Incendies criminels: sept ans de prison pour Jean Sigman

Jean Sigman a été condamné à une peine de sept ans de pénitencier pour une... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Gervais, Le Nouvelliste

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jean Sigman a été condamné à une peine de sept ans de pénitencier pour une série de crimes commis entre 2003 et 2012, tout particulièrement quatre incendies criminels, des fraudes, des voies de fait, du harcèlement et des complots.

La sentence a été rendue mardi matin au palais de justice de Trois-Rivières. Le juge Jacques Lacoursière a en effet conclu que Sigman doit prendre conscience de ses responsabilités et reconnaître les torts causés aux victimes et à la collectivité, d'où une peine de 84 mois.

Toutefois, en tenant compte de sa détention préventive depuis son arrestation en 2012, l'ex-lieutenant du caïd de la drogue Raymond Desfossés devra purger dans les faits 25 mois et 15 jours de prison.

Au terme d'un procès qui avait nécessité 14 jours d'audiences, Sigman avait été déclaré coupable en janvier dernier d'avoir fait incendier quatre résidences en 2003, 2011 et 2012 à Entre-Lacs, Trois-Rivières et Saint-Jean-des-Piles et ce, afin d'en récolter l'argent des assurances. Son objectif ultime était d'investir cet argent dans une compagnie de fruits et légumes et d'utiliser celle-ci pour importer de la cocaïne.

Il avait donc mis le feu à deux maisons lui appartenant. Il avait également comploté avec des individus pour incendier deux autres maisons toujours dans l'optique de pouvoir investir l'argent des assurances dans une compagnie de fruits et légumes qu'il voulait acheter.

Un produit susceptible de s'enflammer par lui-même comme de l'huile de lin était alors utilisé pour faire croire à un accident.

Sigman a également utilisé frauduleusement la carte de crédit d'un homme dont la santé était précaire. Il en a profité pour abuser de sa confiance et retirer des sommes d'argent importantes de son compte bancaire.

Et lorsque ce dernier s'est dit excédé de le voir accumuler des dettes à son nom, Sigman a saisi cet homme à la gorge, l'a poussé et a brandi le poing en sa direction.

Il a aussi malmené et harcelé un autre homme. Celui-ci avait embarqué dans le projet d'acquisition du commerce de fruits et légumes, croyant qu'il était réalisable jusqu'au moment où il a été gagné par la peur devant l'attitude de Jean Sigman.

En informant deux investisseurs que les sommes engagées par ces derniers avaient plutôt servi à éponger les dettes de l'accusé plutôt que l'acquisition du commerce, il lui a donné un coup de poing et l'a giflé.

Le procureur de la Couronne, Me Benoît Larouche, réclamait une peine de dix ans de pénitencier alors que l'avocat de la défense, Me Patrice Gagnon, suggérait une peine de quatre ans.

Dans son analyse, le juge Lacoursière a notamment tenu compte des facteurs aggravants. D'une part, Sigman est le principal instigateur de ces incendies. Il les a planifiés et prémédités. La valeur des immeubles et les indemnités versées par les assureurs sont considérables puisqu'elles atteignent 800 000 $.

L'accusé n'a pas hésité non plus à utiliser la violence et à profiter de la vulnérabilité des gens. À cela, il faut ajouter des antécédents judiciaires.

En 2005, il avait écopé d'une peine frôlant les dix ans de prison pour complot et trafic de stupéfiants au profit d'une organisation criminelle. Qui plus est, lors de la commission des infractions en 2011 et 2012, il était en libération conditionnelle.

Quant aux facteurs atténuants, le juge estime qu'ils sont pratiquement inexistants.

Par ailleurs, en ce qui concerne la suggestion de dix ans de prison de la poursuite, le tribunal a précisé que celle-ci reposait en grande partie sur le fait que Sigman envisageait de se livrer au trafic de stupéfiants.

Sur ce point, il estime que rien dans la preuve ne permet de conclure qu'il y avait eu une importation de stupéfiants ou même une tentative de complot en vue de commettre une telle infraction. L'accusé aurait émis cette idée dans l'éventualité lointaine où il deviendrait propriétaire du commerce en question.

C'est pourquoi en bout de ligne, il l'a condamné à sept ans de prison moins la détention préventive. Sigman ne pourra pas avoir d'armes en sa possession pendant dix ans.

Notons en terminant que Sigman a par ailleurs déjà porté en appel le verdict de culpabilité rendu à son endroit.

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