Le médecin de Bain regrette ne pas l'avoir référé à un psychiatre

Richard Bain... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Richard Bain

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La Presse Canadienne
Montréal

Le médecin de longue date de Richard Henry Bain dit regretter ne pas avoir référé son patient à un psychiatre.

À la barre des témoins mardi, le docteur Stan Van Duyse a soutenu qu'il croyait maîtriser la situation et qu'il avait jugé qu'il n'était pas nécessaire de faire appel à un professionnel de la santé mentale.

Richard Henry Bain a reçu des traitements pour sa dépression et son anxiété durant plusieurs années. Ce ne serait cependant qu'après son départ à la retraite, en 2009, qu'il a commencé à présenter des comportements maniaco-dépressifs et à prendre l'antidépresseur Cymbalta en quantités deux fois plus importantes que ce qui lui était prescrit.

Bain était en proie à une obsession par rapport à la pandémie du virus H1N1. Se préparant à la fin de la société telle que nous la connaissons, il a dépensé des dizaines de milliers de dollars en accumulant des armes, de la nourriture, des médicaments ainsi que des uniformes et des véhicules militaires.

«L'homme se trouvait dans un état d'angoisse, de panique, de peur, de ruine. C'était la fin du monde et il ne voulait pas m'écouter», a exposé le médecin montréalais, qui dit avoir tenté d'amener son patient à la raison.

Il maintient que Bain était légèrement sorti de son isolement et qu'il se «sentait normal» quelques semaines après des changements à sa médication.

L'avocat de la défense, Me Alan Guttman, a demandé au médecin comment il se sentait face à sa décision de ne pas le référer à un psychiatre.

«Mal», a-t-il répondu, ajoutant plus tard qu'il croyait avoir «une assez bonne relation avec le patient pour gérer la situation».

«Si ça s'était aggravé, je l'aurais envoyé», a poursuivi M. Van Duyse.

Selon ses notes, il aurait rencontré l'accusé pour la dernière fois en janvier 2012.

Bain a plaidé non coupable aux six chefs d'accusation déposés contre lui pour meurtre prémédité, tentatives de meurtre, possession de matériel incendiaire et incendie criminel à la suite de la fusillade du Métropolis le soir de l'élection de Pauline Marois, le 4 septembre 2012.

Son avocat présente une défense de non-responsabilité criminelle, tandis que la Couronne avance que Richard Bain était motivé par ses convictions politiques.

L'accusé a placé le blâme sur le Cymbalta, dont il aurait pris neuf comprimés le jour de l'attentat. Le docteur Stan Van Duyse ignorait que son patient pratiquait l'automédication, consommant l'antidépresseur de sa propre initiative.

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