Yves Brousseau coupable d'agressions sexuelles sur deux patientes

Yves Brousseau... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Yves Brousseau

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Shawinigan) Un ex-préposé aux bénéficiaires du CSSS de l'Énergie, Yves Brousseau, a été déclaré coupable d'avoir agressé sexuellement deux patientes dans l'exercice de ses fonctions en 2008 et 2009.

Au terme d'un procès qui avait duré 15 jours, le juge Jacques Trudel a en effet condamné l'individu sur les trois chefs d'agressions sexuelles portés contre lui.

Les faits reprochés à Yves Brousseau seraient survenus en février et octobre 2008 dans le cas d'une première patiente et en septembre 2009 pour la seconde. Les deux femmes étaient hospitalisées dans le service de psychiatrie de l'hôpital pour des problèmes de dépression majeure accompagnés d'idées suicidaires, d'épuisement et même de polytoxicomanie pour l'une d'elles.

L'une des présumées victimes avait soutenu dans le cadre du procès que le prévenu se serait livré à des attouchements sexuels sur elle à quelques reprises en 2009 alors qu'elle était hospitalisée. Il lui aurait fait des massages pour la relaxer et lui aurait caressé les épaules, le cou, le galbe des seins et les cuisses sans toutefois aller plus loin. Elle lui avait demandé de cesser son petit manège après avoir réalisé qu'il n'était pas infirmier et que ses gestes ne faisaient pas partie de ses tâches.

L'autre victime est pour sa part décédée juste avant la tenue du procès. Toutefois, dans les déclarations antérieures qu'elle avait faites, elle soutenait avoir été victime attouchements sexuels de la part d'Yves Brousseau à quelques reprises. Il l'avait notamment forcée à faire une fellation alors qu'elle était sous l'effet de médicaments. Il lui avait également touché les parties génitales. Il l'avait même appelée d'une cabine téléphonique à plusieurs reprises pour tenter de la revoir après qu'elle ait obtenu son congé de l'hôpital.

Yves Brousseau, un homme marié qui comptait une trentaine d'années d'expérience comme préposé, avait pour sa part nié catégoriquement tout contact physique à l'endroit des plaignantes. La théorie de la défense, assurée par Me Simon Ricard, avait entre autres reposé sur l'argument de l'impossibilité d'avoir l'occasion de poser de tels gestes compte tenu de la charge de travail mais celle-ci a été réfutée par le tribunal.

En fait, le juge Jacques Trudel n'a pas cru Yves Brousseau. En plusieurs points, il a conclu que son témoignage était confus, contradictoire, voire invraisemblable surtout lorsqu'il a affirmé ne pas avoir de contact avec les patients.

Par contre, les témoignages des deux plaignantes ne comptaient pas selon lui de telles invraisemblances. Ils ont plutôt été confirmés par les éléments de preuve de la poursuite. «Parce que les victimes souffraient de dépression sévère nécessitant des soins en psychiatrie et, dans le cas de l'une d'elles, de toxicomanie sévère, il faudrait conclure qu'elles sont moins crédibles, moins fiables, qu'à tout le moins, il y a un doute raisonnable à cet effet? Une telle conclusion serait contraire à la preuve déjà résumée», a-t-il écrit.

D'autre part, la procureure de la Couronne Me Vicky Belleville avait réussi à faire admettre une preuve de faits similaires concernant des attouchements sexuels commis par Brousseau sur une infirmière stagiaire de l'hôpital. Même si aucune plainte n'a été portée, les gestes rapportés par cette femme ont des similitudes importantes et ne constituent pas une coïncidence, selon le juge Trudel. «Les faits sont similaires et portent presque une signature même si sur la crédibilité, un tel degré de similitudes n'est pas requis», a ajouté le juge.

Parmi les similitudes en question, on relève la nature des gestes, l'heure, l'endroit, l'attitude de l'accusé, la vulnérabilité des victimes, la demande de garder le silence et la contemporanéité des événements.

Qui plus est, le juge conclut que les trois femmes étaient inconnues l'une de l'autre. Rien ne permet de soupçonner une quelconque collusion entre elles, la fabulation ou la vengeance. Les victimes n'avaient aucune raison de l'accuser faussement.

Il a donc déclaré Yves Brousseau coupable. Son avocat, Me Ricard, a indiqué qu'il allait désormais étudier ce jugement pour évaluer les possibilités de le porter en appel.

Les plaidoiries sur sentence ont été fixées au 10 juin.

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