Huit familles évacuées de leur logement après l'effondrement d'un mur

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Le mur de briques de la façade sud de cet immeuble de la rue Laviolette s'est effondré. Les locataires ont tous été évacués vendredi dernier. Des ingénieurs détermineront cette semaine s'il sera démoli ou rénové.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Huit familles ont été évacuées de leur logement situé sur la rue Laviolette au centre-ville de Trois-Rivières vendredi dernier. L'immeuble a été déclaré sinistré après l'effondrement d'un mur extérieur. Selon certains locataires, c'est la négligence des propriétaires qui serait à l'origine de ces évènements.

Joey Champagne et Sarah Tessier ont été pris... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Joey Champagne et Sarah Tessier ont été pris en charge par la Croix-Rouge et sont hébergés à l'hôtel. Ils craignent de ne pas pouvoir réintégrer leur appartement de sitôt.

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Certaines familles ont donc passé une fin de semaine dans l'attente et l'angoisse de savoir ce qu'il adviendra de leur logement. Pour d'autres, c'est la frustration qui prédomine. «Ça aurait pu être évité depuis un an», assure un des sinistrés qui a préféré garder l'anonymat.

Des rénovations majeures avaient été entreprises dans cet immeuble centenaire de huit logements, lorsqu'il était passé entre de nouvelles mains à l'été 2015.

Selon certains locataires, la moitié de l'immeuble était condamnée depuis le printemps dernier par le Service d'incendie, car le mur de soutien s'affaissait vers les logements. Puis, les nouveaux propriétaires avaient repris l'immeuble en main en y effectuant des travaux.

Les huit logements ont été loués entre-temps et ce sont ces locataires qui se retrouvent aujourd'hui dans l'incertitude.

Jeudi dernier, l'un des sinistrés a entendu un vacarme dans son appartement. «Je me suis dis ''ça y est, je meurs aujourd'hui''. C'est là que j'ai réalisé qu'il y avait une partie du mur qui avait cédé et qu'il était tombé sur le toit et sur le côté.»

En effet, le mur de briques situé sur la façade sud s'est effondré. Puis, à la suite d'une plainte, le Service d'incendie de la Ville de Trois-Rivières a jugé l'immeuble dangereux et a procédé à sa condamnation vendredi en fin d'avant-midi. «Ça a été le branle-bas de combat. On se fait dire que le bloc est condamné, que le bloc devient sinistré, qu'on ferme tout et que tout le monde sort», raconte-t-il.

Tout de suite, les accès ont été barricadés par des planches de contreplaqué. Une famille qui a pu se réfugier chez des proches n'a eu que cinq minutes pour aller chercher des effets personnels. Ils n'ont aucune idée du temps que cela prendra avant qu'ils puissent réintégrer leur logement. «On s'attend à une semaine», avance le père qui n'a pas voulu être nommé.

«On est revenu du travail et c'était déjà condamné.» «On est chanceux, on est chez ma mère», rétorque sa conjointe. D'autres sinistrés ont été pris en charge par la Croix-Rouge alors que les plus chanceux ont été dédommagés par leurs assurances.

Joey Champagne et sa conjointe Sarah Tessier sont confinés à l'hôtel en attendant la suite des choses. Ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge durant les 72 dernières heures. Ils ignorent quelle sera la suite des choses. Ils en veulent beaucoup aux propriétaires de leur avoir caché que l'immeuble était en si mauvais état.

«Le bloc est complètement fini. Le mur porteur est tombé. C'est vraiment dangereux. Il a négligé la sécurité de tout le monde», déplore Joey Champagne. «Nous, notre mur est fissuré sur 25 pieds de long.»

Une de leurs amies qui occupait le logement du dessous a été plus malchanceuse. «Cet hiver, quand ça a dégelé, l'eau s'est infiltrée partout. Son plafond lui est carrément tombé dessus», racontent-ils.

Le jeune couple avait pris possession de l'appartement en novembre dernier. Au premier coup d'oeil, rien ne laissait présager que la structure était si abîmée.

«Ça parait bien en-dedans. Au premier coup d'oeil, c'est vraiment beau. Mais il n'était pas censé faire rentrer du monde là-dedans», estime Joey Champagne.

Jeudi, l'escalier de secours avait même été retiré pour les travaux. «C'était dangereux. S'il y avait eu un incendie, il y a une partie du bloc qui n'aurait pas pu être évacuée.»

Quant à savoir s'ils pourront réintégrer leur logement bientôt, rien n'est moins sûr. Des ingénieurs détermineront cette semaine s'il sera démoli ou rénové. Le couple ne se fait pas trop d'illusions.

«Les pompiers nous ont dit que c'était trop vieux, qu'il n'y avait plus rien à faire. S'ils décident qu'ils mettent ça à terre, il n'y a plus personne qui va pouvoir monter. Ils ne nous laisseront pas déménager des meubles dans un bloc qui tombe en ruine», reconnaît Sarah Tessier. «C'est beaucoup de stress», confie-t-elle.

«Je le dis depuis le début qu'il faut démolir. Ça aurait pu être évité depuis un an», martèle l'homme qui s'est confié de manière anonyme.

«C'est toutes les familles qui paient et ça je ne suis pas d'accord. Tous leurs biens sont restés là. Ils n'ont aucun accès», déplore-t-il.

Il craint lui-même de ne pas pouvoir récupérer ses biens si la décision penchait vers la démolition.

Il n'a pas été possible de parler aux propriétaires de l'immeuble.

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