Prison de Trois-Rivières: un ex-détenu déballe son sac

Éric Lefebvre en avait gros sur le coeur... (Albert Brunelle)

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Éric Lefebvre en avait gros sur le coeur à sa sortie du palais de justice de Trois-Rivières.

Albert Brunelle

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Albert Brunelle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Condamné jeudi pour possession de stupéfiants, Éric Lefebvre a fustigé les agents correctionnels à sa sortie du palais de justice. Il les accuse de l'avoir empêché de rendre visite à son fils mourant de neuf mois. M. Lefebvre affirme aussi avoir été battu par six agents correctionnels.

L'homme de 35 ans a été surpris par les agents du service correctionnel de la prison de Trois-Rivières. Il tentait alors de faire entrer du hashish entre les murs de l'établissement. L'homme a plaidé coupable et écopé d'une amende de 500 $ payable en 12 mois.

Pour M. Lefebvre, qui a déjà reçu des sentences de deux et six mois d'emprisonnement, la peine est clémente. C'est que, selon le juge, les circonstances sont très particulières. L'accusé subissait la pression de deux codétenus. Ceux-ci l'obligeaient à aller chercher la drogue sur le terrain de la prison, la cacher dans sa bouche, et la ramener à l'intérieur.

«J'ai eu peur de dénoncer», avoue-t-il. Selon son témoignage, les deux individus menaçaient de le battre, l'un d'eux aurait d'ailleurs fini par passer à l'acte.

«Les gars des cellules du haut ne sortaient jamais en même temps que ceux du bas pour des raisons de sécurité. L'un de mes intimidateurs a placé un morceau d'aimant sous le piston de sa porte, et lorsque je suis sorti, il est sorti de sa cellule et m'a battu», raconte l'ex-détenu.

Tout ça n'aurait toutefois pas été possible si les agents correctionnels avaient vérifié que les portes étaient bien barrées. «À toutes les fois où un étage sortait, les agents vérifiaient si les portes de ceux qui rentraient dans leur cellule étaient barrées. Et, c'est drôle, la fois où je me suis fait battre, ils ne l'ont pas fait», prétend le trentenaire.

Éric Lefebvre en a d'ailleurs beaucoup sur le coeur concernant le travail des agents correctionnels à son endroit. Alors que son enfant de neuf mois était gravement malade, un employé de la prison aurait omis de lui signifier que le petit était sur le point de décéder. «J'ai appris le décès de mon fils quatre jours en retard. J'étais dans tous mes états et on m'a envoyé dans le ''trou'' pour me calmer. C'est là qu'ils sont venus à six pour me battre», allègue M. Lefebvre en montrant du doigt la dent qui aurait été brisée dans l'altercation.

«Quand j'ai voulu accéder aux caméras de surveillance pour soutenir ma plainte, c'est drôle, elles avaient été fermées», ironise-t-il.

M. Lefebvre affirme qu'une fois sa plainte déposée, la situation avec les agents s'est empirée. «Quand je suis revenu à la prison de Trois-Rivières [à la suite du dépôt de la plainte], laissez-moi vous dire qu'ils m'embêtaient avec tout. Quand mes parents venaient en visite, ils leur disaient qu'une intervention empêchait que je puisse les rencontrer. Mais il n'y avait aucune intervention en cour», ajoutait-il.

La direction des services correctionnels de la prison de Trois-Rivières n'a pas retourné les appels du Nouvelliste.

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