Feux d'herbes: le vent, le pire ennemi

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Cette propriété de Sainte-Cécile-de-Lévrard a été détruite par le feu, mardi.

Marie Noël, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Sainte-Cécile-de-Lévrard) «Peu de gens sont au courant de l'indice d'incendie avec la SOPFEU. Le monsieur s'est fait surprendre par le vent. Il n'a plus de demeure.»

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Robert Bernier est le directeur du service de sécurité incendie régional de la MRC de Bécancour. 

Marie Noël, Le Nouvelliste

Le directeur du service de sécurité incendie régional de la MRC de Bécancour, Robert Bernier, résume en peu de mots le drame survenu mardi à Sainte-Cécile-de-Lévrard. Une résidence, un garage et une grange ont été détruits par un incendie. Un feu avait été allumé par le propriétaire des lieux dans un foyer extérieur. Des étincelles se sont échappées, mettant le feu aux herbes très sèches. Le feu s'est propagé aux bâtiments. L'homme a tout perdu, ses biens n'étant pas assurés.

Pas plus tard qu'il y a une semaine, la Société de protection des forêts contre le feu avait avisé la population de faire preuve de prudence avec l'utilisation du feu, le brûlage de rebuts étant la principale cause des incendies de forêt.

«À ce temps-ci de l'année, l'herbe est sec. Ça prend tellement vite en feu que juste avec le vent, le feu se déplace à la même vitesse que le vent. C'est excessivement dangereux. Les gens sont imprudents. Ils se disent qu'ils vont surveiller le feu. C'est souvent ces gens-là qui nous appellent. Le feu prend de l'ampleur, ils essaient de l'éteindre, car ils sont gênés de nous appeler et ne réussissent pas à prendre le contrôle. Là, ils nous appellent», ajoute M. Bernier.

«Un petit brûlage peut causer des dommages importants. C'est le coup classique: on décide de faire du brûlage et il y a une perte de contrôle. Le feu est trop gros pour nos capacités d'intervention. Avec le vent, on perd le contrôle en un rien de temps», déclare Josée Poitras, agente d'information de la SOPFEU, bien au courant de l'incendie survenu mardi.

Étant donné que le feu a été allumé dans un poêle extérieur, le citoyen n'avait pas besoin de demander un permis. Dans plusieurs municipalités, il faut obtenir un permis pour faire un feu à ciel ouvert, si les conditions le permettent.

«J'émets des permis dans des moments propices: une pluie récente, pas de vent et il faut que les bâtiments soient éloignés. Sinon, il faut faire un feu dans un foyer conforme», explique Raymond Beaudoin, chef des pompiers de Saint-Alexis-des-Monts.

L'existence de ce règlement a ralenti les ardeurs des citoyens habitués de mettre le feu à tout amas de feuilles, de branches et d'herbes sèches, raconte M. Beaudoin.

«Il y a encore des gens qui pensent que des feux de broussaille, c'est bon pour le gazon. Mais ce n'est pas vrai! On répond à deux ou trois feux de branches par année. C'est beaucoup moins qu'avant.»

L'an dernier, le chef des pompiers a remis deux constats d'infraction pour des feux à ciel ouvert sans permis. L'amende est plutôt salée: 500 $ plus les frais.

«Ça se jase!, lance Raymond Beaudoin. Le bouche à oreille fait le travail. Cette année, je n'ai donné aucune contravention.»

Une portion de la réserve faunique Mastigouche fait partie du territoire couvert par les pompiers de Saint-Alexis-des-Monts. Aucun incendie de forêt n'est survenu jusqu'à maintenant: il y a encore de la neige à certains endroits dans la réserve et les activités récréatives ne sont pas encore commencées.

Risque toujours élevé

Le risque d'incendie de forêt est toujours considéré comme étant élevé par la Sopfeu. Le niveau d'ensoleillement observé depuis quelques jours est à l'origine de cet avertissement en vigueur jusqu'à vendredi.

«La verdure n'est pas au rendez-vous. Le combustible léger, les herbes sèches, fait que le risque est élevé. Le pire ennemi est le vent», constate Josée Poitras.

Cette dernière recommande aux gens de consulter les prévisions météo avant de brûler des rebuts. La SOPFEU invite toutefois les gens à disposer de leurs rebuts dans les écocentres ou à s'en servir pour faire du compostage afin d'éviter que le feu cause des dégâts matériels et se propage à des forêts.

Le début du printemps de 2016 ressemble quelque peu à la situation vécue depuis 10 ans. Ce printemps, 45 incendies ont eu lieu, détruisant 10,2 hectares de forêt. Au cours des 10 dernières années, 47 incendies ont été répertoriés durant la période printanière allant jusqu'à la fin du mois d'avril, causant la perte de 38 hectares de forêt.

Tous ces feux ont été causés par des personnes. La principale source d'incendie est le brûlage de rebuts printaniers et des feux d'herbes.

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