Abus sexuels sur une mineure: l'ex-enseignant Gilles Godin écope de 23 mois de prison

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Gilles Godin, un ex-enseignant du Collège Laflèche, devra purger 23 mois de prison pour avoir abusé sexuellement d'une jeune fille pendant trois ans.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) En dépit de plusieurs facteurs atténuants, Gilles Godin, un ex-enseignant du Collège Laflèche, devra purger 23 mois de prison ferme pour avoir abusé sexuellement d'une jeune fille pendant trois ans.

Le juge Bruno Langelier a en effet conclu, mercredi, qu'il serait inapproprié de lui permettre de purger une peine dans la collectivité comme le demandait son avocat, Me Jacques Larochelle. Même si Gilles Godin a un réel potentiel de réhabilitation, que les risques de récidive sont faibles, qu'il n'a aucune déviance sexuelle et qu'il éprouve des remords sincères, le tribunal estime que les critères de dénonciation et de dissuasion s'imposent dans cette affaire. Le juge a invoqué le fait qu'il a profité de la vulnérabilité d'un enfant et abusé de sa confiance pendant trois ans et ce, à raison d'au moins une fois par semaine.

Rappelons qu'en janvier dernier, Gilles Godin avait plaidé coupable à des chefs d'attouchements sexuels et d'incitation à des contacts sexuels sur une jeune fille. Il avait admis les délits sur une période comprise entre juin 1997 à septembre 2000. La victime était alors âgée entre 10 et 13 ans. Cette dernière n'avait aucun lien avec le travail qu'il occupait. À raison d'une fois par semaine pendant ces trois années, il s'était donc livré à des attouchements sur elle, tels que des caresses et des gestes masturbatoires réciproques.

Lors des plaidoiries sur la peine, la victime avait affirmé n'éprouver aucune colère ni désir de vengeance envers lui. Elle disait n'avoir rien tenté pour mettre fin à ses agissements et avoir même pris les devants. Elle avait également avoué avoir une part de responsabilité, ce qui expliquait la raison pour laquelle elle n'avait pas porté plainte avant mai 2014.

Or, sur ce point, le juge Langelier a pris soin de rappeler que les enfants n'ont absolument aucune part de responsabilité dans des abus sexuels mais qu'il appartient plutôt aux adultes de veiller à leur bien-être.

Le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, avait demandé une peine de 36 mois de prison. Il plaidait plusieurs facteurs comme la durée, la fréquence, l'abus de confiance, l'âge de la victime et les séquelles avec lesquelles elle doit vivre. Elle a entre autres des problèmes d'estime de soi et de confiance envers les autres. Elle a une aversion pour les contacts physiques et en veut à sa mère de ne pas avoir su la protéger.

La défense avait plutôt plaidé en faveur d'une sentence de moins de deux ans dans la collectivité en invoquant les difficultés amoureuses et personnelles de son client à cette époque de sa vie, son niveau de responsabilisation et les graves conséquences que cette affaire avait eues dont la perte de son emploi.

Le juge a en effet tenu compte des facteurs atténuants. Gilles Godin a plaidé coupable, il n'a aucun antécédent judiciaire, ni déviance sexuelle. Il sait qu'il a mal agi au point d'éprouver une grande honte, d'être tombé dans un état dépressif et d'avoir eu des idées suicidaires. Il s'est d'ailleurs impliqué dans un processus thérapeutique, a manifesté des remords et il n'a commis aucune autre infraction depuis cet événement. Qui plus est, les rapports psychologiques et sexologiques sont bel et bien favorables et le risque de récidive est considéré comme très faible. Enfin, il bénéficie d'un appui inconditionnel de ses enfants.

Par contre, les facteurs aggravants, surtout en ce qui concerne la maltraitance aux enfants, ont été jugés très importants dans la sentence à lui imposer. Après les 23 mois de prison, il devra se soumettre à une probation pendant 18 mois dont 12 mois avec suivi. Il lui sera également interdit d'occuper un emploi qui le placerait en présence de jeunes de moins de 18 ans et il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.

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