Pornographie juvénile: 30 mois de prison pour Jacques Plamondon

Jacques Plamondon... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Jacques Plamondon

François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jacques Plamondon, cet enseignant à la retraite, devra purger une peine de 30 mois de prison pour avoir eu en sa possession pas moins de 300 000 fichiers de pornographie juvénile.

La quantité de fichiers retrouvés dans ses ordinateurs et supports numériques constitue d'ailleurs un record. Outre les 300 000 photos, il avait également 19 930 vidéos contenant de la pornographie juvénile. Le matériel mettait en scène des enfants âgés entre 3 et 16 ans en train d'exhiber leurs parties génitales ou d'avoir des relations sexuelles.

Comme l'a précisé le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, le contenu était particulièrement choquant, même pour les policiers habitués à travailler sur ce genre de dossiers. Certains fichiers de pornographie juvénile contenaient en effet de la bestialité et du bondage.

À cela, il faut ajouter 400 photographies de voyeurisme qu'il a prises lui-même à partir de sa résidence située sur Place du Havre à Trois-Rivières. Jacques Plamondon a effet photographié à leur insu les enfants de ses voisins pendant qu'ils jouaient à l'extérieur ou qu'ils se baignaient. Selon Me Poirier, Plamondon aurait utilisé le zoom de son appareil-photo au maximum pour focuser sur les parties génitales des enfants, bien que ceux-ci étaient habillés. Sur ce point par contre, l'avocat de la défense, Me Simon Ricard, a précisé que le zoom n'était pas si accentué puisqu'on voyait la piscine.

Rappelons que Jacques Plamondon avait été arrêté le 1er décembre dernier après une enquête menée par la SQ. Il avait été repéré sur le Web pour avoir mis en ligne un fichier de pornographie juvénile.

La perquisition avait ensuite permis de découvrir la quantité astronomique de fichiers que l'enseignant à la retraite avait en sa possession et les actes de voyeurisme. Ceux-ci ont d'ailleurs entraîné une ordonnance de blocage sur sa maison (une première au Québec) qui est toujours en vigueur.

Depuis, Jacques Plamondon est incarcéré. Lors de son retour devant le tribunal vendredi, il a décidé de disposer de ses dossiers. Il a ainsi plaidé coupable à des chefs de possession, production et accession à de la pornographie juvénile entre janvier 2006 et décembre 2015. Il a aussi admis avoir distribué ce matériel illicite le 28 mai 2015, c'est-à-dire le jour où il avait été repéré sur le net. Enfin, il a avoué avoir commis du voyeurisme.

Les discussions entre les avocats ont donné lieu à une suggestion commune de sentence qui a été soumise à la juge Guylaine Tremblay. Celle-ci tenait compte de plusieurs facteurs et tout particulièrement des problématiques personnelles de Jacques Plamondon.

Au début des années 90, il a notamment été déclaré invalide au travail. On sait qu'il a oeuvré dans le domaine de l'enseignement à La Tuque pendant plusieurs années et qu'il s'est impliqué bénévolement auprès des enfants et des scouts. Plamondon souffre en effet de bipolarité et de syllogomanie qui consiste à accumuler des objets de façon excessive. Outre le matériel de pornographie juvénile, les policiers ont retrouvé chez lui des photographies de famille, des documents historiques et des livres en quantité industrielle au point qu'il était quasi impossible de circuler dans la maison.

Par contre, au terme d'une évaluation psychiatrique, l'individu avait été déclaré criminellement responsable de ses actes, de sorte qu'il ne pouvait invoquer une défense de non-responsabilité pour cause de troubles mentaux

Qui plus est, son avocat a rappelé que Jacques Plamondon est âgé de 69 ans, qu'il n'a pas d'antécédents judiciaires et qu'il n'a commis aucun abus sexuel ni leurre envers des enfants. Conscient de ses problèmes, son client désire maintenant suivre une thérapie en lien avec sa délinquance sexuelle à la Maison Radisson.

Après avoir pris la cause en délibéré, la juge Tremblay a conclu que la suggestion de sentence était raisonnable dans les circonstances. Elle a indiqué que le grand nombre de fichiers s'inscrivait dans la personnalité de l'individu: un accumulateur chronique.

Elle l'a donc condamné à 30 mois de prison. En tenant compte de la détention préventive, il lui reste donc 22 mois et 15 jours de prison à purger. Il devra ensuite se soumettre à une probation pendant trois ans, dont deux ans avec suivi. Il devra également entreprendre et compléter une thérapie concernant sa déviance sexuelle, et ce, le plus rapidement possible.

Pendant dix ans, il lui sera interdit de se trouver en présence de jeunes de moins de 16 ans (sauf exceptions), d'occuper un emploi qui le placerait en leur présence ou de se rendre dans des lieux publics susceptibles de regrouper des jeunes de moins de 16 ans. Il ne pourra pas non plus utiliser Internet.

Enfin, il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.

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