Des cigarettes de contrebande financent le crime organisé

Michel Rouillard, porte-parole national de la Coalition nationale... (Stéphane Lessard)

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Michel Rouillard, porte-parole national de la Coalition nationale contre le tabac de contrebande, et Mario Lavoie, responsable des communications associé à la coalition.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Les profits du trafic de cigarettes de contrebande financent directement les activités illicites du crime organisé. Même si plusieurs consommateurs croient que fumer du tabac illégal est sans grande conséquence, les groupes criminalisés utilisent cet argent pour financer la traite de personnes, la prostitution et le trafic de stupéfiants.

«Le tabac de contrebande est directement relié au crime organisé», affirme Michel Rouillard, porte-parole national de la Coalition nationale contre le tabac de contrebande et ancien sergent à la Sûreté du Québec. «Le crime organisé a découvert qu'il y avait de l'argent à faire là. [...] Les groupes criminalisés financent avec le tabac le trafic de stupéfiants, la traite de personnes la prostitution et d'autres activités. Le tabac de contrebande c'est pour eux une vache à lait.»

Une communauté aux prises avec un problème de contrebande de cigarettes voit son économie amputée. Il faut dire qu'un sac de 200 cigarettes de contrebande peut se vendre pour seulement 8 $, alors que l'équivalent légal se vend environ 80 $.

«Lorsque le commerçant vend moins en raison de la contrebande, ils peuvent perdre 25 ou 30 % de leur chiffre d'affaires. Ils sont obligés de congédier des travailleurs parce qu'ils n'arrivent plus», soutient M. Rouillard.

La Coalition nationale contre le tabac de contrebande a notamment comme mission de rencontrer les décideurs municipaux, provinciaux et fédéraux pour discuter des défis que représentent les cigarettes de contrebande.

Les provinces canadiennes devraient s'inspirer du Québec dans la lutte au trafic de cigarettes illégales, croit la coalition. Michel Rouillard indique que la législation québécoise permet aux corps policiers municipaux de faire enquête concernant le trafic de tabac illégal.

De plus, le Québec limite l'importation d'équipement de fabrication de cigarettes. Ces mesures ont fait diminuer de 50 % le taux de contrebande au Québec.

«Comme l'argent des amendes revient aux communautés, les corps municipaux ont intérêt à intervenir. Normalement, les enquêtes coûtent cher, mais ne rapportent rien», précise M. Rouillard. «Ailleurs, c'est la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui s'en occupe.»

La Coalition nationale contre le tabac de contrebande souhaite par ailleurs que le gouvernement fédéral puisse enrayer l'offre de cigarettes de contrebande.

Actuellement, il y a une cinquantaine d'usines de fabrication de cigarettes illégales en activité au Canada. La coalition souhaite que les permis soient nécessaires pour obtenir des matériaux de fabrication de cigarettes.

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