Production de stupéfiants: Dancause et Lapointe libérés sous conditions

Michel Dancause fait non seulement face à des... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Michel Dancause fait non seulement face à des accusations de production de cannabis en lien avec une serre hydroponique démantelée à Saint-Léon-le-Grand, mais aussi de méfait pour avoir entreposé des produits chimiques dans cette maison de la rue Barkoff. La police croit qu'il voulait fabriquer de la kétamine; il soutient pour sa part qu'il voulait faire un fongicide pour les érables.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Michel Dancause, 51 ans, et Hugo Lapointe, 39 ans, deux individus arrêtés en lien avec le démantèlement d'une serre hydroponique à Saint-Léon-le-Grand, ont finalement été remis en liberté, lundi, au terme d'une enquête sur caution qui a duré plusieurs jours.

Le juge Bruno Langelier a en effet consenti à leur faire bénéficier d'une liberté provisoire durant les procédures judiciaires intentées contre eux mais avec de sévères conditions à respecter. S'il reconnaît que les accusations portées contre eux pour production de cannabis et possession de stupéfiants pour fins de trafic sont graves, il estime que les deux hommes ne constituent pas un danger pour la société.

Rappelons que les deux hommes avaient été arrêtés à la mi-avril dans le cadre du démantèlement d'une serre hydroponique contenant 6411 plants de cannabis à Saint-Léon-le-Grand. Un autre suspect avait également été intercepté à cette occasion, soit Christian Pelletier, 46 ans. Notons que lui aussi a pu reprendre sa liberté sous conditions. Les individus sont tous les trois accusés de production de cannabis et de possession de cannabis en vue d'en faire le trafic. Cette intervention policière faisait suite au vol d'un chariot élévateur. Guidés par la balise de localisation, les policiers avaient non seulement retrouvé le chariot mais aussi la serre hydroponique dans l'un des bâtiments.

Or, des informations fournies par le public avait ensuite conduit les policiers dans une maison de la rue Barkoff qui était utilisée par Michel Dancause. Les policiers y avaient saisi des produits chimiques qui, selon eux, étaient utilisés pour la fabrication de kétamine. Une accusation de méfait avait ensuite été portée contre lui.

En ce qui concerne le dossier de production de cannabis, le juge Langelier a tout d'abord relevé qu'aucune preuve n'avait été faite à l'effet que les trois suspects faisaient partie d'une organisation criminelle reconnue et qu'ils avaient des ramifications avec le réseau démantelé appelé «projet Nandou.» La preuve ne révèle pas non plus qui est véritablement à l'origine de cette production, bien qu'elle soit sophistiquée et qu'elle ait nécessité un investissement de plusieurs milliers de dollars. S'il devait spéculer, le juge Langelier estime que Hugo Lapointe, qui est défendu par Me Jean-François Lauzon, pourrait avoir les ressources et le potentiel pour le faire mais la preuve n'a pas été faite là-dessus à ce stade des procédures.

Or, pour l'instant, Lapointe a peu d'antécédents judiciaires en dépit d'une arrestation fort médiatisée en 2010 dans le cadre du projet Troie pour le trafic de cannabis à partir des commerces Pablo Jardinage. Lapointe a aussi la capacité d'occuper un emploi légitime (il est chiropraticien de formation), il n'est pas accusé de gangstérisme, il n'avait pas d'arme à feu en sa possession et ses cautions sont prêtes à garder un oeil sur lui. Il sera donc libéré mais avec l'obligation de respecter un couvre-feu. Des cautions avec dépôt de 16 000 $ devront également être déposées. En plus des interdits de contact avec les coaccusés et les gens qui ont des dossiers judiciaires en matière de stupéfiants ou qui appartiennent à des groupes criminalisés, il ne pourra pas se rendre en Mauricie sauf au palais de justice de Trois-Rivières. Il ne peut pas avoir en sa possession un appareil de télécommunications, se rendre dans les bars, avoir des armes et enfin louer tout véhicule à moteur.

Dans le cas de Michel Dancause, qui est défendu par Me Eddy Ménard, le juge estime que son implication dans la production de cannabis apparaît moins importante que celle de Lapointe, qu'il n'a pas beaucoup d'antécédents judiciaires et qu'il n'a aucun manquement à son actif. En ce qui concerne le laboratoire démantelé sur la rue Barkoff, le tribunal se montre prudent. Il retient pour l'instant qu'aucune accusation de production de drogue n'a été portée contre lui. En fait, aucune drogue de synthèse ni même trace de fabrication n'a été retrouvée sur les lieux. Certes, le tribunal se montre septique lorsque le prévenu explique qu'il voulait fabriquer des fongicides pour érables avec ces produits chimiques (la recette de fabrication de la kétamine a été retrouvée par les policiers) mais il lui accorde la présomption d'innocence.

Dancause sera donc remis en liberté. Outre les conditions usuelles comme un couvre-feu, des interdits de contacts, il lui est interdit de se rendre à Saint-Léon-le-Grand, d'avoir des produits chimiques en sa possession, des armes, des appareils de télécommunications et de la drogue. Sa caution est de 3000 $ sans dépôt.

Leur cause a été reportée au 15 juin.

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