Un éducateur spécialisé accusé de voies de fait

Le procès de Patrick Chabot se déroule au... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Le procès de Patrick Chabot se déroule au palais de justice de Shawinigan.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un éducateur spécialisé âgé de 45 ans, Patrick Chabot, subit présentement son procès pour des voies de fait qui auraient été perpétrées sur des élèves déficients de l'école secondaire Val-Mauricie.

Le prévenu travaillait dans la section Soleil de l'établissement, où on offre des services spécialisés à des jeunes âgés entre 12 et 21 ans qui souffrent de déficiences intellectuelles et de troubles de l'autisme.

Entre septembre 2010 et mars 2012, Patrick Chabot aurait malmené sept élèves qui étaient à l'époque âgés entre 15 et 19 ans, ce qui a donné lieu au dépôt de neuf chefs d'accusations pour voies de fait contre lui. Il avait alors été suspendu de ses fonctions par la Commission scolaire de l'Énergie.

Comme l'a précisé la procureure de la Couronne, Me Vicky Belleville, les gestes reprochés sont principalement d'avoir marché sur les doigts d'une élève, d'avoir poussé des personnes ayant un équilibre très fragile et d'avoir fait des jambettes.

Une ancienne collègue de travail du prévenu, Jane Lajoie, également éducatrice spécialisée, soutient avoir été témoin de situations qu'elle a qualifiées d'agressions envers des élèves.

Elle l'aurait vu marcher sur les doigts d'une élève qui avait tenté de l'agripper. À une autre reprise, alors que cette même adolescente était assise sur le gazon, le suspect l'aurait poussée afin qu'elle tombe sur le sol pour ensuite embarquer sur elle de façon à lui coincer les bras au-dessus de la tête.

Il aurait également tenté de déclencher une bagarre entre deux élèves en les plaçant côte à côte à une table. Selon Mme Lajoie, il aurait alors dit: «Ils vont savoir ce que ça fait de se faire attaquer». Elle ne se rappelle pas par contre s'il y avait finalement eu une altercation. Enfin, elle l'a vu pousser à deux mains un élève dans le dos au point où celui-ci a atterri sur les genoux.

Lise Lambert, une enseignante en adaptation scolaire, a pour sa part indiqué avoir vu Patrick Chabot enlever de la nourriture aux élèves afin de la manger. À quelques reprises, il aurait également mis son index sur l'épaule d'une élève afin de la faire tomber, déclenchant ainsi une crise de colère.

«Je ne peux pas dire si son geste était volontaire et s'il a employé de la force, mais ça ne prenait pas grand-chose pour la déséquilibrer et la faire tomber», a-t-elle relaté.

Selon elle, il trouvait ça drôle alors que l'élève tentait de l'agripper par la cheville et qu'il s'éloignait. Dans le cadre du contre-interrogatoire effectué par l'avocate du prévenu, Me Pénélope Provencher, elle a précisé que s'il tentait parfois de s'amuser avec les élèves, il agissait de façon inadéquate.

On a aussi pu entendre Louise Dauphinais, la directrice adjointe aux services éducatifs de la Commission scolaire de l'Énergie. Elle a entre autres expliqué le fonctionnement de la section Soleil et dressé un portrait de la clientèle qu'on y retrouve.

Il s'agit en effet de personnes qui vivent des retards dans leur développement et dans leur apprentissage. Leurs capacités cognitives et d'adaptation sont limitées. La majorité a de la difficulté à communiquer. Certains souffrent aussi de problèmes qui fragilisent grandement leur équilibre et leurs déplacements.

Martine Allard était pour sa part directrice adjointe de l'école secondaire Val-Mauricie au moment des faits allégués. Elle n'a jamais été témoin des événements reprochés à Patrick Chabot mais a reçu des signalements le concernant, ce qui a donné lieu à une enquête interne.

Or, elle a aussi reconnu qu'il ne serait pas le seul membre du personnel dont les comportements considérés douteux ont été signalés à la direction.

Elle a précisé que la force physique est utilisée contre les élèves uniquement en cas de danger. La clientèle est en effet capable de se montrer agressive et violente. D'autres méthodes plus douces sont privilégiées. Des formations sont d'ailleurs données.

Le procès va se poursuivre mardi.

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