Un propriétaire agressé par son locataire

Normand Morel a reçu un coup de pied... (Courtoisie)

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Normand Morel a reçu un coup de pied au visage de la part d'un locataire.

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(Trois-Rivières) Être propriétaire d'appartements locatifs entraîne inévitablement son lot de problèmes quotidiens, avec les imprévus et les travaux.

Michèle Guay, propriétaire d'appartements à Trois-Rivières. ... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Michèle Guay, propriétaire d'appartements à Trois-Rivières. 

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Toutefois, recevoir un coup de pied au visage de la part du conjoint d'une locataire qui n'aurait pas payé son loyer depuis janvier dernier est tout sauf normal. Cette situation s'est toutefois produite à Trois-Rivières la semaine dernière.

Le 23 juin dernier, Michèle Guay et son conjoint Normand Morel se sont rendus à l'appartement d'une locataire de Trois-Rivières où elle habite avec son conjoint. Ils souhaitaient la rencontrer car la dame n'aurait pas payé son loyer depuis le mois de janvier.

De plus, cette locataire doit quitter son appartement de la rue Nérée-Duplessis à la fin de cette semaine, mais les propriétaires affirment ne jamais avoir eu accès au logement pour le faire visiter.

«J'étais allée faire du ménage dans l'appartement du bas, car le locataire était parti», explique Michèle Guay, propriétaire de l'immeuble avec son conjoint.

«Le gestionnaire de l'immeuble est alors venu me voir pour qu'on aille rencontrer la locataire de l'étage. Nous sommes allés cogner et son jeune fils nous disait qu'elle n'était pas disponible. Pourtant, on l'entendait parler à l'intérieur.»

Constatant que la locataire était sur place, la propriétaire a cogné à nouveau en lui disant qu'elle devait lui parler.

«Je voulais savoir quand je pouvais faire visiter le loyer, car elle s'en va et nous n'avons jamais été capables de le faire visiter», affirme Mme Guay. «Je ne peux pas l'annoncer, je ne peux pas rien faire. On ne peut pas rentrer dans le loyer sans sa permission.»

Michèle Guay avoue qu'elle a alors «tâté» la poignée de la porte pour se rendre compte que la serrure n'était pas verrouillée.

«La porte s'est ouverte, mais je l'ai refermée tout de suite», assure la propriétaire. «La locataire m'a crié qu'elle allait appeler la police. Je lui ai répondu de le faire, car elle me doit de l'argent, que je dois faire visiter et qu'elle ne me parle pas.»

C'est à ce moment que le conjoint de la dame, qui réside également à cet endroit, est allé à la rencontre des deux propriétaires. Le ton des échanges a rapidement monté, si bien que M. Morel s'est interposé pour calmer la situation.

«Le locataire est alors parti vers son appartement. Mon conjoint l'a suivi jusqu'à la première marche. Le locataire s'est retourné et lui a donné un coup de pied au visage avec sa botte de sécurité», soutient Mme Guay.

Normand Morel a reçu le coup directement sur le nez. Celui-ci s'est aussitôt mis à saigner abondamment et M. Morel avait mal au cou. Mme Guay a aussitôt communiqué avec le 911 et une ambulance s'est déplacée sur les lieux. L'homme a alors été conduit au centre hospitalier.

Quelques jours après les événements, Normand Morel a toujours des ecchymoses sous les yeux et sur le nez.

Les policiers ont rencontré la victime à l'urgence où ils ont pris sa déposition. L'agente Carole Arbelot, porte-parole de la police de la Sécurité publique de Trois-Rivières, confirme qu'une plainte a été enregistrée par les propriétaires. Elle indique de plus que le dossier a été déposé au bureau du procureur des poursuites criminelles et pénales de Trois-Rivières. Celui-ci prendra la décision de déposer ou non des accusations.

Pour Ugo De Montigny, propriétaire de Gestion immobilières De Montigny et fils de Michèle Guay, ces événements démontrent les difficultés auxquelles sont confrontés les propriétaires d'immeubles locatifs. Il affirme de plus qu'il ne comprend pas que les policiers n'aient pas arrêté l'homme qui a frappé Normand Morel.

«De la violence verbale, c'est fréquent. Mais c'était la première fois que je voyais de la violence physique», avoue M. De Montigny.

«Et la police n'a pas arrêté la personne. Normand [Morel] a défendu ma mère. On ne trouve pas ça normal. Et on l'a dit aux policiers. C'est vraiment ridicule.»

Ugo De Montigny soutient de plus que Normand Morel a maintenant peur de retourner sur place.

«Il a peur d'aller là et ce sont ses appartements. Et on ne peut même pas demander d'avis pour que l'homme qui l'a frappé ne se retrouve pas à moins de 100 mètres des lieux. Son nom n'est même pas sur le bail», poursuit-il.

Des recours ont été entamés à la Régie du logement par les propriétaires afin de récupérer les six mois de loyer impayés. Toutefois, ils indiquent que le dossier est en traitement depuis environ plusieurs mois en raison de l'encombrement du système.

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