Six mois de prison pour avoir menacé une procureure de la Couronne

Me Vicky Belleville avait subi des menaces de... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Me Vicky Belleville avait subi des menaces de la part de Gaétan Jr Despins.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Gaétan Jr Despins devra purger six mois de prison pour avoir menacé une procureure de la Couronne.

Le juge Rémy Bouchard a d'ailleurs été très clair, jeudi matin, en prononçant la sentence contre cet individu au lourd passé judiciaire.

«Un officier de la justice n'a pas à être exposé à des menaces et n'a pas à payer de souffrances pour l'accomplissement de son travail.»

Même si l'avocate de Despins avait réclamé 90 jours de prison discontinue ou encore six à neuf mois dans la collectivité, le tribunal estime qu'une peine de prison ferme s'impose dans les circonstances, surtout que Despins a plusieurs antécédents judiciaires pour des crimes de violence.

Le 12 septembre 2013, Gaétan Jr Despins avait rencontré un procureur de la Couronne dans les corridors du palais de justice de Shawinigan, Me Louis-Charles Bal. Les deux hommes ne sont pas amis mais ils se connaissent en raison notamment des activités sportives de leurs enfants.

Despins était alors en colère parce qu'il venait d'apprendre que la collègue de Me Bal, Me Vicky Belleville, avait porté des accusations de voies de fait contre lui dans un autre dossier. Il avait alors traité Me Belleville de «vache» et avait menacé de lui mettre son poing sur la gueule, tout en mimant le geste.

Une plainte avait ensuite été portée et un procureur d'un autre district, Me Jean Caron, avait été mandaté pour faire l'étude du dossier. Il avait finalement porté une accusation de menace et d'intimidation d'une personne associée au système judiciaire dans le but de nuire à l'exercice de ses attributions.

Au terme d'un procès, Despins avait été reconnu coupable sur le chef de menaces mais avait été acquitté sur l'autre chef.

Pour évaluer la sentence à lui imposer, le juge Bouchard a tenu compte de plusieurs éléments.

D'une part, même si le prévenu prétendait que ses paroles avaient dépassé sa pensée, il retient qu'en aucun temps il ne s'est préoccupé des conséquences que son délit avait eues sur la victime. Tout le contraire puisque Despins était davantage dérangé par les inconvénients qu'il avait lui-même subis. Il n'a jamais non plus manifesté d'empathie ou de remords.

Qui plus est, son rapport présentenciel confirme d'importants problèmes d'impulsivité et de colère que Despins n'a jamais tenté de régler par le biais de thérapies qui lui ont été proposées au fil des ans. Le risque de récidive est donc toujours présent.

Le tribunal a aussi tenu compte des impacts importants que ce geste avait eus sur la victime, Me Belleville.

Lors des plaidoiries sur sentence, cette dernière avait notamment raconté avoir été sous le choc en apprenant la nouvelle chez elle, au point de se dépêcher à verrouiller les portes. Elle savait très bien que Despins pouvait être violent.

Elle avait dû faire installer un système d'alarme à sa résidence et avait fait preuve d'une hyper vigilance dans les mois qui avaient suivi, puisqu'elle craignait de le rencontrer au palais de justice ou dans des lieux publics. Elle avait affirmé qu'il lui avait fallu beaucoup de temps pour retrouver une certaine quiétude de vie.

Selon le juge Bouchard, Me Bal avait lui aussi craint que cet individu s'en prenne à lui et sa famille s'il portait plainte, ce qui explique un certain délai avant d'aller voir les autorités. C'est finalement la sécurité de sa collègue qui avait eu le dessus dans sa réflexion.

Il l'a donc condamné à la prison ferme pendant six mois. La peine sera suivie d'une probation de trois ans avec suivi pendant deux ans. Durant toute cette période, il lui sera interdit de communiquer avec Me Bal et Me Belleville et même d'approcher leur résidence à moins de 500 mètres.

Il devra entreprendre et compléter la thérapie en lien avec la gestion de sa colère qui sera suggérée par l'agent de probation. Évidemment, il ne pourra pas avoir d'armes en sa possession.

À sa sortie de la salle d'audiences, le procureur de la Couronne Me Caron s'est dit satisfait de la sentence même s'il réclamait une peine entre 12 à 16 mois.

«Elle se situe dans la fourchette des peines», a indiqué celui qui se spécialise justement dans les dossiers de menaces et d'intimidation contre les procureurs et les juges.

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