Procès de Marc Isabelle pour agressions sexuelles: l'une des présumées victimes témoigne

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Marc Isabelle est accusé de crimes à caractère sexuel.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le procès de Marc Isabelle, un musicien et producteur de la région, a commencé lundi matin, au palais de justice de Shawinigan en lien avec des abus sexuels qui auraient été commis sur deux jeunes filles.

L'individu de 54 ans doit en effet répondre à 16 chefs d'accusations pour des agressions sexuelles, attouchements sexuels, incitations à des contacts sexuels et voies de fait.

Les gestes qui lui sont reprochés auraient été commis sur une période de 21 ans, soit entre septembre 1990 et janvier 2011. Il aurait fait deux victimes au cours de cette période.

L'une d'elles, âgée présentement d'une vingtaine d'années, a d'ailleurs été invitée à livrer sa version des faits devant le juge David Bouchard.

Elle soutient que les abus sexuels auraient commencé dès l'âge de trois ans et se seraient poursuivis pendant une vingtaine d'années, soit jusqu'au moment où elle a retrouvé la mémoire en 2011.

En effet, la particularité de cette affaire est que la jeune femme avait oublié les prétendus abus sexuels subis dans sa jeunesse. Elle a retrouvé la mémoire à la suite d'une chicane professionnelle avec le prévenu en janvier 2011 au cours de laquelle il aurait été particulièrement agressif et méchant.

Elle aurait alors commencé à voir dans sa tête des images de son pénis en érection. «Ces images, j'en ai à la tonne. Ça me hante, même encore aujourd'hui», a-t-elle ajouté.

Dès que Marc Isabelle avait l'occasion d'être en sa présence, il se serait livré à des gestes sexuels comme des cunnilingus, des masturbations et des fellations. Il aurait également eu des relations sexuelles complètes avec elle lorsque la jeune fille a eu 9-10 ans.

Elle a aussi décrit le musicien comme un homme violent, colérique, qui n'hésitait pas à la dénigrer. «Il me faisait sentir coupable, comme si c'était moi qui l'agressait», a-t-elle notamment précisé. Et pour s'assurer de son silence, il aurait menacé de faire du mal aux personnes qu'elle aimait.

Selon la plaignante, les abus étaient très fréquents. Par contre, ils ont diminué en intensité dès l'âge de 14 ans, se limitant davantage à des attouchements sur les seins.

Lorsqu'elle a retrouvé la mémoire, elle aurait alors commencé à en parler à des proches et même à fréquenter le CALACS pour obtenir le soutien nécessaire.

Elle a aussi rencontré l'autre présumée victime dans cette affaire pour essayer de parler des abus mais sans grand succès au début. Il aura fallu un différend les opposant pour qu'elle lui avoue avoir été carrément violée par Marc Isabelle. C'est à ce moment que l'autre plaignante a répondu avoir elle aussi été agressée, proposant même de porter une plainte.

Lors de l'enquête préliminaire, on avait pu apprendre que cette autre plaignante aurait elle aussi oublié les crimes sexuels. C'est à l'époque de sa grossesse que les souvenirs auraient refait surface.

C'est finalement en novembre 2011 que les deux femmes ont décidé de porter plainte. On sait que dans cette cause, l'avocat de la défense, Me Yvan Braun, tente de faire ressortir la thèse d'un complot ourdi par les deux plaignantes contre Marc Isabelle.

Dans le cadre du contre-interrogatoire, il a d'ailleurs tenté de miner la crédibilité de la jeune femme en relavant certaines contradictions et ambiguïtés.

Il l'a notamment interrogée sur les raisons qui l'avaient poussée en février 2011, (une fois les souvenirs retrouvés) à demander à ses amis ce qu'était précisément un pénis en érection. Elle a répondu qu'elle voulait être certaine afin de pouvoir se déculpabiliser.

Elle a aussi avoué avoir reçu de Marc Isabelle plusieurs poupées Barbies en cadeau après les agressions sans pour autant être capable de les chiffrer.

Le procès devrait se poursuivre toute la semaine. La Couronne, représentée par Me Annie Vanasse et Me Catherine Vincent, a cinq témoins à faire entendre dont l'autre présumée victime.

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