Une histoire d'amour... à sens unique

Au terme d'un procès, Nizar Ghalmi, un individu d'origine Marocaine domicilié à... (Archives Le Nouvelliste)

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au terme d'un procès, Nizar Ghalmi, un individu d'origine Marocaine domicilié à Montréal, a été déclaré coupable de harcèlement criminel à l'encontre d'une ancienne collègue de travail.

Même s'il ne connaissait pas du tout cette femme, il est tombé en amour avec elle au point de développer une obsession pour le moins inquiétante. Il l'a notamment pourchassée en voiture sur une distance de 100 kilomètres pour lui offrir des fleurs.

Cette affaire a débuté en juillet 2014. La plaignante travaille comme directrice dans une usine de Boisbriand. Elle a un conjoint et est enceinte. Ghalmi, qui travaille lui aussi dans cette usine, est par contre remercié de ses services. La dame est alors chargée de récupérer sa carte d'accès à la cafétéria de l'usine. C'est la première fois qu'elle le voit et leur rencontre est brève.

Deux semaines plus tard, alors qu'elle vient juste de quitter l'usine et se retrouve coincée dans le trafic, Ghalmi se gare à côté d'elle, baisse sa vitre et dit vouloir lui parler. À ce moment, elle ne le reconnaît même pas. Ghalmi insiste mais elle refuse catégoriquement de lui parler.

Une semaine plus tard, c'est le même manège. À la sortie de l'usine, il tente de lui bloquer la route avec sa BMW. La plaignante réussit à le contourner et poursuit sa route.

Or, c'est le 17 septembre que la situation a véritablement dégénéré. Cette fois-ci, il l'a de nouveau suivie en faisant plusieurs manoeuvres dangereuses pour qu'elle s'immobilise. La victime a paniqué. Enceinte et sans cellulaire, sachant que son conjoint était absent de la demeure familiale, elle a décidé de ne pas retourner chez elle immédiatement et d'emprunter l'autoroute 40 pour tenter de le semer, mais en vain. Il l'a dépassée par la gauche, par la droite et a tenté de la ralentir en se plaçant devant elle sur la route et en abaissant sa vitesse à 70 km/h.

Elle a bien cru perdre sa trace à un moment donné mais sans succès. La BMW du suspect finissait toujours par réapparaître. Après une heure de route, elle a finalement emprunté une bretelle d'accès à la hauteur de Maskinongé pour se rendre dans un café et appeler des secours.

À ce moment, il lui a dit qu'il voulait juste lui parler, qu'il s'excusait et qu'il voulait lui donner des fleurs. Il a d'ailleurs déposé le bouquet sur sa voiture. Elle l'a de son côté traité de malade.

Dans le cadre du procès, Ghalmi a clamé qu'il aimait cette femme, qu'il n'avait eu aucune intention criminelle et qu'il ne l'avait jamais harcelée puisqu'il avait des fleurs pour elle. Il a même prétendu qu'elle était réceptive à ses avances.

Selon lui, il n'y aurait jamais eu de plainte contre lui si les policiers n'étaient pas intervenus et n'avaient pas retrouvé une carte avec des mots d'amour et une bouteille remplie d'urine dans sa voiture. En fait, il s'est dit victime d'une injustice et a jeté le blâme sur les autres.

Encore ce vendredi, Ghalmi, a continué de nier les faits et de parler de malentendu. Au palais de justice, il a tenté d'approcher la plaignante même s'il lui est interdit d'entrer en contact avec elle. Notons qu'il a d'ailleurs été expulsé par les constables spéciaux en fin de journée.

Pour sa part, la victime a raconté au juge à quel point elle vivait dans la peur depuis cet événement car elle craint toujours de le voir réapparaître.

La procureure de la Couronne Me Marie-Ève Paquet, qui s'est dite très inquiète par le comportement irrationnel de Ghalmi, a annoncé qu'elle entendait demander une peine de prison. L'avocate de la défense, Me Karine Bussière, voudrait plutôt privilégier l'absolution conditionnelle bien que la partie ne sera pas facile.

En effet, en dépit des conseils de celle-ci et même du juge, Ghalmi refuse de se soumettre à une évaluation psychiatrique visant à évaluer sa dangerosité. Interrogé à ce sujet, il a plutôt tenu des propos décousus et obsessionnels.

La cause a été reportée au 5 mai.

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