Procès de Marc Isabelle: un deuxième cas de mémoire retrouvée

Marc Isabelle est accusé de crimes à caractère... (Archives, Le Nouvelliste)

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Marc Isabelle est accusé de crimes à caractère sexuel.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le procès du musicien et producteur Marc Isabelle pour des agressions sexuelles sur des mineures s'est poursuivi, mardi, avec le témoignage de la seconde présumée victime qui, tout comme l'autre plaignante, a elle aussi souffert du phénomène de la mémoire retrouvée.

Cette jeune femme, maintenant âgée d'une vingtaine d'années, a raconté avoir perdu tout souvenir des présumées agressions sexuelles qu'elle aurait subies pendant quelques années, et ce, même si elle voyait assez régulièrement Marc Isabelle.

Or, la mémoire lui est revenue en 2011 alors qu'elle était enceinte de son premier enfant. Au cours de cette période, elle a rencontré l'autre plaignante qui lui a avoué avoir été agressée sexuellement par Marc Isabelle.

Sur le coup, elle soutient lui avoir conseillé d'appeler la police pour porter une plainte. Contrairement aux dires de l'autre plaignante, elle ne lui aurait pas avoué avoir été agressée par le prévenu, du moins elle n'en a pas parlé mardi lors de son témoignage.

Dans son cas, il semble que la mémoire est plutôt revenue plus tard, vers la fin de sa grossesse. Elle aurait alors commencé à avoir des souvenirs, des «cauchemars réels, avec des images et des odeurs».

«Au début, j'avais peine à y croire mais de plus en plus, j'en suis arrivée à cette conclusion, probablement à cause de mon instinct maternel», a-t-elle déclaré.

Pour cette deuxième plaignante, les abus auraient commencé à l'âge de quatre ans. Elle a parlé notamment de «séance de bisous» partout sur le corps et sur les parties génitales dans le cadre du jeu du docteur. Elle a d'ailleurs donné quelques détails sur la jaquette qu'elle portait quelquefois, d'un sous-vêtement porté par son agresseur et sur la petite valise du docteur que ce dernier utilisait.

À l'âge de cinq, six ans, le prévenu aurait également profité des moments où il était en sa présence pour lui demander de le masturber et de lui faire des fellations. Il disait aimer ses petites mains douces.

Enfin, il aurait inséré ses doigts dans son vagin à quelques reprises. En échange, il lui donnait de l'argent et des bonbons. Les agressions auraient diminué vers l'âge de huit, neuf ans lorsqu'elle a commencé à parler davantage.

Cette plaignante l'a elle aussi décrit comme un homme violent, un colérique qui l'aurait malmenée à quelques reprises.

Au cours de son témoignage, elle est d'ailleurs devenue très émotive, étant incapable de retenir ses sanglots lorsqu'elle a parlé de la violence verbale et physique dont elle se disait victime.

Par contre, en ce qui concerne les abus sexuels, elle a mentionné qu'à cette époque, elle ne sentait pas bien avec ça mais comme elle était toute petite, elle croyait qu'il n'y avait rien de grave ni dangereux et que c'était presque normal pour elle.

Tous ces événements auraient par ailleurs eu de graves conséquences dans sa vie, car elle aurait tenté de se suicider à quelques reprises et aurait posé des gestes d'auto-mutilation.

Elle a également consulté un psychologue. Un trouble de personnalité limite a plus tard été diagnostiqué. Elle a aussi admis avoir posé beaucoup de gestes dans sa jeunesse pour attirer l'attention, et ce, jusqu'à la fin de son adolescence.

Quant à l'autre plaignante, qui aurait été abusée par Marc Isabelle pendant une vingtaine d'années, la mémoire a commencé à lui revenir par le biais d'images d'un pénis en érection à la suite d'une chicane professionnelle avec le suspect au début 2011. Elle était âgée dans la mi-vingtaine. Peu de temps après, en novembre 2011, les deux femmes ont porté plainte à la police.

Le procès du prévenu va se poursuivre toute la semaine. Il fait face à 16 chefs d'accusation pour des agressions sexuelles, attouchements sexuels, incitations à des contacts sexuels et voies de fait. Les gestes qui lui sont reprochés auraient été commis sur une période de 21 ans, soit entre septembre 1990 et janvier 2011.

Un psychologue devrait bientôt témoigner à la demande de la Couronne sur le phénomène de la mémoire retrouvée.

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