Fort McMurray: un Trifluvien au coeur du drame

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De son lieu de travail, Alexandre et ses collègues voient l'immense nuage de fumée s'élever dans le ciel. Cet incendie qui, au même moment, pourrait être en train de consumer leurs maisons, leurs biens et tous leurs souvenirs.

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(Trois-Rivières) «C'est le chaos total. On dirait une vision de fin du monde».

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Originaire du secteur Pointe-du-Lac, Alexandre Gaudreault habite Fort McMurray depuis environ sept mois.

C'est en ces termes qu'Alexandre Gaudreault a résumé la situation qu'il vit présentement, à Fort McMurray, là où d'immenses feux de forêt ont forcé l'évacuation entière de la ville d'environ 80 000 habitants.

Celui qui a grandi dans le secteur Pointe-du-Lac et qui habite maintenant en Alberta depuis sept mois ne sait tout simplement pas, pour le moment, si sa maison a été détruite par les flammes ou non et s'il aura un endroit où vivre à son retour du travail.

Alexandre Gaudreault travaille sur des horaires de 14 jours consécutifs pour une compagnie située à 45 kilomètres de Fort McMurray. Durant ces deux semaines, il habite sur les lieux de son travail. Mercredi, il lui restait encore huit jours à demeurer sur place avant de pouvoir rentrer à la maison, à Fort McMurray. Pour le moment, difficile de savoir à quel moment les gens seront autorisés à revenir vers la ville.

De son lieu de travail, Alexandre et ses collègues voient l'immense nuage de fumée s'élever dans le ciel. Cet incendie qui, au même moment, pourrait être en train de consumer leurs maisons, leurs biens et tous leurs souvenirs.

«Lorsque l'ordre d'évacuation a été donné, mon chum est retourné à la maison. Il a pris le chien, le chat et quelques papiers importants. Il est parti vers Edmonton, mais a mis deux fois plus de temps à se rendre tellement il y a de monde sur les routes. Il paraît que les gens roulent sur des terrains privés, passent par le bois avec leurs véhicules pour éviter les routes encombrées. Il y a de la panique, ça se sent», commente-t-il.

Bien qu'il ait grandi à Pointe-du-Lac, Alexandre Gaudreault est natif de Fort McMurray. Ses parents s'y sont connus et il est né là, avant de déménager à Trois-Rivières lorsqu'il était bébé. «L'hôpital où je suis né a été complètement évacué. Il ne se trouve qu'à 300 mètres du brasier. J'espère qu'il n'a pas été détruit», a-t-il souligné, visiblement secoué.

Pendant ce temps, le site de la compagnie Surmont Project, là où travaille M. Gaudreault, a ouvert ses portes à tout près de 150 personnes qui cherchaient du refuge car ils n'avaient nulle part où aller. «Nous sommes environ 500 travailleurs, mais il y a de la place pour accueillir tout près de 10 000 personnes alors j'imagine qu'ils vont en accueillir d'autres. Cette nuit, 150 personnes sont arrivées et vont être hébergées ici en attendant», raconte-t-il.

Les travailleurs continuent de faire leur travail, mais le coeur n'y est vraiment pas. «Tous les travailleurs ont la mine basse. On se supporte, on se donne des tapes dans le dos. On est pas mal tous dans la même situation. On ne sait pas ce qu'il advient de nos maisons. Ce n'est que du matériel, heureusement, mais c'est beaucoup d'incertitude quand même. Nous sommes tellement impuissants, car le feu est fort et incontrôlable», rapporte-t-il.

Mercredi, plusieurs médias rapportaient que 80 % des maisons du quartier Beacon Hill avaient été détruites. Alexandre et son conjoint habitent le quartier Thickwood, situé à quelques kilomètres au nord de Beacon Hill.

La maison, qui fait face à l'autoroute 63, ne se trouvait séparée que par quelques dizaines de mètres du brasier qui faisait rage dans la forêt située de l'autre côté de l'autoroute qui longe la rivière Athabasca.

«Même les stations de radio ont été évacuées, alors pour le moment, c'est assez difficile d'obtenir des informations sur ce qui se passe. Je ne sais pas si je vais avoir une maison à mon retour», lance-t-il, en ajoutant que plusieurs de ses amis et voisins vivent aussi le même questionnement.

La plupart ont fui vers Edmonton, d'autres ont trouvé refuge dans des centres de conférences mis à leur disposition, ou encore sur des sites pétroliers qui se sont pour l'occasion transformés en véritables centres de crise et qui hébergent temporairement des habitants évacués.

«Il y a beaucoup d'entraide ici. Si on peut en tirer quelque chose de positif, ce sera sûrement ça», ajoute-t-il.

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