Des collègues témoignent au procès de l'éducateur Patrick Chabot

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Patrick Chabot est cet éducateur spécialisé accusé de voies de fait sur des élèves déficients de l'école Val-Mauricie à Shawinigan.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Plusieurs collègues et ex-collègues de Patrick Chabot, cet éducateur spécialisé accusé de voies de fait sur des élèves déficients de l'école Val-Mauricie à Shawinigan, ont défilé, mardi, à la barre des témoins dans le cadre de son procès pour dénoncer son comportement.

La plupart n'ont pas relaté des gestes d'une grande violence ayant causé des blessures physiques aux sept présumées victimes. Pourtant, son comportement au sein du secteur Soleil aurait été suffisamment agressif et inapproprié pour déclencher au sein du personnel de la colère et de la stupéfaction compte tenu de la vulnérabilité de la clientèle et même, de la peur.

C'est le cas de Chantal Paquette, une technicienne en éducation spécialisée. Elle se rappelle avoir entendu un bruit dans un corridor et d'avoir vu Patrick Chabot en train de maintenir par le collet un élève, dos au mur, tout en agitant un doigt sermonneur.

Elle se rappelle alors d'avoir figé et surtout, d'avoir eu peur. Elle n'a d'ailleurs pas été en mesure de réprimer ses sanglots en racontant cet événement.

«Je ne voulais pas qu'il me voit. J'ai eu peur de lui. Je savais qu'un jour je devrais en parler à la direction», a-t-elle mentionné, précisant qu'à cette époque, il avait déjà fait l'objet de signalements et qu'il était à la recherche du ou des délateurs.

Sylvie Lagacé, une surveillante, aurait pour sa part été témoin de trois jambettes faites à un adolescent. Elle se rappelle aussi qu'il souriait en posant ces gestes. Déçue, elle s'était empressée de faire un rapport à la direction de l'école.

En fait, plusieurs de ses collègues auraient non seulement noté des gestes portant atteinte à l'intégrité physique des élèves mais aussi le fait qu'il souriait en les posant. Sylvie Fafard a raconté l'avoir vu maintenir par terre une élève et de lui avoir écrasé les doigts au sol avec son pied. Elle l'aurait vu agir de la sorte à une dizaine de reprises.

«Il trouvait ça drôle pendant que la victime était en colère et qu'elle tentait de le mordre pour se défendre mais sans y parvenir», a-t-elle indiqué.

Interrogée par le juge Rosaire Larouche sur les raisons qui le poussaient à agir de la sorte avec cette adolescente, à savoir par exemple s'il s'agissait d'un jeu, Mme Fafard a dit l'ignorer.

Toujours selon Mme Fafard, il lui arrivait souvent de retenir cette même élève dans un coin avec un pupitre devant elle ou encore de manger une partie de son repas, payé par ses parents, sous prétexte qu'elle n'allait pas tout manger.

Depuis le début de ce procès, d'autres collègues auraient aussi vu Patrick Chabot lui écraser les doigts au sol avec son pied ou d'appuyer sur ceux-ci.

Nicole Filion a raconté l'avoir vu retirer la chaise de cette élève alors qu'elle apprêtait à s'asseoir. Elle était ensuite tombée sur le plancher.

À la lumière des témoignages entendus depuis le début de la semaine, cette élève aurait d'ailleurs souvent été victime des présumés agissements de Patrick Chabot. «Quand elle le voyait, elle devenait agressive et elle voulait le mordre ou le pincer», a ajouté Mme Fafard.

Chantale Tourigny a elle aussi remarqué que leur relation n'était pas facile. Elle a été témoin personnellement d'une fois où il lui a pilé sur les doigts. «Il a ensuite continué son chemin comme si ce n'était pas grave. Ça n'avait pas de bon sens. C'était un geste volontaire à quelque part», a-t-elle indiqué.

Carmen Hayes, une autre collègue, l'a vu agripper un élève qui ne voulait pas entrer dans l'autobus afin qu'il monte les marches, et ce, de façon énergique. «On est là pour aider ces jeunes et les rassurer. Pour moi, c'était un manque de respect», a-t-elle déploré.

Le procès va se poursuivre, mercredi, avec les derniers témoins de la procureure de la Couronne, Me Vicky Belleville. Par la suite, ce sera au tour de l'avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, de faire entendre ses témoins le cas échéant.

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