Procès de Marc Isabelle: les présumées victimes auraient souffert d'amnésie dissociative

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les deux femmes qui auraient été agressées sexuellement par le musicien Marc Isabelle présentent plusieurs manifestations de stress post-traumatique dont l'amnésie dissociative.

C'est du moins l'opinion de l'expert psychiatre Louis Côté qui a rencontré les présumées victimes en 2012, après que celles-ci eurent logé une plainte contre Marc Isabelle.

Au terme de rencontres qui ont duré pour chacune d'elles deux à trois heures, il soutient qu'elles ont des symptômes résultant d'un stress post-traumatique et d'un désordre de stress extrême qui pourraient résulter d'abus sexuels répétitifs au cours de leur enfance.

Dans cette affaire, le psychiatre s'était vu confier le mandat par la Sûreté du Québec d'évaluer la fiabilité de leurs souvenirs en lien avec des abus sexuels et de vérifier la validité du phénomène des souvenirs retrouvés.

On sait que les deux femmes affirment avoir oublié les prétendus crimes sexuels subis dans leur enfance à partir de l'âge de trois et quatre ans lorsqu'elles étaient en présence de Marc Isabelle. Leur mémoire est par la suite revenue à l'âge adulte à la suite d'événements majeurs dans leur vie. Dans le cas de l'une d'elles, des images d'abus ont refait surface à la suite d'un conflit professionnel avec le prévenu.

Pour la seconde, les événements ont commencé à réapparaître à la fin de sa grossesse et à la suite des aveux de l'autre plaignante concernant les agressions qui auraient été infligées par le suspect.

Et parmi les nombreux symptômes qu'il a relevés chez les plaignantes et qui tendent à démontrer la véracité de leurs dires selon lui, il a noté l'amnésie dissociative qui a été suivie par l'apparition de souvenirs fragmentaires et envahissants et non de souvenirs entiers qui reviennent d'un coup sec. Dans cette éventualité, il soutient qu'on aurait davantage parlé du syndrome de la fausse mémoire.

Il a aussi précisé qu'il était normal que les plaignantes aient de la difficulté avec la notion du temps (la durée, la fréquence) et les composantes sensorielles lors de leurs agressions puisque le retour de la mémoire après une amnésie dissociative entraîne des flous. Médicalement, il estime que le contraire aurait soulevé des doutes.

Les autres symptômes sont notamment des cauchemars, des troubles du sommeil, la tension, l'angoisse, l'incapacité à pouvoir ressentir certaines émotions, un sentiment de honte et des comportements destructifs comme l'automutilation et des idées suicidaires.

Le Dr Côté a aussi noté le scepticisme dont elles ont fait preuve sur la vraisemblance des abus lorsqu'elles ont commencé à retrouver la mémoire. Cela lui laisse croire qu'il ne s'agit pas de simulation.

De même, les deux plaignantes ont présenté des symptômes d'évitement tant vis-à-vis leur agresseur que des souvenirs qui refaisaient surface. Il a également noté qu'elles n'ont pas manifesté de colère en lien avec les abus sexuels mais plutôt envers la violence verbale et physique dont l'agresseur aurait fait preuve à leur endroit et qu'elles n'auraient jamais oubliée.

L'expert a pris soin de faire un diagnostic différentiel pour s'assurer toutefois qu'il n'était pas en présence de trouble factice, de simulation ou encore du syndrome de la fausse mémoire, ce qui n'est pas le cas selon lui.

Il soutient aussi qu'elles ne souffrent pas de délire et de psychose, ni de troubles de personnalité. Or, il a appris au cours du procès que l'une d'elles avait été diagnostiquée borderline dans sa jeunesse. Sur ce point, il n'a pas réfuté son analyse mais a plutôt soulevé un doute sur le diagnostic émis par l'autre médecin. Il s'est basé notamment sur le fait qu'elle était capable de nuancer les événements difficiles de sa vie ce qui n'est pas le cas des gens souffrant d'un trouble de personnalité limite qui sont de nature plus extrémistes.

Rappelons que Marc Isabelle fait face à 18 chefs d'accusation pour des agressions sexuelles, attouchements sexuels, incitations à des contacts sexuels, voies de fait et menace. Les gestes qui lui sont reprochés auraient été commis sur une période de 21 ans, soit entre septembre 1990 et janvier 2011.

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