Arnaque de grands-parents: des victimes âgées entre 70 et 91 ans

Steven Devantro, un individu de 34 ans de Montréal qui serait l'auteur de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Steven Devantro, un individu de 34 ans de Montréal qui serait l'auteur de plusieurs arnaques de grands-parents dans la région, a échoué ce lundi dans sa tentative de reprendre sa liberté pour la durée des procédures judiciaires.

Le juge Jacques Trudel a en effet conclu que le prévenu n'offrait pas de garanties suffisantes au tribunal pour assurer la sécurité de la population compte tenu de la preuve recueillie contre lui et de ses antécédents judiciaires. Il a ainsi donné suite aux demandes de la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, qui s'opposait à une remise en liberté.

La preuve recueillie à ce jour par la Sûreté du Québec lui attribue au moins 26 dossiers d'arnaque de type grands-parents dans la région de la Mauricie, à Drummondville, Cowansville, Saint-Jérome, Montréal et Valleyfield depuis novembre 2015. Ses présumées victimes avaient entre 70 et 91 ans.

À toutes ces femmes, il aurait escroqué un total de 53 400 $. Le montant pouvait varier d'une personne à l'autre mais se situait aux environs de 5000 $ chacune. Or, dans certains cas, il en aurait profité pour en demander toujours plus.

Une dame de Saint-Jérome a notamment été flouée de 19 000 $. Quant au montant relié aux tentatives de fraude, il est de 64 000 $.

Uniquement dans notre région, Devantro aurait fait deux victimes à Trois-Rivières, une à Nicolet, une autre à Shawinigan et une dernière à Louiseville.

Selon ce qu'on a pu apprendre lundi dans le cadre de son enquête sur caution, Devantro, un bénéficiaire de l'aide sociale qui vit à Montréal, avait mis au point un modus operandi plutôt détaillé.

D'une part, les victimes, toutes des femmes, étaient repérées à partir de leur prénom plus ancien via le Canada 411. C'est ainsi que les Yolande, Thérèse, Cécile et Simone étaient privilégiées.

Lors de la perquisition à son domicile, les policiers avaient d'ailleurs retrouvé sur son ordinateur une copie de la page de recherche de Canada 411 présentant les coordonnées des Gisèle demeurant dans le secteur de Rosemont à Montréal.

Les femmes étaient ensuite contactées par téléphone par un homme qui se présentait comme leur petit-fils et qui disait avoir besoin d'argent rapidement parce qu'il venait d'être arrêté par les policiers et même impliqué dans un accident. Il demandait non seulement à la dame de l'aider mais aussi de n'en parler à personne.

L'enquêteure Michèle Boily a précisé que l'arnaqueur ne connaissait pas le prénom du petit-fils. Souvent, c'est la victime qui finissait par le glisser dans la discussion.

Dans le doute, le suspect pouvait utiliser différentes techniques et se présenter par exemple comme le plus tannant de la famille. Un scénario écrit avec des alternatives avait même été fait pour guider l'homme qui appelait dans les réponses à formuler. Ainsi, si la grand-maman disait qu'elle ne reconnaissait pas la voix de son interlocuteur, il pouvait lui répondre qu'il avait la grippe ou mettre la faute sur son téléphone.

Pour ajouter de la crédibilité à l'arnaque, un autre individu pouvait se faire passer par un policier. Par la suite, des individus étaient embauchés pour se rendre aux adresses des victimes et percevoir l'argent.

On se rappellera que deux d'entre eux avaient justement été arrêtés le 2 février dernier à Trois-Rivières, soit Alexandre Dubé, 20 ans, et Sébastien David Perez Sauvé, 19 ans, tous les deux de Saint-Jérôme.

Les suspects venaient d'extorquer une dame de Trois-Rivières en utilisant le même modus operandi. Ils lui avaient tout d'abord soutiré 5000 $.

Le lendemain, ils avaient tenté de l'arnaquer pour un 2000 $ supplémentaire mais en vain. Ils avaient été arrêtés grâce à l'implication des deux fils de la dame qui avaient découvert le pot aux roses et la collaboration de la police.

Lors de déclaration aux policiers, les suspects avaient d'ailleurs identifié Devantro comme le «boss» à qui ils remettaient l'argent des arnaques.

Devantro avait finalement été arrêté le 31 mars dernier à Montréal alors qu'il était en liberté illégale. Il se trouvait alors devant la résidence d'une victime.

La police n'exclut pas la possibilité qu'il serait le responsable de plusieurs autres fraudes au Québec. L'enquête est toujours en cours.

Notons aussi qu'il a des antécédents judiciaires en matière de vol, drogue et bris de probation.

Le dossier de Devantro a été remis pour la forme au 20 juillet.

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