Une éducatrice en CPE accusée de voies de fait sur deux bambins

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La direction du CPE La Clé des champs a suspendu l'éducatrice Chantale Lavoie, accusée de voies de fait envers deux enfants de moins de deux ans.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Une éducatrice à la petite enfance de 53 ans de La Tuque doit faire face à la justice pour des voies de fait sur deux enfants âgés de 6 et 18 mois. Chantale Lavoie, éducatrice au CPE La Clé des champs, a été arrêtée mardi puis accusée au palais de justice de La Tuque.

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L'éducatrice Chantale Lavoie doit faire face à la justice. Elle est accusée de voies de fait à l'endroit de deux enfants de moins de deux ans. 

«Une dame de 53 ans de La Tuque a en effet été arrêtée pour voies de fait sur deux enfants de moins de deux ans», a confirmé mercredi après-midi la sergente Annie Thibodeau, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ).

Les faits qui sont reprochés à Chantale Lavoie seraient survenus le 25 avril dernier au CPE La Clé des champs. Un témoin a rapporté à la Sûreté du Québec deux événements distincts survenus la même journée.

Le premier concerne le poupon, un jeune garçon âgé de six mois. Lorsque l'éducatrice accusée changeait sa couche, ce bébé ne cessait de pleurer. Chantale Lavoie l'aurait secoué durant deux secondes alors qu'elle le tenait à bout de bras devant elle.

Le bébé a depuis été hospitalisé à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal. Le rapport final des médecins n'avait toutefois pas encore été remis aux policiers, mardi. Si celui-ci démontre que le bébé a subi des lésions après avoir été secoué, des accusations plus sérieuses seraient certainement déposées. La peine pour avoir infligé des lésions corporelles est bien sûr plus sévère.

Le second événement reproché à Chantale Lavoie serait survenu plus tard dans la même journée après la sieste des enfants. Le même témoin a rapporté aux enquêteurs de la SQ que l'éducatrice serait intervenue de façon abusive auprès d'un enfant de 18 mois qui aurait réveillé d'autres bébés qui dormaient.

La femme aurait alors pris l'enfant par le bras pour le déplacer de la chambre vers la salle communautaire. L'enfant aurait été déplacé sur une distance de 3 à 4 pieds sans qu'il ne touche terre.

Chantale Lavoie a été libérée mardi après sa comparution et doit revenir devant le juge le 21 juin prochain. Elle doit bien sûr respecter des conditions de remise en liberté.

«Je suis sous le choc»

La tante de l'enfant de six mois a publié un message sur Facebook qui porte à réfléchir. «Pourquoi l'éducatrice l'a pris dans ses bras, alors qu'elle était, je suppose, en manque de patience. Pourtant, une éducatrice sait ce qu'il doit être fait pour éviter une telle situation», a-t-elle écrit.

«Pourquoi elle travaillait encore dans une garderie, alors qu'elle savait qu'elle serait à bout un jour ou l'autre. Pourquoi secouer un enfant, alors qu'il essayait seulement de communiquer? Un enfant de six mois ne parle pas encore, c'est avec ses pleurs qu'il communique. Tout le monde le sait.»

Elle affirme par la suite qu'aucun enfant ne devrait être secoué. «Je suis sous le choc, non seulement [car je suis inquiète pour mon neveu], mais aussi parce que je suis en colère envers l'éducatrice», a ajouté la tante du plus jeune des deux enfants.

Le CPE suspend l'éducatrice

L'éducatrice en poste depuis 2009 a été suspendue par la direction du CPE La Clé des champs. Le conseil d'administration du CPE s'est d'ailleurs réuni mardi notamment pour discuter des événements. Cette situation a été prise très au sérieux. 

«Dans les minutes qui ont suivi la dénonciation, l'éducatrice a été suspendue, les parents ont été avisés immédiatement et j'ai personnellement pris l'initiative d'aviser la Sûreté du Québec. Nous leur avons demandé d'enclencher une enquête pour aller au fond des choses. Nous avons aussi pris soin de contacter les parents afin de les rassurer», affirme par voie de communiqué la directrice générale du CPE La Clé des champs, Marie-Claude Goulet, qui n'a toutefois pas accepté d'accorder des entrevues.

«Il y a quelques jours, des informations ont été portées à notre connaissance concernant le comportement inapproprié d'une éducatrice à l'endroit de deux enfants. Bien qu'il s'agisse de gestes isolés, ils sont néanmoins incompatibles avec nos pratiques, nos valeurs et nos plus hauts standards. Un seul cas sera toujours un cas de trop. Collectivement, on s'attend de nos services de garde qu'ils soient irréprochables.»

Cette suspension était nécessaire pour conserver la confiance des parents des autres enfants du CPE. Ceux-ci confient leurs jeunes enfants avec le sentiment qu'ils sont en sécurité. Or, ces événements pourraient briser ce lien de confiance.

«Chaque jour, des parents nous confient ce qu'ils ont de plus précieux: leurs enfants. C'est un privilège, une énorme responsabilité que nous assumons avec rigueur. Et comme service de garde, nous devons être à la hauteur de la confiance qu'ils portent en nous», ajoute Mme Goulet. 

«Au CPE La Clé des champs, jamais nous ne fermerons les yeux sur des gestes inappropriés. Nous continuerons d'appliquer le principe de tolérance zéro. Et si nous avons le moindre doute pour la sécurité des enfants, nous continuerons de poser les gestes qui s'imposent pour que les parents se sentent en confiance et aient l'esprit tranquille.»

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