La conjointe de Marc Isabelle témoigne

Marc Isabelle... (Archives, Le Nouvelliste)

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Marc Isabelle

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Shawinigan) Après deux jours d'interrogatoire dans le cadre de son procès pour abus sexuels, Marc Isabelle a cédé la place à sa conjointe, Anik Saint-Pierre, jeudi, à la barre des témoins.

La chanteuse et professeure de chant est venue corroborer les propos tenus par son conjoint, réfutant du même coup les allégations d'agressions sexuelles en raison de leur emploi du temps très chargé et de son omniprésence auprès de Marc Isabelle.

Il importe toutefois de préciser qu'elle a commencé à témoigner en toute fin de journée au palais de justice de Shawinigan. Avant que les audiences ne prennent fin, elle aura donc eu l'occasion de parler seulement de sa relation avec Marc Isabelle et des liens qu'elle a pu avoir avec les deux présumées victimes au cours de la période visée par les accusations, soit entre 1990 et 2011.

Les allégations d'abus sexuels n'avaient pas encore été abordés directement par l'avocat de la défense Me Yvan Braun dans son interrogatoire mais elle a livré au tribunal des détails sur leur mode de vie, leurs manies, l'aménagement des lieux où les abus seraient survenus de façon à contredire certains aspects des témoignages des plaignantes.

Âgée de 43 ans, elle a ainsi raconté être en couple avec Marc Isabelle depuis plus de 21 ans. Dès le début de leur relation amoureuse, ils ont développé des liens professionnels très étroits sur le plan de la musique, de sorte qu'elle a commencé à travailler énormément avec lui dans les spectacles tant dans la conception, l'organisation que l'interprétation. Selon elle, ils travaillaient presque sept jours sur sept.

À l'entendre, les temps libres étaient rares, encore plus pour son conjoint. «Il a un problème dans sa tête sur le plan du travail. Il n'arrête jamais sauf pour les repas car il n'a pas le choix de manger. La musique est une passion pour lui, et je vous avouerai que je suis un peu comme ça», a-t-elle mentionné.

Elle dira même que dans le couple, c'est elle qui mène. C'est ainsi qu'elle devait quelquefois le rappeler à l'ordre et le forcer à prendre du temps pour des activités personnelles. Tout comme son conjoint, elle précisera qu'ils font tout ensemble, du lever jusqu'au coucher.

Elle a par la suite parlé des deux présumées victimes qu'elle a eu l'occasion de côtoyer pendant toutes ces années. Elle a décrit l'une d'elles comme une personne très sensible avec qui elle avait une relation amicale. Or, cette dernière aurait été moins présente dans leur environnement.

Elle a surtout parlé de la seconde plaignante qui selon elle, avait beaucoup de difficulté à dire la vérité. Elle a notamment donné plusieurs exemples de situations déroutantes dont elle aurait été témoin. On sait que cette jeune femme a fait l'objet d'un diagnostic de trouble de personnalité limite.

Selon Anik Saint-Pierre, il lui est arrivé souvent de mentir et même de jeter le blâme sur d'autres personnes pour cacher ses mauvais coups. À certains moments, son témoignage (qui devrait se poursuivre vendredi) a d'ailleurs contrarié les deux présumées victimes et leurs proches qui se trouvaient dans la salle d'audiences.

D'autre part, le contre-interrogatoire de Marc Isabelle par Me Catherine Vincent s'est poursuivi pendant une bonne partie de la journée. Tout comme ce fut le cas la veille, il a de nouveau réfuté les allégations des deux plaignantes. Il a même avoué avoir utilisé un ruban à mesurer pour valider l'impossibilité de certains gestes qu'il aurait posés.

Enfin, il a été interrogé sur une discussion qu'il avait eue avec une des plaignantes en lien avec les abus sexuels commis sur l'autre présumée victime. C'était en octobre 2011. Elle lui avait demandé si c'était vrai ce que racontait l'autre plaignante à son sujet.

Il avait répondu: «Qu'est-ce que tu en penses?» pour ensuite lui rétorquer que «toute vérité finit par se savoir.» Il lui aurait alors annoncé qu'il savait qu'elle était tombée enceinte à l'insu de son conjoint.

Les deux présumées victimes avaient ensuite porté une plainte à la police en novembre de la même année.

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