Négligence envers des chiens de traîneaux: 1800 $ d'amendes

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Un individu de Saint-Alexis-des-Monts, Luc Gélinas, a été contraint de se départir de ses chiens de traîneaux en plus de payer des amendes totalisant 1800 $ plus les frais pour avoir fait preuve de négligence envers ceux-ci.

Le juge Gaétan Ratté lui a seulement permis d'avoir deux animaux, et ce, pour les cinq prochaines années.

Les faits qui lui sont reprochés datent de 2014. Gélinas offrait des randonnées touristiques en traîneau avec ses chiens.

À cette époque, il avait pas moins de 117 chiens en sa possession, principalement des Huskies. Le MAPAQ a évidemment fait une visite de ses installations compte tenu du nombre d'animaux.

Or, les inspecteurs ont relevé plusieurs manquements, ce qui a donné lieu à l'émission de trois constats d'infraction pour ne pas s'être assuré que les chiens vivaient dans un endroit propre, pour des abris et des niches non conformes et sécuritaires et pour des laisses et attaches qui ne répondaient pas aux normes en la matière. À titre d'exemple, il ne restait qu'un pied de laisse à l'un des chiens qui était coincé contre un poteau après s'y être enroulé.

Dans le cadre des procédures judiciaires intentées contre lui, Gélinas a plus tard plaidé coupable aux infractions, mais avant que la sentence ne soit rendue, le tribunal a voulu vérifier s'il allait améliorer ses installations et son comportement vis-à-vis les animaux.

Or, le juge n'a pas noté de réelle amélioration au fil des mois. Certes, l'individu s'est débarrassé de certains chiens pour n'en garder qu'une soixantaine même s'il n'avait pas de permis en ce sens. La loi prévoit en effet qu'il peut en avoir un maximum de 14.

Encore là, il s'est départi du surplus pour en garder le nombre réglementaire, bien que certains doutes subsistent à ce sujet encore aujourd'hui. Le juge a d'ailleurs noté qu'il avait tout simplement placé des animaux et «tenté de jouer sur la ligne».

Quant à la condition des chiens, les visites subséquentes du MAPAQ n'ont guère été plus concluantes. Les chiens manquaient de soins, ils étaient maigres et vivaient dans des conditions d'insalubrité, entourés d'excréments et de déchets, sans endroit sec et propre pour se reposer. Deux chiens ont même été retrouvés morts et un troisième a dû être euthanasié.

Dans la sentence prononcée le 13 mai dernier, le juge Ratté a rappelé que les animaux ont non seulement besoin de soins de base mais aussi d'affection.

«Il ne suffit pas de leur donner un bouillon le soir avec de la moulée. Je ne veux pas dire que vous êtes une mauvaise personne. Je ne vous accuse pas d'avoir battu des animaux et de les avoir torturés comme j'ai déjà vu. Vous n'êtes pas le pire cas, mais pas le moindre non plus», a-t-il précisé.

Cependant, même si Luc Gélinas a plaidé le fait qu'il n'avait pas le temps en raison d'un autre travail, le tribunal croit qu'il se devait «de leur fournir de l'eau et un enclos dans lequel les chiens peuvent s'étirer sans pourtant aller dans le lot voisin pour se battre ou s'étouffer avec leur chaîne».

Selon lui, il est clair qu'il n'a pas été en mesure de démontrer qu'il pouvait garder des animaux. Il a donc ordonné la confiscation de ses animaux, l'autorisant à en garder deux seulement.

Me Stéphanie Saulnier-Bridges, procureure aux poursuites criminelles et pénales, s'est dite satisfaite de la sentence. «C'est exactement la demande que nous avions faite, soit celle de limiter le nombre d'animaux», a-t-elle mentionné.

Notons que les chiens sont présentement disponibles pour adoption à la SPA de la Mauricie.

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