Alexis Vadeboncoeur: un pas de plus vers une poursuite

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Alexis Vadeboncoeur, dont les images de l'arrestation avaient défrayé les manchettes, avait voulu dès juin 2013 intenter une poursuite de 2,3 millions $ contre les quatre policiers en cause.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un pas de plus a été franchi, mardi, dans le projet d'Alexis Vadeboncoeur de poursuivre pour 2,3 millions $ les policiers de Trois-Rivières qui ont procédé à son arrestation en février 2013.

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Me René Duval

François Gervais, Le Nouvelliste

Fort d'une décision de la Cour d'appel, son avocat Me René Duval s'est en effet présenté devant la Cour supérieure pour présenter une nouvelle requête visant à être relevé du défaut d'inscrire la cause avant l'expiration du délai.

On se rappellera que le jeune homme, dont les images de l'arrestation avaient défrayé les manchettes, avait voulu dès juin 2013 intenter une poursuite de 2,3 millions $ contre les quatre policiers en cause. Or, le dossier n'avait pu être inscrit dans les délais prévus soit avant le 25 novembre 2013. Une première requête avait alors été présentée en Cour supérieure pour être relevé de ce défaut mais en vain. Du même coup, les possibilités de poursuites d'Alexis Vadeboncoeur avaient en quelque sorte été réduites à néant. C'est finalement la Cour d'appel qui avait retourné le dossier à sa case départ en permettant à l'avocat du jeune homme de présenter une nouvelle requête pour être relevé du défaut.

Celle-ci a donc eu lieu mardi devant le juge Simon Ruel. Me Duval a notamment expliqué avoir été dans l'impossibilité d'agir en raison du comportement de son client mais aussi de sa perception d'un certain «fair-play» avec la partie adverse vu les circonstances.

À ce sujet, il a rappelé que la juge Julie Dutil de la Cour d'appel avait même noté dans son jugement que toutes les parties s'étaient comportées comme si le délai du 25 novembre 2013 n'existait pas. D'une part, les policiers avaient déposé une requête en suspension des procédures en août 2013. Les parties avaient alors convenu de suspendre les instances pendant deux mois jusqu'au jugement qui, on le sait, avait été défavorable pour les policiers.

Cela avait entraîné un report de l'interrogatoire avant défense de Vadeboncoeur, prévu le 21 septembre 2013. À ce moment, Vadeboncoeur venait justement de terminer sa thérapie et il était en liberté. Cet interrogatoire avait donc été reporté en janvier 2014. Sur ce point, Me Duval estime justement avoir cru que cette décision était de consentement mutuel et ne pourrait lui être imputée.

Le hic est que le jeune homme est ensuite devenu introuvable pour son interrogatoire. Il s'était en effet évadé de la maison de thérapie où il se trouvait à la suite d'une nouvelle arrestation pour possession de cannabis. Ce n'est pas avant le 14 mars 2014 qu'il a finalement été arrêté. Et c'est en avril que Me Duval a tenté d'être relevé du défaut d'inscrire la cause.

Or, le litige actuel porte justement sur la période comprise entre janvier 2014 et avril 2014. L'avocat des policiers, Me Jean-François P. Raymond, reproche même à Me Duval d'avoir commis une grave négligence et que par conséquent, sa requête doit être rejetée.

En ce qui concerne les délais imputables au report de l'interrogatoire, il soutient qu'il n'y avait aucune entente tacite, ni chèque en blanc pour les quatre mois suivants. Selon lui, si Alexis Vadeboncoeur a plaidé coupable en avril au niveau criminel, il était en mesure de signer un affidavit pour exposer l'erreur commise par son avocat.

Me Duval admet pour sa part que les communications ont été difficiles, voire impossibles, avec son client surtout lors de sa cavale. Par la suite, ce dernier a vécu un sevrage important. Et finalement, il a été obsédé par la sentence à laquelle il faisait face. «Je le confesse, je n'ai pas réussi à le convaincre de penser à autre chose que la sentence», a-t-il mentionné.

Toutefois, il a précisé que même s'il avait été l'avocat le plus négligent du Québec, ce dont il doute, ce n'est pas une raison pour faire perdre les droits à son client, tout en rappelant que la Cour d'appel avait été claire à ce sujet.

Le juge a pris la cause en délibéré. S'il donne raison à Me Duval, la poursuite pourra être entreprise. Sinon, elle risque de tomber à l'eau.

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