Kevin Gosselin Robitaille épinglé une seconde fois

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Kevin Gosselin Robitaille a comparu sur les deux chefs de fraude au palais de justice de Shawinigan. Il y a eu objection à sa remise en liberté. Son enquête sur caution a été reportée au 8 juin mais pour la forme seulement puisque sa présence ne sera pas requise.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À peine libéré de prison pour des fraudes totalisant 4 millions $, Kevin Gosselin Robitaille vient d'être arrêté pour des crimes de même nature.

La Sûreté du Québec a en effet procédé à son arrestation, lundi, pour une fraude de 65 000 $ commise à l'endroit d'un homme entre le 1er septembre 2015 et le 30 mai 2016 à Shawinigan. On lui reproche également une fraude d'environ 1000 $ le 25 novembre 2015 pour avoir fait un chèque sans provisions.

C'est d'ailleurs cette affaire de chèque qui a permis de déclencher l'enquête policière sur le prévenu et de mettre à jour l'autre fraude beaucoup plus importante.

Et encore, l'enquête de la Sûreté du Québec, qui n'est toujours pas terminée, tend à démontrer que Gosselin Robitaille, 30 ans, aurait fait d'autres victimes au cours des derniers mois alors qu'il demeurait à Shawinigan-Sud.

Son modus operandi est sensiblement le même qu'à l'époque où il avait fraudé plusieurs agriculteurs entre 2005 et 2009. On se rappellera qu'il se faisait alors passer pour un haut fonctionnaire fédéral, allant même jusqu'à présenter des photos de lui avec Jean Chrétien. Il promettait des subventions importantes en retour d'investissements mais ces fameuses subventions n'étaient jamais versées aux victimes.

Cette fois-ci, Me Annie Vanasse, la procureure de la Couronne qui pilote cette affaire, a indiqué que le suspect se donne un titre ou une occupation afin de solliciter des investissements auprès des victimes et de mettre en oeuvre des projets qui n'existent pas.

Kevin Gosselin Robitaille a donc comparu sur les deux chefs de fraude au palais de justice de Shawinigan. Il y a eu objection à sa remise en liberté. Son enquête sur caution a été reportée au 8 juin mais pour la forme seulement puisque sa présence ne sera pas requise.

Puisque d'autres accusations sont à prévoir, son avocat Me Jean-François Lauzon a renoncé au délai de trois jours pour la tenue de l'enquête sur caution, et ce, afin de prendre connaissance de la preuve qui lui sera communiquée en continu.

Rappelons qu'en 2010, c'est une sentence de six ans de pénitencier qui avait été imposée au fraudeur pour ses crimes. Or, en tenant compte de sa détention préventive, il lui restait quatre ans à purger.

Le juge Guy Lambert l'avait alors décrit comme «un grand manipulateur, une personne narcissique, égocentrique, qui avait su profiter de la confiance des gens.»

Le jeune fraudeur, qui avait 25 ans à l'époque, avait non seulement floué une quinzaine d'agriculteurs mais aussi détruit la vie de certains d'entre eux. Leur témoignage dans le cadre des plaidoiries sur la peine avait d'ailleurs été très émotif. Ils disaient avoir non seulement perdu leurs économies mais aussi leur confiance et leur dignité.

En contrepartie, Gosselin Robitaille avait ainsi pu mener un train de vie de millionnaire, conduire les plus belles voitures et faire des voyages somptueux. Il avait notamment déboursé la somme de 20 000 $ pour se rendre de Trois-Rivières à Montréal en jet privé.

Compte tenu du nombre de victimes et de la durée des fraudes, il estimait que le jeune homme avait une personnalité criminelle, se disant même convaincu que s'il n'entreprenait pas un suivi psychologique sérieux, les risques de récidive étaient vraiment importants.

Et puis, en septembre 2012, Gosselin-Robitaille avait eu droit à une semi-liberté mais celle-ci avait été révoquée en janvier 2013 parce qu'il était soupçonné d'avoir voulu soutirer de l'argent aux parents d'un ami d'enfance. Selon une enquête menée par la GRC, il aurait promis à un couple d'agriculteurs une «subvention hyper-secrète de 400 000 $ du gouvernement fédéral».

Bien qu'aucune nouvelle accusation n'ait été déposée contre Gosselin-Robitaille, la Commission des libérations conditionnelles du Canada estimait que son comportement s'apparentait à son modus operandi lors de la commission des fraudes pour lesquelles il avait été incarcéré. Il avait aussi menti sur son emploi du temps, en plus de ne pas avoir fourni l'information financière sur ses revenus et dépenses.

Il avait finalement été libéré d'office d'ici le 23 mars 2014 mais sous conditions. La Commission des libérations conditionnelles l'avait alors obligé à fournir toute l'information sur ses revenus, dépenses, dettes, opérations financières et bancaires, et ce, jusqu'à la fin de sa sentence. Il devait conserver un emploi rémunéré, en chercher un activement ou poursuivre ses études.

Aujourd'hui, la Sûreté du Québec fait appel à la collaboration de la population dans le cadre de son enquête. Toute information sur cet homme et ses agissements peut être communiquée, de façon confidentielle, à la Centrale de l'information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264.

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