Ruines, désolation et entraide

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(Shawinigan) Au lendemain de l'incendie qui a ravagé douze logements de la 1ère Rue de la Pointe, à Shawinigan, l'heure était au constat et à la désolation pour les sinistrés et le voisinage, vendredi matin. Les pompiers, qui ont passé une bonne partie de la nuit de jeudi à vendredi à combattre l'incendie, entraient peu à peu dans les logements afin d'y récupérer les quelques effets personnels des locataires qui pouvaient encore être récupérés.

Une photo d'époque noircie par la suie, des tiroirs contenant quelques papiers d'assurances à moitié brûlés, un petit camion Tonka, un sac de golf endommagé, voilà quelques-uns des objets qui ont pu être retrouvés et que les pompiers ont déposé sur le trottoir pour que les sinistrés puissent les récupérer. Bien peu de choses comparativement à tout le matériel complètement envolé en fumée dans cet incendie qui n'a laissé que des ruines.

Pour les pompiers, le combat a été très difficile, et soutenu jusqu'aux petites heures du matin vendredi, a expliqué le directeur des incendies, François Lelièvre. «Ça a été assez ardu à circonscrire parce que ce sont de vieux bâtiments avec des structures de bois et isolés avec de la ripe. Ça fait en sorte de compliquer le travail des pompiers», constate M. Lelièvre, qui estime que l'incendie a été complètement maîtrisé vers minuit.

Toutefois, une équipe a dû demeurer sur place jusque vers 3 h du matin afin d'atteindre une partie du sous-sol, des chambres froides, où des foyers d'incendie étaient encore allumés. Il a fallu l'intervention d'une pelle mécanique pour venir à bout du brasier.

Vendredi matin, ce sont les pompiers qui allaient récupérer ce qui était récupérable, étant donné la faiblesse de la structure des immeubles. «On a une équipe qui récupère le plus d'effets personnels possible des gens. Récupérer une demi-photo, c'est déjà au moins une demi-photo. Des fois, c'est juste une cuillère, mais c'est la cuillère souvenir de la grand-mère et pour les sinistrés, ça fait une grosse différence», confie François Lelièvre.

De nombreux voisins et curieux sont venus constater... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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De nombreux voisins et curieux sont venus constater les dégâts au lendemain de l'incendie, et apporter un peu de soutien aux sinistrés.

Stéphane Lessard

Les galeries à l'arrière des immeubles ont été... (Stéphane Lessard) - image 2.1

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Les galeries à l'arrière des immeubles ont été les premières à être détruites par les flammes, avant que le vent ne pousse le feu à l'intérieur de l'immeuble par des fenêtres restées ouvertes.

Stéphane Lessard

Cause

Il a déjà été établi que cet incendie n'était pas de nature criminelle. Vendredi, les pompiers soupçonnaient fortement qu'une cigarette ait été éteinte par un des locataires dans un pot de fleurs sur une galerie arrière, et que ce soit cet article de fumeur qui ait causé l'incendie. «Ce que ça fait, avec le temps, c'est que la terre s'assèche et un peu comme un incendie de forêt, le feu prend dans la terre. Ça s'est propagé aux galeries de bois, qui était excessivement sec. Ça s'est enflammé comme une boite d'allumettes», signale François Lelièvre, ajoutant que la température et le vent n'ont pas aidé.

«Étant donné la température clémente, la plupart des gens ont quitté le matin en laissant les fenêtres ouvertes, ce qui fait en sorte que le feu s'est propagé rapidement aux galeries, mais aussi que le vent a poussé le feu vers l'intérieur des logements. Tout ce qui est à l'arrière a complètement brûlé. De ces pièces-là, il n'y a pas grand-chose à récupérer», se désole le directeur des incendies.

Les pompiers ont pu récupérer quelques effets, dont... (Stéphane Lessard) - image 3.0

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Les pompiers ont pu récupérer quelques effets, dont ces tiroirs qui contenaient des papiers d'assurances à moitié calcinés.

Stéphane Lessard

Entraide

Selon l'entente prise avec la Ville de Shawinigan, la Croix-Rouge a pris en charge les sinistrés qui ne pouvaient se reloger. En tout, douze adultes et trois enfants ont été pris en charge pour un minimum de trois jours, explique le directeur des communications de la Ville, François Saint-Onge.

Par ailleurs, une campagne pour venir en aide aux sinistrés a été lancée sur Facebook par une citoyenne, Julie Boissel, sur la page nommée «Aide sinistré Shawinigan». La dame ne connaissait pas les sinistrés, mais indique plutôt avoir agi de façon désintéressée, uniquement pour aider. «Ces gens-là n'ont plus rien du tout. Les besoins sont grands, ça va même jusqu'au savon et au papier de toilette. Ils repartent à zéro et je suis certaine que la communauté peut se mobiliser pour les aider», a-t-elle indiqué.

Les dons proposés par les internautes doivent être dirigés vers le Centre Roland-Bertrand, qui prendront en charge les dons et ont répondu aux appels, vendredi. Les sinistrés sont aussi invités à contacter l'organisme pour faire part de leurs besoins, a indiqué François Saint-Onge.

Vendredi après-midi, un Shawiniganais, Frédéric Beaulieu, a même offert, par le biais de cette page Facebook, de reloger certains sinistrés dans des appartements qu'il possède et qui sont déjà libres. M. Beaulieu, qui possède des appartements non loin du lieu du sinistre, a choisi d'offrir deux mois de loyer gratuits aux sinistrés qui voudront se relocaliser dans son immeuble.

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