Palais de justice de La Tuque: «On veut que ça bouge»

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(La Tuque) Depuis plusieurs années et plus particulièrement dans les derniers mois, les avocats dénoncent l'état du palais de justice de La Tuque. La confidentialité quasi inexistante et le manqué flagrant de sécurité refont surface une fois de plus à la suite de la récente prise d'otage au Centre de détention de Sept-Îles. Le bâtonnier de la Mauricie a même interpellé la députée de Laviolette, Julie Boulet, dans le dossier.

Les avocats doivent rencontrer leurs clients dans une... - image 1.0

Agrandir

Les avocats doivent rencontrer leurs clients dans une cellule comme celle-ci, ou dans la petite salle de bain des agents correctionnels. 

«Dans la lettre envoyée, on mentionne que le barreau de la Mauricie est préoccupé par les rénovations du palais de justice, notamment pour des questions de sécurité et de confidentialité. [...] On veut que ça bouge. Quand on voit des choses comme à Sept-Îles, vous comprendrez qu'on ne veut pas que ça n'arrive nulle part ailleurs», a commenté le bâtonnier de la Mauricie, Me Simon Ricard.

L'avocate Mélanie Ricard avait vivement dénoncé les conditions du palais de justice de La Tuque, dont le quartier cellulaire qui est, selon plusieurs, inefficace et dangereux.

«C'est certain que quand j'ai vu ce qu'il s'était passé à Sept-Îles, la première chose qui m'est venue en tête, c'est le palais de justice de La Tuque. Ça pourrait très bien arriver ici vu la proximité, vu le manque d'espace. Je le dénonce depuis le début. Les avocats ne sont pas en sécurité quand ils rencontrent leurs clients. Les agents correctionnels non plus ne sont pas en sécurité dans l'exécution de leur travail», a-t-elle souligné.

Le ministère de la Justice a confirmé qu'un projet était bel et bien sur les rails. On parle d'un agrandissement du quartier cellulaire et de la ségrégation des circulations des différentes clientèles.

Il faut dire qu'actuellement, accusés, victimes, juges et avocats circulent dans le même couloir qui, certains jours, peinent à accueillir tout le monde. Il n'est pas rare de voir les gens déborder dans les corridors du Carrefour La Tuque.

«Le scénario d'occupation initial a dû être révisé en raison de problématiques rencontrées concernant la capacité portante de la dalle de plancher du bâtiment. Nous en sommes donc à redéfinir le scénario détaillé d'occupation, les coûts du projet ainsi que l'échéancier de réalisation avec la Société québécoise des infrastructures (SQI). Par conséquent, il est trop tôt, à ce stade-ci, pour s'avancer davantage au niveau des plans et des délais», a fait savoir Paul-Jean Charest, conseiller en communication au ministère de la Justice.

Au barreau de la Mauricie par ailleurs, on a la vive impression que les rénovations du palais de justice ne font pas partie des priorités et on s'en désole.

«Dans une réunion qu'on a eue en janvier dernier, on a compris que le palais de justice de La Tuque n'était pas dans les priorités et que ce n'était pas dans les urgences. C'est étudié et discuté, mais pas dans le haut de l'échelle des priorités», a fait savoir Me Ricard

«On veut que ça bouge, on veut que le projet démarre officiellement», a-t-il lancé.

Le Carrefour La Tuque pour sa part a, depuis novembre dernier, toutes les autorisations requises pour mettre à exécution les plans.

Dans le règlement de modification de zonage de la Ville de La Tuque on explique que le projet du Carrefour nécessite la démolition d'un bâtiment adjacent. On demande l'agrandissement de la zone commerciale puisque le palais de justice envisage de changer de place dans le carrefour. On peut également lire dans le document que le stationnement et l'escalier extérieur, qui devraient être complètement clôturés, serviront exclusivement à la magistrature et au service carcéral.

Les dirigeants du Carrefour commenceront bientôt d'importantes rénovations au rez-de-chaussée, mais rien de prévu à ce moment pour le 1er étage, où l'on retrouve le palais de justice.

«C'est lettre morte concernant le palais de justice. Je n'ai pas de nouvelles», a fait savoir Sylvain Dufour, le gestionnaire du Carrefour.

Rappelons qu'en septembre dernier, le syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ) s'était aussi dit préoccupé par la situation du palais de justice de La Tuque.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer