Absolution conditionnelle pour David Pelletier

David Pelletier a finalement eu droit à une absolution conditionnelle pour... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) David Pelletier a finalement eu droit à une absolution conditionnelle pour avoir fait un mauvais parti à un rival avec l'aide du boxeur Simon Kean dans le cadre d'un triangle amoureux.

Il devra par contre verser des dons totalisant 4000 $ à des organismes de la région. Il devra également se soumettre à une probation pendant 18 mois au cours de laquelle il lui sera interdit de communiquer avec les victimes, de les importuner et de se rendre à leur domicile.

Le Trifluvien de 29 ans avait plaidé coupable, en novembre 2015, à des accusations de voies de fait causant des lésions corporelles et menaces de mort à l'endroit de Sonny Doucet. Il avait également reconnu s'être trouvé illégalement dans la maison de son ex-copine dans le but de commettre des voies de fait.

Les événements étaient survenus le 20 avril 2013. David Pelletier venait d'apprendre que la femme qu'il fréquentait, Myriam Veilleux, voyait un autre homme, en l'occurrence Sonny Doucet. Il avait commencé par lui envoyer des textos sans équivoque pour ensuite débarquer chez elle en pleine nuit pour infliger une raclée à Doucet. Il était alors accompagné du boxeur Simon Kean qui attendait à l'extérieur.

Pelletier et Doucet avaient commencé à se battre mais c'est Doucet qui avait eu le dessus sur son rival en l'immobilisant au sol. Alerté par les cris, Kean était arrivé dans la maison et avait retenu Doucet par derrière, ce qui avait permis à Pelletier de le frapper.

La victime avait notamment eu le nez fracturé et plusieurs contusions. Doucet avait aussi été menacé plus tard par le biais d'un autre message texte. Pelletier lui avait alors écrit avoir mis un contrat de 25 000 $ sur sa tête.

Dans cette cause, la procureure de la Couronne Me Catherine Lacoursière, avait réclamé une peine de 12 à 18 mois de prison alors que l'avocat de la défense, Me Jean-François Lauzon, avait plutôt plaidé en faveur d'une absolution conditionnelle.

Il avait insisté sur l'absence d'antécédents judiciaires de son client, sur le respect de ses conditions depuis son arrestation, sur son degré de responsabilisation et sur la nécessité pour son client de ne pas avoir de dossier judiciaire.

Le juge Pierre-L. Rousseau a clairement partagé son avis. En effet, en dépit de la gravité du crime, il a tenu compte du fait que David Pelletier est un actif pour la société.

À la lumière des témoignages entendus et de la preuve, il ne croit pas qu'une peine de prison respecterait les principes d'individualité et de proportionnalité.

Il a notamment rappelé que Simon Kean avait pour sa part écopé de dix mois de prison pour son implication. Certes, le boxeur n'était pas l'instigateur de cette raclée mais il comptait des antécédents judiciaires de violence et il était sur le coup d'une probation au moment des faits.

Le juge estime plutôt que David Pelletier a commis un écart de conduite parce qu'il était pris dans un «engrenage de mensonges répétés de la part de son ex». Toujours selon lui, il s'agissait donc d'une criminalité très situationnelle.

La suite aurait d'ailleurs démontré qu'il a retiré des leçons de cet événement, d'autant plus qu'il a fait quelques jours de détention et que la médiatisation de cette affaire a eu des impacts importants dans sa vie professionnelle, notamment sur le plan du financement d'un projet de resto-bar au centre-ville sur lequel il travaillait.

Il a aussi tenu compte d'un rapport présentenciel positif, du faible risque de récidive, des remords de l'accusé et du fait que sa victime ne le craint pas.

Enfin, le juge Rousseau a précisé qu'un casier judiciaire lui causerait assurément des problèmes au niveau professionnel pour l'obtention de permis, l'accès au financement et des projets d'affaires aux États-Unis.

À la lumière de tous ces éléments, il lui a donc donné le droit à une absolution conditionnelle. La nouvelle a été accueillie avec un énorme soulagement de la part de David Pelletier. Hanté par cette histoire depuis trois ans, il était visiblement émotif à sa sortie de la salle d'audiences.

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