent que la visite de reconnaissance faite plus tôt dans la journée n'aurait servi qu'à s'assurer que la caissière qu'on suppose complice était bel et bien en poste ce soir-là.

À cet égard, l'enquêteur dans le dossier, Jean-Sébastien Gobeil, soulève un fait intéressant. À deux reprises, la commis se serait trouvée à proximité des portes et aurait eu l'opportunité de s'échapper.

Qu'à cela ne tienne, elle était tout de même menottée par des colliers de serrage en plastique.

Malgré cela, une fois que les deux voleurs se furent échappés, elle a réussi à contacter la police en composant le 911 avec son nez. Son appel, diffusé en Cour, témoigne de l'état de choc dans lequel semblait se trouver la victime; en pleurs, elle affirme aux policiers s'être fait cambrioler.

Quelques minutes plus tard, les policiers se rendent sur place et les empreintes de M. Gauthier sont retrouvées sur un contenant de plastique. Deux jours plus tard, les trois coaccusés sont tous mis en état d'arrestation.

Bien qu'encore au stade préliminaire de l'enquête sur remise en liberté, l'avocat de la défense, Me Pierre Spain, a laissé entendre qu'il ne nierait pas la commission du crime, mais bien la qualification de celui-ci. Il prétend démontrer que la commis était de mèche avec les prévenus et, qu'en conséquence, il ne s'agit pas d'un vol qualifié mais d'un vol simple. L'objectif est donc d'amener le juge à qualifier autrement les événements afin d'obtenir une peine moins élevée pour son client.

Toutes ces informations ont été exposées lors de l'enquête sur remise en liberté des trois complices. Si une telle enquête est nécessaire, c'est que la Couronne s'oppose à ce que les trois prévenus soient libres en attendant leur procès. On s'y oppose en s'appuyant notamment sur les antécédents judiciaires de Francis Gauthier, pour qui les démêlés avec la justice ne sont pas nouveaux. Parmi les antécédents qu'a énumérés le procureur de la Couronne, on compte trois condamnations pour vol qualifié, trois condamnations pour entrée par effraction, 13 condamnations pour bris de conditions, sept pour fraude en lien avec un vol d'identité ainsi que des condamnations pour voies de fait simple et voies de fait avec lésions.

Sylvain Lachance, responsable de la maison de thérapie L'Assuétude a témoigné devant la Cour affirmant que l'établissement était prêt, si jamais l'individu était relâché, à accueillir M. Gauthier afin qu'il puisse traiter ses nombreux problèmes de consommation. Aux dires de M. Lachance, Francis Gauthier s'est dit prêt à faire des efforts pour changer son image de dur, mais ne sait pas par où commencer. Il a par ailleurs affirmé vouloir le faire puisqu'il attend un enfant de sa conjointe.

L'audience se poursuivra vendredi afin de déterminer si, oui ou non, les accusés pourront être remis en liberté en attendant la tenue de leur procès principal.

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