Denis Godin prétend avoir été piraté

Denis Godin, 58 ans de Maskinongé, un homme qui avait été arrêté en possession... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Denis Godin, 58 ans de Maskinongé, un homme qui avait été arrêté en possession de presque 9000 fichiers de pornographie juvénile, prétend avoir été victime d'un pirate informatique.

Dans le cadre des représentations sur la peine qui ont lieu lundi au palais de justice de Trois-Rivières, il a en effet affirmé qu'un «hacker» avait carrément pris possession de son ordinateur pour importer à son insu de la pornographie juvénile. Ce pirate aurait même créé des sous-fichiers avec des titres très explicites pour y placer les images et les vidéos qu'il téléchargeait.

En d'autres mots, Godin soutient qu'il n'a jamais téléchargé de fichiers de pornographie juvénile, tout au plus quelques films XXX pour adultes ou des fichiers impliquant des «femmes matures.»

Les 8525 fichiers graphiques et 327 vidéos qu'il avait en sa possession seraient plutôt le résultat d'une série de malchances consécutives aux agissements de ce pirate informatique ou encore de l'achat de disques durs usagés à des particuliers qui contenaient eux aussi de la pornographie juvénile.

Après l'avoir écouté, la juge Guylaine Tremblay n'a pu s'empêcher de lui lancer que sa version constituait une insulte à l'intelligence humaine. Selon elle, la preuve policière est très claire: Denis Godin savait ce qu'il faisait, il cherchait de la pornographie juvénile sur Internet et il la partageait.

Rappelons que l'individu a pourtant plaidé coupable d'avoir possédé, accédé, rendu accessible et produit de la pornographie juvénile mettant en scène des enfants en bas âge et même de la bestialité. Or, il refuse de reconnaître la possession d'un aussi grand nombre de fichiers illicites.

Il a raconté, lundi, avoir gravé sur des DVD le contenu des disques durs qu'il achetait mais sans jamais vraiment prendre le temps de le visionner, ce qui peut expliquer certains fichiers de pornographie juvénile. Et si par hasard, il tombait sur ce type de matériel, il se dépêchait de l'effacer.

Or, sa version en cour présentait plusieurs contradictions avec sa déclaration aux policiers. Il avait notamment mentionné lors de son arrestation en mai 2014 avoir pris soin de graver des fichiers parce qu'il avait peur que le logiciel de partage ferme. Il avait aussi prévenu les policiers qu'ils allaient trouver beaucoup de fichiers de pornographie juvénile lors de la perquisition.

Le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, a réclamé une peine de deux ans de prison, et ce, en raison de la durée des infractions (six ans pour la possession), du nombre et de la nature des fichiers. Il estime par ailleurs que le risque de récidive est élevé dans son cas puisqu'il continue de nier les événements. Il a demandé d'ailleurs au tribunal de n'accorder aucune valeur probante à un rapport sexologique qui conclut à l'absence de déviance sexuelle de type pédophile.

De son côté, la défense, assurée par Me Jules Ricard, a plutôt suggéré la peine minimum pour des infractions de cette nature, soit un an de prison. Il a plaidé le fait que son client était un actif pour la société, qu'il avait toujours respecté les conditions de sa remise en liberté depuis son arrestation et qu'il n'avait pas d'antécédents de même nature. Il a seulement un dossier pour fraude contre l'assurance-chômage qui date de 1995.

La juge fera connaître la sentence le 13 juin. Elle a cependant ordonné l'incarcération immédiate de Denis Godin.

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