Exploitation sexuelle: Bergeron écope de 90 jours

Marc Bergeron devra purger 90 jours de prison.... (François Gervais)

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Marc Bergeron devra purger 90 jours de prison.

François Gervais

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Marc Bergeron, un ingénieur forestier de Sainte-Thècle, devra purger 90 jours de prison discontinue pour avoir exploité sexuellement une mineure.

C'est la sentence qui a été rendue, jeudi, par le juge David Bouchard au palais de justice de Shawinigan. Même si la procureure de la Couronne, Me Catherine Vincent, réclamait deux ans moins un jour de prison ferme, il estime que la reconnaissance des faits par l'accusé, ses remords, son empathie, sa réhabilitation et ses responsabilités professionnelles et familiales militent en faveur d'une peine discontinue. Il a donc opté pour 90 jours de prison les fins de semaine alors que la peine minimale était de 45 jours.

Rappelons que Marc Bergeron a eu des relations sexuelles complètes avec une adolescente dans le cadre d'une histoire d'amour réciproque. Son mariage battait alors de l'aile et il s'est épris de cette jeune adolescente avec qui il était en situation de confiance. La preuve a relevé que Bergeron lui avait même écrit des lettres d'amour. Or, la victime avait finalement dénoncé la situation à sa mère, ce qui avait entraîné le dépôt d'une plainte aux policiers.

La période visée par l'infraction se situe entre novembre 2008 et avril 2010. En 2008, la victime était âgée de 16 ans alors que lui en avait 36. Il a plaidé coupable pour ces événements juste avant la tenue de son enquête préliminaire en octobre dernier.

D'autres accusations avaient également été portées contre lui pour des contacts sexuels et de l'exploitation sexuelle contre la même jeune fille alors qu'elle n'avait que 14 ans, soit entre 2006 et 2008, mais celles-ci avaient fait l'objet d'un acquittement.

Lors des plaidoiries sur sentence, la Couronne avait insisté sur les facteurs de dénonciation et dissuasion mais la défense avait plutôt plaidé en faveur de l'individualisation de la peine en rappelant que la jeune fille était consentante. Me Maurice Biron avait ainsi suggéré une peine variant entre 45 et 90 jours de prison discontinue.

Le juge a tout d'abord noté que l'accusé avait reconnu les faits et sa responsabilité. Il l'a aussi cru lorsque celui-ci a dit regretter le mal qu'il avait fait à la victime et à ses proches.

Le tribunal a aussi tenu compte de ses carences affectives et de son immaturité sur le plan de ses relations interpersonnelles. Ce sont celles-ci qui seraient à l'origine du passage à l'acte. Le rapport présentenciel a d'ailleurs confirmé cette problématique. Qui plus est, le prévenu n'a pas attendu la fin des procédures judiciaires pour entreprendre un cheminement thérapeutique.

Marc Bergeron est non seulement le père de trois enfants mais il est aussi le directeur et coactionnaire d'une usine à Sainte-Thècle qui embauche une quinzaine de personnes. Selon le juge, il est donc nécessaire qu'il puisse maintenir son emploi et s'occuper de sa famille.

Pour toutes ces raisons, il a donc conclu qu'une longue peine de prison risquerait de créer des dommages collatéraux chez ses proches et ses employés.

Certes, il a aussi tenu compte de la grande culpabilité ressentie par la victime depuis le dévoilement et d'avoir été privée d'une adolescence normale. Encore aujourd'hui, elle a des blessures émotives et doit vivre avec les impacts de cette affaire étant la cible de jugements désobligeants de la part de certaines personnes mais elle a malgré tout réussi à refaire sa vie.

Or, le juge a rappelé que la justice n'est pas un exercice de vengeance. Il a d'ailleurs précisé que les événements sont survenus dans le cadre d'une relation illégitime mais consensuelle. La victime était une adolescente en position de vulnérabilité mais celle-ci n'a pas subi de violence extrinsèque. Il souhaite que la conclusion de cette affaire pourra éventuellement lui permettre de retrouver une certaine sérénité.

Outre les 90 jours de prison, Marc Bergeron sera également soumis à une probation pendant deux ans avec un suivi auprès de son thérapeute. Il sera également inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.

À sa sortie de la salle d'audiences, la mère de la victime, dont on doit taire le nom en vertu d'une ordonnance de non-publication, n'a pas caché sa grande déception. «Non je ne suis pas contente. Cette sentence n'est pas assez sévère. La loi, ce n'est rien au fond. En réalité, cette histoire est beaucoup plus grave puisqu'il a commencé à avoir des relations avec elle bien avant. On dirait que l'accusé est davantage protégé que la victime dans cette affaire», a-t-elle déploré.

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